Portrait

Tokyo 2020: Larbie Bouriah, ambassadeur de la petite balle blanche pour l'Algérie

Larbi Bouriah sera le seul représentant de l'Algérie pour le tennis de table aux Jeux de Tokyo.
Larbi Bouriah sera le seul représentant de l'Algérie pour le tennis de table aux Jeux de Tokyo. © Larbi Bouriah

Larbi Bouriah sera le seul représentant du tennis de table algérien aux Jeux olympiques à Tokyo l’été prochain. Le pongiste a validé son billet lors du tournoi qualificatif à Radès en Tunisie il y a maintenant une année. Portrait.

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Durant son enfance à Créteil dans la banlieue parisienne, Larbie Bouriah n’a pas tergiversé pour choisir entre le football et le tennis de table. « En foot, j’ai gagné un tournoi, la coupe est restée au club, ça m’a déçu. En ping-pong, mon premier trophée, je l’ai ramené à la maison, il était pour moi. J’ai découvert que je préférais les sports individuels », se remémore-t-il avec un brin de malice. Désormais, la petite balle blanche sera plus importante que le ballon rond.

Neuvième Algérien à vivre les Jeux olympiques en tennis de table

Larbie Bouriah est le neuvième Algérien à vivre les Jeux olympiques en tennis de table. Il a obtenu son billet au tournoi de qualification olympique de Radès en Tunisie en 2020. La dernière apparition d’un Algérien petite raquette à la main aux Jeux olympiques d'été remonte à l'édition de Pékin en 2008, avec la participation d'Idir Khourta.

Ågé de 37 ans, Larbie Bouriah, qui a participé à quatre championnats du monde et deux Jeux africains, n’imaginait pas une seconde participer au rendez-vous planétaire du sport. Même pas en rêve. « C’est la cerise sur le gâteau de ma carrière. C’était inespéré car je partais de loin et il n’y avait que quatre places à prendre. J’ai tenté ma chance et c’est passé », raconte celui qui est en équipe d’Algérie depuis 2007.

Sa première sortie avec les Fennecs date de 2008 lors des Championnats arabes au Maroc. Larbie Bouriah rentre à la maison le cœur léger avec une médaille d’argent par équipe autour du cou. Pourtant, lors des premières discussions avec l’équipe nationale d’Algérie, il n’était question que de sparring-partner pour le Franco-Algérien. « C'était une chance à saisir, jamais je n'aurais eu l'occasion d'intégrer l'équipe de France », dit-il avec réalisme.

Tout ceci fait aujourd’hui sa fierté et celle de sa famille. Enfant, Larbie Bouriah a passé tous ses étés en Kabylie. Un jour, avec naïveté, il a suggéré à ses parents un voyage aux États-Unis. La réponse du père ne s’est pas fait attendre : « Qu’est-ce que tu veux que l’on aille faire à Las Vegas ? » Larbie Bouriah, assis jambes tendues dans le petit bureau de la salle de sport, en rigole encore. Désormais, il rend visite à sa famille dans les montagnes de Kabylie trois à quatre fois par an avec « plaisir » pour se « ressourcer » .

« Je voulais faire comme les autres, voyager et représenter cette équipe. J’ai travaillé comme un fou pour vivre ces expériences avec l’Algérie. Les JO, c’est une surprise. Je pensais avoir laissé passer ma chance pour Londres 2012 et Rio 2016. J’étais plus jeune, j’avais un meilleur niveau », dit le seul garçon de la famille, devenu éducateur sportif.

Des heures à taper dans la balle

Malgré le poids des années, la passion est toujours débordante. Il s’entraîne chaque jour dans une salle située sous la piscine de Boulogne-Billancourt en banlieue parisienne et enchaîne les stages avec la sélection algérienne en vue des JO. Dehors, le soleil d’hiver est radieux. Lui répète les gestes jusqu’à en être saoul, sous les néons.

Le « ping », pour le bruit du choc de la balle contre la raquette, et le « pong » pour le bruit du rebond sur la table, est devenu sport olympique en 1988 à Séoul, en Corée du Sud. Un continent qui excelle dans l’exercice. Ce sport représente pour chaque athlète des heures d’entraînement. Impossible de ne pas être stakhanoviste pour réussir. « J’ai eu une forme de lassitude entre 18 et 20 ans, et c’est finalement revenu », avoue-t-il tout de même.

Larbie Bouriah (297e mondial au dernier classement ITTF) cherche avant tout de la « stabilité » et du « plaisir » dans son sport. Il évoque son admiration pour le duel, pour le rapport de force face à un adversaire proche, qui peut tout lire dans les yeux. « C’est comme un combat de boxe ! On cherche des appuis légers et rapides et de la vitesse dans les coups. La dimension physique à pris de l’importance », ose-t-il en parallèle.

Passionné, Larbie Bouriah évoque les détails : le placement et l’action des doigts sur la raquette, le placement du corps face à la table. « Tout se joue sur des petits détails, on est toujours à la recherche de la perfection », avance-t-il avec lyrisme sans oublier le côté psychologique. « Il faut toujours être maître de ses nerfs. Après une compétition, tu es plus épuisé dans ta tête que dans ton corps », lâche-t-il.

La pause de midi est déjà terminée. À peine un café avalé, le voilà reparti pour trois heures de travail acharné avec Tokyo 2020 toujours en ligne de mire.

 

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