INTERNET

Le droit à l'oubli numérique mis en application par Google

Avec 90% des requêtes qui passent par lui, le moteur de recherche de Google occupe une place inégalée sur internet.
Avec 90% des requêtes qui passent par lui, le moteur de recherche de Google occupe une place inégalée sur internet. REUTERS/Mike Blake/Files

Si vous habitez dans l'Union européenne, vous pouvez, depuis le 29 mai, taper votre nom dans le moteur de recherche Google et si certains résultats ne vous plaisent pas, vous pouvez désormais obtenir la suppression de certaines publications vous concernant. Le géant informatique a en effet mis en place un formulaire pour rendre effectif « le droit à l'oubli numérique », en réponse à une décision de la Cour européenne de justice.

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Avec 90% des requêtes qui passent par lui, le moteur de recherche de Google occupe une place inégalée sur internet. Capable de faire ou défaire une e-réputation si vous cherchez des renseignements sur une personne précise. Mais depuis jeudi 29 mai, les choses ont changé : la firme de Mountain View n’a pas eu d’autre choix que de plier l’échine pour se conformer à une décision de justice européenne sur le droit à l’oubli. En clair, si vous tapez votre nom dans Google et qu’un résultat ne vous plaît pas, il n’y a qu’un formulaire à remplir pour que Google le retire.

Droit à l’oubli ou droit d’informer ?

En pratique, c’est un peu plus compliqué. En effet, cette notion de droit à l’oubli, dont se félicitent les défenseurs du respect de la vie privée sur internet, soulève quelques questions. Google ne peux pas traiter toutes les demandes des internautes automatiquement ; il va donc falloir que des personnes étudient la requête, statuent sur sa pertinence et déterminent si elle n’est pas abusive. Il faudra alors arbitrer entre droit à l’oubli d’une personne et droit d’information du grand public.

Pour ce faire, Google a déjà mis en place un comité, composé notamment de son patron Eric Schmidt, du fondateur de l’encyclopédie participative Wikipédia Jimmy Wales, et de personnalités expertes dans les domaines de la protection des données personnelles ou du respect de la liberté d’expression. Après examen des requêtes, Google prendra la décision d’enlever ou non les résultats incriminés, tout en sachant que ces modifications ne seront visibles qu’en se connectant depuis l’Union européenne, et qu’un message le précisera en haut de la page de résultats.

Une tâche immense

La tâche s’annonce donc ardue, puisqu’un tiers des plaintes déjà déposées relèvent de ce droit à l’oubli, et ce chiffre risque d’exploser avec la mise en ligne de ce formulaire. Et, même si les demandes de retraits doivent être motivées et argumentées par les internautes, elles requièrent de nombreux employés pour les traiter, en coopération avec les agences nationales de protection des données informatiques, comme la CNIL, la Commission informatique et libertés française. Quid, également des « boutons sociaux » ? Ces boutons de partage, comme le « j’aime » de Facebook, ou le « +1 » de Google plus, permettent de relayer une information sur plusieurs réseaux, comme des blogs ou des forums. Cette information se répand donc et l’éradiquer devient alors très complexe.

Comment se faire oublier de Google ?

  • Tout d’abord, une adresse
  • Pour demander la suppression d’un résultat de recherche vous concernant, vous devez être citoyen de l’Union européenne, et joindre au formulaire une photocopie d’une pièce d’identité
  • Il suffit ensuite d’indiquer les adresses internet (les URL) que vous souhaitez voir disparaître, et la raison de votre demande
  • Enfin, une signature électronique qui vous sera demandée

Puisque les demandes sont traitées individuellement, Google n’a pas souhaité donner d’estimation sur le temps que mettront les liens concernés à disparaître. Cela dépend également du bien-fondé ou non de la demande. S’ils sont supprimés, les liens ne le seront qu’en Europe, un internaute d’une autre région du monde y aura, lui, toujours accès.

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