Tour d’Italie: Egan Bernal, encore cinq jours pour vaincre

Egan Bernal celebra su triunfo en la etapa 16 del Giro de Italia, el 24 de mayo de 2021 en la meta de Cortina d'Ampezzo, al norte del país
Egan Bernal celebra su triunfo en la etapa 16 del Giro de Italia, el 24 de mayo de 2021 en la meta de Cortina d'Ampezzo, al norte del país Luca Bettini AFP

Lors de la 16e étape le 24 mai, Egan Bernal a conforté sa tunique de leader en s’imposant dans les Dolomites à Cortina d'Ampezzo. Il lui reste désormais cinq journées pour devenir le deuxième Colombien, après Nairo Quintana en 2014, à s’offrir un Giro. Mais les pièges sont encore nombreux d’ici Milan.

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Lundi, à Cortina d'Ampezzo, juste avant la ligne d’arrivée, le jeune grimpeur a pris le temps de retirer son imperméable noir, pour mettre en valeur sa tunique rose de leader sous un ciel gris noir, sur un sol mouillé et dans le froid.

Le Colombien qui s'est imposé en solitaire dans la station-hôte des JO d'hiver 2026, une trentaine de secondes avant Romain Bardet et l'Italien Damiano Caruso, s'est félicité en évoquant « une grande victoire » et un « retour » au plus haut niveau après avoir escaladé sous des conditions extrêmes le seul col des Dolomites emprunté ce jour-là. Le Giro avait fait l'impasse sur les deux précédents, la Fedaia et le Pordoi, à cause des conditions météo (froid, pluie, neige fondue) susceptibles de rendre les descentes très dangereuses. « C'est quelque chose de spécial de gagner sur un grand tour avec le maillot de leader  », a expliqué Egan Bernal, en rose depuis huit jours après son succès à Campo Felice.

Fini les douleurs atroces au dos 

Alors que ce mardi 25 mai le peloton est au repos, Egan Bernal, toujours très à l'aise en haute altitude, aborde ainsi en situation de force les cinq dernières étapes qui l’emmèneront vers un premier sacre en Italie et un deuxième grand tour à son palmarès après la France en 2019.

En 2020, Egan Bernal avait traîné sa peine et finalement abandonné avant l’arrivée à Paris se plaignant de douleurs dorsales insupportables. Aujourd’hui, le Colombien a retrouvé son panache. « Je voulais faire quelque chose de spécial, montrer que je suis de retour et l'équipe aussi (Ineos Grenadiers), souligne Bernal, visiblement heureux. Elle croit en moi et j'ai prouvé qu'elle pouvait compter sur moi. » Et son dos ? « À certains moments de l'étape, j'ai mal. En dehors des soins quotidiens de physiothérapie, je ne peux pas y faire grand-chose. Je ne pense pas que la douleur sera trop forte avant la fin du Giro. Je peux le faire et j'ai confiance », avoue le grimpeur.

Sauf incident, on ne voit pas qui pourra déboulonner Bernal lors de la troisième semaine. Le Britannique Simon Yates et le Belge Remco Evenepoel que l’on citait comme favoris au départ de ce Tour d’Italie ne sont plus en mesure de mettre à mal le Colombien. Après une grosse défaillance dans les Dolomites où il est arrivé avec plus de vingt minutes de retard, Remco Evenepoel peut même dire adieu au top 10.

Neuf mois après sa chute sur le Tour de Lombardie 2020, il n’est pas encore capable de rivaliser avec Egan Bernal. « C'est vous (les médias) qui avez toujours rêvé que je gagne… Je me suis entraîné seulement deux mois avant le Giro, c’était impossible d’être prêt à 100% pour une course de trois semaines », a-t-il lâché à l’arrivée de la 16e étape. Étincelant en première semaine, il avoue avoir de moins en moins de forces.

Attention aux pièges de la troisième semaine

Avec 2’24’’ d’avance sur son dauphin l’Italien Damiano Caruso, transformé à 33 ans en candidat au podium après l'abandon de son leader d'équipe (Mikel Landa), Bernal aborde avec un matelas la troisième semaine, la plus dure de toutes, avec trois étapes de montagne et un contre-la-montre. Alors que La course italienne est réputée pour ses bouleversements dans la dernière ligne droite, la suprématie de Bernal semble évidente et incontestable. Mais attention, tout peut basculer rapidement.

En 2018, Simon Yates, actuellement cinquième au général, possédait 2'11'' d'avance avant la dernière semaine sur son dauphin Tom Dumoulin et près de 5 minutes sur Chris Froome, le futur vainqueur. En 2016, le Néerlandais Steven Kruijswijk, en rose, est victime d'une chute lors de la 19e étape puis lâché dans la montée finale. Kruijswijk abandonne son maillot de leader au Colombien Esteban Chavez, qui comptait trois minutes de retard au classement général la veille.

Finalement cette édition 2016 ira à l’Italien Vicenzo Nibali, qu’il renverse lors de l’avant-dernière étape, où l’organisateur avait concocté un parcours entre Guillestre en France et le sanctuaire de Sant'Anna di Vinadio avec trois grands cols. « Prendre le maillot rose à l'avant dernière étape du Giro et le gagner, c'est incroyable », avait commenté à l’époque le Requin de Messine. À Egan Bernal de déjouer tous les pièges d’ici le dimanche 30 mai et l’arrivée finale à Milan. Jusqu'à présent, Bernal a réalisé un sans-faute pour son premier Giro avec deux victoires d'étape, et une présence permanente aux avant-postes.

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