Tokyo 2021: le Norvégien Karsten Warholm pulvérise le record du monde du 400 m haies

Le Norvégien Karsten Warholm, le 3 août 2021 à Tokyo, juste après avoir battu le record du monde du 400m haies.
Le Norvégien Karsten Warholm, le 3 août 2021 à Tokyo, juste après avoir battu le record du monde du 400m haies. REUTERS - PHIL NOBLE

Énorme sensation à Tokyo mardi en athlétisme avec une finale du 400 m haies d'anthologie. Le Norvégien Karsten Warholm est devenu champion olympique en explosant son propre record du monde (45''94). Il est le premier homme à passer sous la barre des 46 secondes dans la discipline.

Publicité

Il en a craqué son maillot, dans une gestuelle qui évoque Superman. Karsten Warholm n'est peut-être pas aussi rapide que le superhéros de la planète Krypton. Mais depuis ce mardi 3 août 2021, il est le nouveau dieu du 400 m haies : déjà double champion du monde (2017 et 2019), le voilà également champion olympique... et premier et unique homme sous les 46 secondes.

Le 1er juillet, chez lui, à Oslo, le Norvégien avait déjà dépoussiéré le record du monde de la distance. Effacé, le chronomètre de 46''78 de l'Américain Kevin Young en finale des Jeux olympiques de Barcelone en 1992 : Karsten Warholm a bouclé sa course en 46''70. Une énorme performance qui paraît pourtant bien pâle à côté du séisme provoqué à Tokyo mercredi.

Le record explosé de 76 centièmes

Il était quasi certain que les hurdlers engagés en finale du 400 m haies allaient faire trembler la piste et affoler le chronomètre. Ils n'ont pas déçu. Dans un stade olympique toujours aussi vide en raison des restrictions sanitaires, les finalistes se sont élancés, et le duel attendu entre Karsten Warholm et Rai Benjamin (46''83 fin juin) s'est dessiné. Face au favori, l'Américain ne s'est pas dégonflé. Il l'a affronté jusqu'au bout, presque les yeux dans les yeux.

Mais le Norvégien, poussé à l'excellence par cette concurrence féroce, avait les ressources pour remettre un coup d'accélérateur après l'ultime haie et s'envoler vers la médaille d'or avec un temps ahurissant : 45''94. Warholm est le premier homme à passer sous la barre des 46 secondes. En explosant son propre record du monde de 76 centièmes, il réalise un exploit mémorable.

« Le plus grand moment de ma vie »

« C'est tellement fou ! C'est de loin le plus grand moment de ma vie. Je me suis entraîné comme un p… de maniaque. J’ai eu du mal à dormir la nuit dernier parce que j’avais ce sentiment spécial dans ma poitrine. C’est le même sentiment que j’avais à six ans à Noël », a confié le nouveau champion olympique, réputé pour son côté fantasque qui rappelle le Jamaïcain Usain Bolt, autre spécialiste des médailles et des records.

Karsten Warholm a également eu une pensée pour son adversaire, Rai Benjamin. L'émulation entre les deux hommes a donné lieu à une finale incroyable. L'Américain termine 2e avec un temps de 46''17 : il aurait aussi battu largement le record du monde si Karsten Warhol n'avait pas été là. Le Brésilien Alison dos Santos est en bronze avec un temps exceptionnel de 46''72.

Le Norvégien Karsten Warholm prend la pose à côté du chronomètre de son record du monde du 400m haies, le 3 août 2021 à Tokyo.
Le Norvégien Karsten Warholm prend la pose à côté du chronomètre de son record du monde du 400m haies, le 3 août 2021 à Tokyo. REUTERS - ANDREW BOYERS

Un exploit encore plus fort que les 9’’58 de Bolt au 100 m ?

« Ça a été la plus grande course de l’histoire des Jeux olympiques. (…) Je vais mettre du temps à digérer. Mais je suis très heureux d’avoir fait partie de l’histoire ainsi », a déclaré Rai Benjamin, pour qui « même les 9’’58 d’Usain Bolt (sur 100 m lors des Mondiaux 2009, NDLR) ne peuvent rivaliser » avec ce qui a été réalisé sur ce 400 m haies à Tokyo.

Le vice-champion olympique peine à croire que l’or lui a échappé avec ses 46’’17. « Si vous m’aviez dit que je courrais en 46’’1 et que je perdrais, je vous aurais sans doute botté les fesses et dit de sortir de ma chambre ! », a-t-il plaisanté. Rai Benjamin a également rendu hommage au nouvel empereur : « Warholm est incroyable. Je ne dois pas être trop déçu. Bien sûr qu’en tant que compétiteur, ça fait très mal. Mais c’est tout simplement la nature du sport. »

Karsten Warholm est le deuxième athlète à faire tomber un record du monde à Tokyo. Avant lui, la Vénézuélienne Yulimar Rojas avait battu le record du monde du triple saut (15,67 m).

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail