Reportage

Le para badminton, petit nouveau des Jeux paralympiques de Tokyo 2021

La Coréenne Kang Jung Kum durant les Jeux paralympiques de Tokyo.
La Coréenne Kang Jung Kum durant les Jeux paralympiques de Tokyo. AFP - PHILIP FONG

Les compétitions de para badminton ont lieu au Stade national de Yoyogi, dans le quartier Shibuya de Tokyo. En septembre 2017, le para badminton a été ajouté aux Jeux paralympiques. Quatre-vingt-dix joueurs participent à la compétition.

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De notre envoyé spécial à Tokyo,

Le temps a dû paraître bien long. Dix-neuf ans après les valides et les Jeux de Barcelone 92, les parabadistes découvrent enfin à Tokyo l’esprit olympique avec l’entrée du para badminton au programme des Jeux paralympiques.

L'Asie, continent phare du badminton

Ils pourront tout de même se satisfaire, puisque le Japon est l’endroit idéal. Sur la péninsule, on pratiquait le hanetsuki, ancêtre du badminton, vers la fin de l'époque médiévale. Les Japonais adorent ce sport inventé en Chine, il y a plus de deux millénaires, et populaire sur tout le continent asiatique.

« À Hong Kong, je suis le seul joueur de para badminton (en fauteuil, ndlr), alors je m’entraîne avec les valides », témoigne volontiers Ho Yuen Chan. Ce joueur de 36 ans, très expérimenté, porte à lui seul depuis une décennie toutes les attentes de l’ancienne colonie britannique.

« Avant  la pandémie de coronavirus, je pouvais partir trouver des partenaires durant les stages en Chine ou en Corée du Sud. C’est très excitant d’être là. Je voudrais apporter une médaille et je croise les doigts », indique cet athlète en fauteuil, amputé d’une jambe suite à un accident de voiture, qui n’a pas eu l’occasion de faire de compétition depuis pratiquement deux années. Ho Yuen Chan a bien fait de jouer les prolongations pour vivre une grande émotion au Japon, même si la bulle sanitaire est stricte et que les gradins de la salle sont vides.  

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Une raquette et un volant peuvent rendre heureux

Pour son entrée dans le tournoi, l’Asiatique a battu le Français Thomas Jakobs. Le tricolore souffre depuis 5 ans d’une paraplégie. Il a découvert la discipline il y a quatre années. Valide, il s’était essayé au tennis. Rapidement, il a trouvé ses marques dans un sport qui désormais le passionne.

« C’est beaucoup de découvertes en même temps, mais je suis content d’être là malgré la défaite, dit-il sourires en bandoulière. Ho Yuen Chan a tellement d’expérience pour gérer ce genre d’évènement. Mais j’ai donné mon maximum. C’est tellement bien d’être là avec tout ce que l’on a enduré ces deux dernières années sans savoir si les Jeux allaient avoir lieu. »

Après un an et demi de pandémie et de frustrations, Thomas Jakobs a profité du moment. Une raquette et un volant peuvent engendrer des grands moments de bonheurs. Depuis 2011, la discipline est placée sous la gouvernance de la Fédération internationale de badminton. Le para badminton est pratiqué aujourd’hui dans plus de 60 pays. 

Six catégories de handicap

Selon le handicap, le para badminton peut être pratiqué debout ou en fauteuil. Comme en badminton, le para badminton se dispute en simple homme et simple femme, double homme, double femme et double mixte, en 2 sets gagnants de 21 points.

Si les matches se jouent sur un terrain de badminton standard, il peut être modifié pour certaines catégories, comme pour les simples en fauteuil qui se déroulent sur un demi-terrain. Les joueurs sont répartis en six catégories de handicap, quatre catégories pour les joueurs pratiquant debout et deux pour les personnes en fauteuil roulant. Lors de la frappe du volant, une partie du tronc de l’athlète doit toujours être en contact avec le siège de son fauteuil. 

À Tokyo, 14 médailles d'or seront disputées : 7 pour les hommes, 6 pour les femmes, et 1 pour les doubles mixtes.

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