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Cinéma

Tous connectés, pour le meilleur et pour le pire

L'affiche du film de Jason Reitman «Men, Women and Children».
L'affiche du film de Jason Reitman «Men, Women and Children». @Men Women Children
3 min

Dans son dernier film le réalisateur américain Jason Reitman se penche sur les nouvelles technologies et les comportements qu’elles entraînent. «Men, women, and children», un regard cru sur une société qui semble se détraquer au rythme des connexions.

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«Women and children», de Jason Reitman, ressemble à une exhortation, car personne n’échappe à cette frénésie de communication. Nous sommes physiquement envahis, débordés voire bouleversés par ces nouveaux outils de communication que représentent les réseaux sociaux, le téléphone ou Internet. Dans son premier succès : Juno, le cinéaste abordait la grossesse inattendue d’une adolescente et le problème de société que cela représentait. Les nouveaux modes de communication sont-il à ranger dans le même symptôme? Représentent-ils une grossesse technologique à problème?

« Ce film n’a pas pour ambition de donner des réponses à ce qui se passe actuellement [...] Le film n’entend que refléter son époque, ici et maintenant. Avec un peu de chance, il poussera le spectateur à réfléchir sur son identité, sur sa place dans la société et sur ses rapports à son entourage », explique Jason Reitman.

Malaise provoqué par ces nouveaux comportements

Dans «Men, women and children» c’est très vite un vertige froid et glacial qui nous saisit. Dans cette surenchère de sollicitations, on ressent le malaise provoqué par ces nouveaux comportements. Jason Reitman prend même un malin plaisir à dénuder ces nouveaux consommateurs que nous sommes. C’est l’historique de navigation d’une société de pervers polymorphes qu’il met au jour, un peu comme s’il relevait le pan d’un rideau plus généralement tiré. L’ambiance n’est donc pas toujours rassurante dans la maison idéale des réseaux sociaux car quand la vitrine d’un mur Facebook orné de photos de vacances est brillante, la cave des non-dits peut être glauque.

« Le virtuel révélateur de ce que nous sommes »

Michael Stora, psychologue, participant au débat proposé après l’avant première du film expliquait « d’un point de vue clinique, il s’agit d’un condensé terrible de ce qu’on perçoit dans les histoires de tous les jours. » Avec comme levier parfois : « l’angoisse des parents qui crée le symptôme ». Dans le film, c’est l’addiction qui est mis à nu. Une addiction « en accéléré certes mais qui devient le virtuel révélateur de ce que nous sommes » explique Michael Stora et « c’est aussi le reflet d’un éternel constat, la profonde solitude de l’être humain. »

Une prothèse, une béquille ou un doudou sans fil

Alors ces nouveaux outils, on le voit dans le film, sont autant de moyens pour la socialisation que pour la surveillance. La crise d’adolescence se confondant avec la crise parentale et les outils de communication sont autant une prothèse qu’une béquille, selon les protagonistes de l’histoire. Michael Stora parle de doudou sans fil comme l’objet transitionnel décrit par le psychologue Donald Winnicott. « On peut même toucher l’image de l’autre avec le doigt, ce qui est très symptomatique », commente Michael Stora. Alors addiction (à l’autre ?), objet transitionnel, dépendance... Le numérique n’est en quelque sorte que le reflet de ce que nous sommes.

Auparavant dans le cinéma, il n'y avait souvent qu'un simple téléphone...

 

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