Portrait

Tokyo 2021: Sofiane Oumiha, l’or au bout des poings?

Sofiane Oumiha lors d'un entraînement à Toulouse, le 1er février 2021
Sofiane Oumiha lors d'un entraînement à Toulouse, le 1er février 2021 Lionel BONAVENTURE AFP/Archives

Le titre suprême lui a échappé à Rio en 2016. Revenu avec le titre de vice-champion olympique, insatisfaisant à son goût, Sofiane Oumiha est à Tokyo pour prendre sa revanche et trouver son Graal. Il entre en lice samedi 31 juillet.

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Avec seulement cinq qualifiés pour les JO, l’équipe de France de boxe savait bien, avant de s’envoler pour Tokyo, qu’elle ne pourrait pas égaler la formidable moisson réalisée à Rio en 2016 avec 6 médailles et 2 titres. Seul rescapé de cette grande époque, Sofiane Oumiha s’est pourtant s'est longuement interrogé sur la suite à donner à sa carrière. Allait-il poursuivre son parcours dans l'anonymat de la boxe amateur ou tout de suite embrayer vers les paillettes du monde pro ?

L'outsider un peu fougueux de Rio 2016

La réflexion aura duré un an avant une décision qui, finalement, relevait à ses yeux de l'évidence. Samedi, il entrera en lice en 8e de finale face à l'Américain Keyshawn Davis.

Sofiane Oumiha sait qu’il sera l’homme à battre dans la catégorie des poids légers (57/63 kg) pour ces Jeux au Japon. « Je pense avoir pris en maturité et en expérience aussi, j'étais l'outsider un peu fougueux (à Rio en 2016 Ndlr). Là, je suis plus attendu, peut-être l'homme à abattre, c'est un rôle qui me plaît aussi. Mais j'ai mûri, c'est ce qui fera peut-être la différence. C'est une bonne pression, je l'accepte et j'y suis préparé, à moi de faire le travail. C'est un sport de défi et je suis un compétiteur », avance-t-il aujourd’hui. Cette médaille d’or dans le « noble art » serait pour lui l'aboutissement et la récompense de tout son travail depuis tant d'années.

Comme d’autres athlètes, Sofiane Oumiha a douté à partir du début de la pandémie de coronavirus. « En mars 2020, j'ai vécu un truc dur : j'étais à Londres pour le tournoi de qualification et la veille on m'a dit "rentre chez toi, le tournoi est annulé", témoignait-il dans les colonnes de L’Équipe Je m'étais entraîné comme un dingue depuis des semaines... la boxe, avec les coups et le régime... Dans ces moments-là, tout s'effondre. Après le confinement je me suis dit : ça ne sert à rien, arrête la boxe. J'ai cogité ». Et d’ajouter finalement : « La foi dans les Jeux nous permet de tenir. C'est notre rêve d'enfant. Aujourd'hui, on ne sait plus si ce rêve est réel, mais je reste obstiné. Il faut être têtu dans la vie ! On prend des coups de bâton, OK, mais il nous faut quand même une carotte. Tout travailleur doit avoir un objectif, non ? Moi, c'est l'or olympique. »

Tout pour briller

Entre-temps, le Français a tout de même signé un contrat avec le promoteur anglais Frank Warren, qui s'occupe notamment du champion WBC des lourds Tyson Fury et a géré la carrière de quelques grands noms de la boxe britannique de ces dernières années (Prince Naseem Hamed, Ricky Hatton, Frank Bruno, Amir Khan).

L'unique rescapé de la « Team solide », devenu en 2017 le quatrième champion du monde tricolore de l'histoire de la boxe amateur, n'est plus le même pugiliste qu'il y a cinq ans. Fini le temps où Oumiha, sans lieu d'entraînement attitré, était obligé de se préparer seul et parfois sur un terrain de football. Désormais propriétaire de sa salle, le Français a tout ce qu'il faut pour aller au bout ses hautes ambitions.

Cinq ans après la razzia de l’équipe de France au Brésil, Sofiane Oumiha -en chef de file- a la lourde tâche de faire briller la boxe française aux Jeux. En larmes après sa défaite en finale face à un boxeur brésilien, l’enfant du quartier de la Reynerie à Toulouse s’était juré de décrocher le titre. Car il le sait, aux Jeux, le bonheur absolu est réservé aux médaillés d'or.

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