Euro 2021: première compétition au 21e siècle pour une Écosse «enthousiaste»

Les Ecossais John McGinn, Grant Hanley et Che Adams célèbrent leur but contre l'Autriche en match de qualification pour la Coupe du monde 2022, le 25 mars 2021.
Les Ecossais John McGinn, Grant Hanley et Che Adams célèbrent leur but contre l'Autriche en match de qualification pour la Coupe du monde 2022, le 25 mars 2021. UEFA via Getty Images - Jan Kruger - UEFA

Avec la Macédoine du Nord et la Finlande, l’Écosse est l’un des « petits poucets » de l’Euro 2022 qui doit débuter cette semaine (11 juin-11 juillet). Mais pour sa première participation à une compétition internationale au 21e siècle, l’Écosse ne compte pas faire de la figuration. Et elle a les armes pour sortir des poules.

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Vingt-trois ans après, « Flower of Scotland » sera enfin chanté à tue-tête lors d’une compétition internationale de football. Ce sera lors du match de la première journée de la phase de poules de l’Euro 2020, Écosse-République Tchèque, à Hampden Park, à Glasgow, le 14 juin. Rien que pour cela, il faudra jeter un œil à cette rencontre, la première dans une compétition internationale des Écossais au 21e siècle. La dernière fois, c’était à la Coupe du monde 1998, en France. Une éternité pour un pays amoureux de football et presque divisé en deux entre les supporters du Celtic et des Rangers.

Cette fois, pendant au moins dix jours, ils seront tous unis derrière leur sélection qui a obtenu sa qualification après deux tours de barrages, remportés aux tirs au but contre Israël, puis la Serbie. « Dire que cela a été accueilli chaleureusement serait un euphémisme, explique Loïs Guzukian, co-fondateur de la page Twitter spécialisée Scottish Football Fr. C’était un soulagement pour les Écossais. Leur joie était immense après des éliminatoires mitigés qui ont débuté par une défaite au Kazakhstan et un succès poussif à Saint Marin ».

Nous sommes alors en mars 2019. L’Écosse file tout droit vers une nouvelle désillusion. Mais, heureusement pour les Écossais, Steve Clarke est nommé pour prendre les rênes, et il réussit son pari de qualifier la sélection pour son premier Euro depuis1996. « Quelque chose s’est créé autour de lui analyse Loïs Guzukian. Il a su fonder un groupe uni où chacun comprend parfaitement son rôle ».

Un collectif fort

Et contrairement à d’autres petites sélections qui se construisent autour d’une star comme le Pays de Galles avec Gareth Bale, cette équipe d’Écosse, « c’est avant tout un collectif. Il n’y a pas un joueur au-dessus des autres, mais un groupe qui tire le reste de l’équipe vers le haut ».

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le latéral gauche de Liverpool Andrew Robertson n’est donc pas la star de cette sélection. C’est même un joueur un peu moins connu, le défenseur d’Arsenal Kieran Tierney qui tient davantage ce rôle aux yeux des supporters, selon ce spécialiste du football écossais. « Il y a aussi le milieu de terrain d’Aston Villa John McGinn, ajoute-t-il. Lui il est intouchable et indispensable pour la récupération du ballon et le pressing. C’est un leader ».

Tout n’est pas parfait pour autant. Lors des qualifications, l’Écosse a sombré contre la Russie (1-2 et 4-0) et la Belgique (3-0 et 0-4). La défense a pris l’eau et l’attaque n’a pas existé.« La faiblesse de cette équipe, c’est le secteur offensif avec des attaquants inexpérimentés. Il manque vraiment un tueur devant », tempère Loïs Guzukian. Lors des éliminatoires, les hommes de Steve Clark en’ont inscrit que 16 buts en 10 matches, soit un de plus que la modeste équipe de Chypre.

Des huitièmes de finale accessibles

Mais pas de quoi doucher les espoirs des supporters écossais, encore plus enthousiastes après le match nul aux Pays-Bas, ce mercredi 2 juin en amical (2-2). « Quelque chose a changé avec Clarke : tout le monde est derrière la nation lors de tous les matches, alors qu’avant il y avait parfois de l’indifférence. Les Écossais pensent vraiment leur équipe capable de se qualifier pour les huitièmes de finale ».

L'Ecossais Kevin Nisbet et ses coéquipiers après avoir marqué un deuxième but aux Pays-Bas, le 2 juin 2021.
L'Ecossais Kevin Nisbet et ses coéquipiers après avoir marqué un deuxième but aux Pays-Bas, le 2 juin 2021. REUTERS - PEDRO NUNES

Et lui aussi y croit : « elle peut perdre ses trois matches comme réaliser un grand coup, c’est ce qui fait le charme de cette sélection. Elle a la chance de recevoir la République Tchèque pour le premier match avant d’affronter l’Angleterre, ce qui sera une rencontre à part tant la rivalité est forte entre les deux pays. Une victoire contre les Tchèques, et tout sera possible ensuite ».

Surtout avec la règle des quatre meilleurs troisièmes de groupe, qualifiés pour les huitièmes de finale. « Après ce ne sera que du bonus », conclut Loïs Guzukian qui rêverait de voir l’Écosse imiter le parcours à l’Euro 2016 du Pays de Galles (demi-finales) ou de l’Islande (quarts de finale).

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