Football: Keylor Navas, l'ange-gardien du PSG

Keylor Navas, le gardien costaricien du PSG, le 4 novembre 2020.
Keylor Navas, le gardien costaricien du PSG, le 4 novembre 2020. AP - Michael Sohn

Magistral pendant 90 minutes mercredi au Parc des Princes, Keylor Navas a été l'un des grands artisans de la qualification du PSG face au FC Barcelone en Ligue des champions. Après des années d'errements, le club de la capitale semble avoir trouvé le gardien de but de haut niveau après lequel il courait tellement.

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À chacun son match de folie. Lors du huitième de finale aller, au Camp Nou le 16 février, Kylian Mbappé avait coulé le Barça en signant un triplé pour une victoire sans appel du PSG (4-1). Mercredi 10 mars, pour la manche retour, le costume de héros a été revêtu par Keylor Navas. Au lendemain du match nul (1-1) synonyme de qualification des Parisiens pour les quarts de finale, les avis sont unanimes à propos du gardien de but.

Il a écoeuré le Barça et mis en échec Messi

Dans une équipe parisienne déboussolée, très loin de celle qui avait brillé en Catalogne mi-février, Keylor Navas a été impeccable. Certes, il n'est pas resté complétement hermétique. En même temps, il n'y avait sans doute pas grand chose à faire face à l'énorme frappe en pleine lucarne décochée par Lionel Messi. Mais ce but encaissé mis à part, le portier du PSG a été éblouissant.

Il y a déjà ce chiffre : 9. C'est le nombre de parades de Navas face aux Blaugrana. Surtout en première période, les visiteurs ont pilonné la cage des Rouge et Bleu. Et seul l'exploit de Messi a réussi à fendre la muraille dressée. Ousmane Dembélé, lui, n'a fait que buter sur le n°1 du PSG, quand il ne ratait pas la cible. Sergino Dest ? Sa lourde frappe a été déviée sur la barre transversale. Sergio Busquets ? Sa tête a terminé droit dans les mains du gardien.

Et puis, il y a eu surtout ce moment crucial, dans le temps additionnel du premier acte, quand Leo Messi a eu la balle du 2-1 au bout du pied sur penalty. Du temps où il jouait en Espagne (Albacete, Levante, Real Madrid), jamais Keylor Navas n'avait remporté un tel duel avec l'Argentin. Mercredi, le sextuple Ballon d'Or a échoué : le gardien a repoussé du genou son tir et maintenu les siens à flot. Dans le jeu comme dans l'aspect psychologique du match, cet arrêt a été déterminant.

« Un top gardien mondial », rappelle Pochettino

Le Barça a eu les opportunités pour faire trembler le PSG. Mais Keylor Navas les a toutes annihilées. En toute logique, le Costaricien a été désigné homme du match et obtenu les meilleures notes dans les médias sportifs (9 pour L'Équipe et Le Parisien). « Il a fait un match énorme. Il a démontré toutes ses qualités et rappelé qu'il était un top gardien mondial », a simplement résumé Mauricio Pochettino, l'entraîneur parisien, à RMC Sport.

L'intéressé, lui, s'est dit « très content, merci à Dieu », et a rappelé qu'il était « toujours difficile » de sortir un penalty, « surtout face à Messi ». Ce dernier n'avait plus échoué dans cet exercice en Ligue des champions depuis 2015. En coéquipier modèle, Keylor Navas a tenu à dédier son exploit à Sergio Rico, le gardien n°2 du club, qui a récemment perdu son père.

Bernard Lama, ancien gardien emblématique du PSG, n'a pas tari d'éloges dans les colonnes de L'Équipe. Pour lui, il s'agit d'un « vrai match référence » pour Keylor Navas, qui a montré qu'il pouvait « tenir la baraque dans un moment capital ». C'est d'ailleurs pour ça que Paris l'a attiré durant l'été 2019.

Les Parisiens Keylor Navas et Neymar, le 31 juillet 2020 au Stade de France.
Les Parisiens Keylor Navas et Neymar, le 31 juillet 2020 au Stade de France. AP - Francois Mori

Sirigu, Trapp, Areola, Buffon... Aucun n'avait donné satisfaction

Le poste de gardien a longtemps été un casse-tête depuis 2011 et le rachat du club par Qatar Sports Investments. D'abord, Paris a misé sur Salvatore Sirigu. L'Italien a été plutôt performant, mais après les échecs en Ligue des champions en quarts de finale contre Chelsea (2014) et Barcelone (2015), la direction a voulu du neuf.

Ainsi, Kevin Trapp est arrivé durant l'été 2015, pour un résultat très mitigé. L'Allemand a réalisé de bonnes performances, mais a aussi commis plusieurs erreurs grossières. Et surtout, il y a eu le naufrage du 8 mars 2017 : alors que Paris avait gagné 4-0 en huitième de finale aller de la C1, le FC Barcelone réalise ce soir-là une remontada historique (6-1) dans laquelle Trapp n'est pas innocent, avec une sortie complètement ratée dès la 3e minute face à Luis Suarez.

En 2017-2018, Alphonse Areola, formé au club et récent champion du monde en tant que n°3 avec l'équipe de France en Russie, est confirmé en tant que titulaire à Paris, après une saison 2016-2017 à alterner avec Kevin Trapp. Là encore, les résultats européens ne sont pas au rendez-vous (élimination face au Real Madrid en huitièmes de finale), et Areola ne fait pas l'unanimité.

Durant l'été 2018, le PSG expérimente encore autre chose avec Gianluigi Buffon. L'Italien, 40 ans, dont 17 à la Juventus, doit aider le club à franchir ce cap en Europe. L'idée se transforme en fiasco : le club de la capitale, pourtant vainqueur de Manchester United en huitième de finale aller à Old Trafford (2-0), s'effondre à nouveau au retour au Parc des Princes (3-1), avec une erreur fatale de Buffon au passage.

Navas est-il la meilleure recrue du PSG ?

En juin 2019, lorsque Leonardo est de retour au poste de directeur sportif du PSG, l'une de ses missions principales est de trouver enfin un gardien sur lequel Paris pourra compter. Il y parvient en septembre, dans les dernières heures du mercato. L'élu, c'est Keylor Navas, l'homme qui avait succédé à Iker Casillas au Real Madrid.

Le Costaricien se trouve alors dans une situation compliquée depuis un an. Certes, il a participé à la conquête de trois Ligues des champions d'affilée (2016, 2017, 2018). Mais durant l'été 2018, l'entraîneur Zinedine Zidane, qui lui faisait confiance, s'en va. Et le Real recrute le Belge Thibaut Courtois, qui doit prendre la place de titulaire. Keylor Navas, malgré ses états de service et des performances pas irréprochables de Courtois, voit son temps de jeu fondre.

Alors, en septembre 2019, quand le Real Madrid obtient le prêt du Parisien Alphonse Areola, un boulevard s'ouvre pour un chassé-croisé et pour offrir à Keylor Navas le poste de n°1 à Paris. C'est chose faite pour 15 millions d'euros. Depuis un an et demi, le gardien de 34 ans est performant, indiscutable et se voit même qualifier de possible meilleure recrue de l'ère QSI. Son match face au Barça vient donner un peu plus de crédit encore à ce titre officieux.

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