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Données personnelles

La Suisse, futur coffre numérique mondial?

REUTERS/Pawel Kopczynski
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Devenir le coffre-fort numérique du monde, telle est l’ambition affichée par la Suisse suite aux différents scandales d’espionnage révélés par l’ancien consultant de la NSA, Edward Snowden. Surfant sur sa réputation de fiabilité et de sécurité, la Suisse entend devenir la référence en matière de protection des données personnelles.

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Distillées par Edward Snowden depuis juin, les informations sur le programme d’espionnage  mondial de l’Agence nationale de sécurité américaine profitent aux entreprises chargées de stocker et de protéger les données personnelles. Une aubaine pour 55 sociétés suisses (selon le site datacentermap) qui jouissent d’ores et déjà de l’image de fiabilité et de sécurité propre à l’Etat helvétique.

« C’est fantastique », se réjouit Christoph Oschwald, un des dirigeants de Mount10, qui propose des centres de données sous les Alpes, appelés Fort Knox et abritant les données du Parlement suisse. « Je n’ai plus besoin d’expliquer aux clients pourquoi il faut payer », admet-il soulignant que son « business » a triplé dans un laps de temps très court suite aux révélations d’Edward Snowden.

En Suisse, le constat est unanime. Les clients sont de plus en plus concernés par la protection de leurs données personnelles. D’autant plus que les géants de l’Internet Facebook, Google, Skype ou encore Yahoo! ont été accusés de transmettre les données de leurs utilisateurs aux services de renseignement américain. « Globalement, plusieurs clients depuis l’affaire Snowden sont un peu plus sensibilisés aux problématiques de protection des données », confie à l’AFP le directeur de Kyos, société suisse de services spécialisée en informatique.

Rapatriement massif des données

Susanne Tanner du centre de données de Greendata admet que, ces derniers mois, nombreuses sont les entreprises helvétiques utilisant des serveurs à l’étranger à avoir demandé un rapatriement de leurs données en Suisse. Pour Dominik Hauri de l’Institut d’études économiques de Bâle (IWSB), la Suisse peut devenir un « refuge sûr » grâce à ses dispositions restrictives en matière de protection des données. Car sur le plan légal, la réputation helvétique en termes de confidentialité et de sécurité n’est plus à faire. Même si son image a été ternie par l’abandon du secret bancaire.

« Dans d’autres pays, toutes sortes d’institutions ont accès à ces données », explique Peter Gruter, président de l’association suisse des télécommunications. « Chez nous, il faut avoir la permission d’un juge », précise t-il, « ce qui est un grand avantage par rapport, par exemple, aux Etats-Unis ».

Un avantage qui pourrait s’avérer profitable aux sociétés suisses dont les centres de données hautement protégés sont parfois hébergés dans les anciens bunkers de l’armée suisse. A l’heure de l’espionnage électronique, la Suisse pourrait donc devenir le nouvel eldorado en matière de protection des données personnelles.

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