Liban

Ziad Rahbani veut quitter le Liban et enflamme les réseaux sociaux

Ziad Rahbani a annoncé son intention de quitter le Liban au cours d'une émission télévisée sur la chaîne Al Jadeed © Capture d'écran / Al Jadeed
Ziad Rahbani a annoncé son intention de quitter le Liban au cours d'une émission télévisée sur la chaîne Al Jadeed © Capture d'écran / Al Jadeed
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Ziad Rahbani, le fils de la célèbre diva libanaise Feirouz, a annoncé, fin septembre, son intention de quitter le Liban pour la Russie. Cette annonce enflamme les réseaux sociaux.

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Le célèbre auteur-compositeur Ziad Rahbani, longtemps considéré comme le chantre du patriotisme, a annoncé son intention de quitter son pays natal à l'âge de 59 ans. Son annonce a fait le buzz sur les réseaux sociaux. L'émission télévisée au cours de laquelle il a lancé cette bombe a déjà été visionnée par plus de 40 000 personnes en moins d'une semaine sur Youtube.

Critique du Hezbollah

Dans son intervention, on découvre un Ziad Rahbani dégoûté par les conditions de travail au Liban, exaspéré par l'évolution globale de la situation dans son pays et très remonté contre le Hezbollah, dont il est pourtant un fervent partisan bien qu'ayant des affinités communistes.

Dans son interview, Ziad Rahbani s'en prend plus à l'attitude du Hezbollah vis-à-vis de son œuvre et de son art qu'aux options politiques du parti. Il laisse entendre que le Hezbollah aurait perturbé une soirée qu'il a animée en août dans la localité de Naqoura, au Liban-Sud. Ce soir-là, il avait demandé au public de poster sur les réseaux sociaux des passages de ce concert, pour que tout le monde puisse noter le bruit de fond qui l'a empêché de se produire convenablement. Mais il a déploré qu'aucune vidéo n'ait été publiée.

Déception

L'artiste ne se sent plus en sécurité et a l'impression d'être surveillé en permanence. Il affirme que depuis cette soirée d'août, il est contraint de s'entourer de gardes du corps. Il sent que ses conversations téléphoniques sont espionnées. Ziad Rahbani ne cache pas non plus sa déception à l'égard du Liban et de ses compatriotes. « Nous vivons dans une forêt ici », se plaint-il. Il a des mots très durs à l'adresse des Libanais qui « ne se respectent pas et ne travaillent pas ».

Contrairement à Gérard Depardieu, le fils de la célèbre diva libanaise n'a pas choisi la Russie pour une question d'impôts, qui sont au Liban de loin inférieurs à ceux qui sont perçus en France. Ziad Rahbani a tout simplement reçu une offre de travail alléchante de la part de la chaîne russe internationale Russia Today. Il précise qu'il va travailler dans la musique, dans un cadre harmonieux, qui n'est pas en contradiction avec ses convictions. Il a déjà loué un appartement et se prépare à « déguerpir », pour utiliser son propos, avant fin octobre. Il ne s'agit pas d'une émigration, assure-t-il, tout en affirmant qu'il s'en va définitivement.

Les réseaux sociaux en ébullition

Ces propos de Ziad Rahbani ont déchaîné les passions les plus contradictoires sur les réseaux sociaux. Sur les sites et les forums anti-Hezbollah, ce sont surtout les critiques inattendues de Ziad Rahbani contre le parti chiite qui sont mises en avant.  « Il s'est enfin réveillé ! » ou  « il a mis du temps à comprendre », peut-on lire sur ces sites. Les admirateurs inconditionnels de son œuvre sont toutefois surpris par ses positions et lui demandent de ne pas se mêler de politique et de continuer à faire de la belle musique. Enfin, certains partagent son dégoût et sa déception et applaudissent sa décision de partir du Liban tout en espèrant, un jour, pouvoir faire de même.

Un hashtag signifiant « des paroles de Ziad Rahbani » a fait son apparition sur Twitter. Des centaines de personnes y ont déjà posté des déclarations du musicien, des extraits de ses pièces de théâtre et des commentaires. Les supputations et les interprétations ont envahi la Toile. Mais Ziad Rahbani pourrait une nouvelle fois les surprendre, ce lundi 6 octobre au soir. Il devrait intervenir sur al-Manar, la télévision du Hezbollah, pour mettre les points sur les « i », ou, au contraire, pour jeter de l'huile sur le feu.

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