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Données personnelles: des consommateurs inquiets mais passifs

Malgré les craintes pour la vie privée, les consommateurs utilisent toujours les réseaux sociaux.
Malgré les craintes pour la vie privée, les consommateurs utilisent toujours les réseaux sociaux. REUTERS/Regis Duvignau/Files
Texte par : Olivier Bories
4 mn

Quelle est l’attitude des consommateurs vis-à-vis de la protection de leurs données ? Une étude menée récemment dans une quinzaine de pays décrit une situation contrastée. Si conserver sa vie privée est une priorité pour beaucoup de consommateurs, peu se protègent ou souhaitent arrêter les services ayant recours aux données personnelles.

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Depuis les révélations d’Edward Snowden, le débat sur l’utilisation des données personnelles par les entreprises et gouvernements est permanent. Mais quels sont les comportements et sentiments des consommateurs sur ces questions de vie privée ? C’est à cette question que répond une étude menée par la compagnie EMC, portant sur plus de quinze pays, du Brésil au Japon en passant par l’Inde, la France ou l’Arabie Saoudite. Quinze milles personnes y ont répondu, permettant de dresser un portrait de l’attitude générale du consommateur face aux problématiques de vie privée.

Conserver ses données personnelles

Le premier enseignement de l’étude est le refus des internautes d’échanger leur vie privée contre des services plus efficaces et plus personnalisés. Seuls 27% y seraient favorables, contre 51% qui le refusent. La situation peut cependant être très variable selon les pays. L’Allemagne, très en pointe sur les questions de vie privée et d’Internet, est la plus réfractaire à troquer ses données privées avec 71%  d'opinion défavorable. Près de la moitié des Indiens accepte au contraire de céder des données contre des progrès technologiques, alors que seulement 40% le refusent.

La grande majorité des internautes utilise pourtant des services qui créent beaucoup de données personnelles : commerce en ligne, activités bancaires, échange sur les réseaux sociaux, etc. Il y a également un consensus favorable pour un accès plus facile à l’information, à des données personnelles financières ou gouvernementales, ou pouvoir plus facilement organiser ses trajets et ses déplacements. Il s’agit du premier paradoxe pointé par l’étude : les gens attachent de l’importance aux facilités offertes par la technologie, alors même qu’elles reposent sur l’utilisation de données personnelles qu’ils se refusent à échanger.

Peu d’internautes se protègent

Autre contradiction relevée, peu de gens sont actifs dans la protection de leurs données malgré les risques encourus. Près des deux tiers des personnes interrogées ne changent pas régulièrement leurs mots de passe. Si une majorité personnalise ses paramètres de vie privée sur les réseaux sociaux ou possède des mots de passe sur leur smartphone, environ un tiers ne pratique pas ces règles de protection élémentaires. Près de la moitié des Français reconnaissent ne pas lire les règles d’utilisation des données personnelles lorsqu’ils s’inscrivent sur un réseau social.

Les risques sont pourtant bien réels et concernent l’ensemble des consommateurs. La moitié des personnes interrogées a déjà subi une perte de données : piratage de boîte mail, vol de téléphone portable, piratage de compte de réseau social, etc. Les consommateurs sont conscients des risques existant, comme le montre leur pessimisme quant à l’avenir de leur vie privée. Une très grande majorité (81 %) pense qu’elle sera bien moins protégée dans les cinq années à venir, 59 % déclarant même qu’elle avait diminué depuis un an.

Une grande méfiance

A ce panorama se rajoute une méfiance généralisée envers tous les acteurs en charge de la protection des données personnelles. Ni les gouvernements, ni les entreprises de réseaux sociaux n’arrivent à convaincre plus de la moitié des gens non pas de leurs capacités, mais de leur éthique en matière de protection des données. Plus des trois quarts des personnes se disent inquiètes de la protection future des données partagées sur les réseaux sociaux. Cette méfiance n’empêche toutefois pas leur usage généralisé. S’il est conscient des enjeux liés aux données personnelles, le consommateur est-il prêt à franchir le pas et à faire pression sur les gouvernements comme les entreprises ?

→ A CONSULTER: L'étude d'EMC Corporation

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