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«The Guardian» enquête sur les homicides de la police aux Etats-Unis

«The Guardian» a lancé une base de données baptisée «The Counted» qui permet d'identifier le nombre de personnes tuées par la police américaine par âge, par région ou encore par origine ethnique, .
«The Guardian» a lancé une base de données baptisée «The Counted» qui permet d'identifier le nombre de personnes tuées par la police américaine par âge, par région ou encore par origine ethnique, . The Guardian

Le quotidien britannique The Guardian vient de dévoiler les premiers résultats de son projet « The Counted », une opération de data journalism qui consiste à recenser le nombre de personnes tuées par les forces de l'ordre américaines depuis le début de l’année. Une carte interactive permet ainsi d'identifier le nombre de personnes tuées par âge, par région ou encore par origine ethnique. Et ce, faute de données officielles fournies par la police américaine.

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Déjà 490 noms au compteur de « The Counted ». Et le site affiche déjà les identités des 15 morts supplémentaires de la semaine dernière, abattus par la police américaine lors d’interpellations de routine. Fin mai, le quotidien britannique The Guardian a chargé une petite équipe de journalistes d’effectuer un décompte des morts imputables aux violences policières aux Etats-Unis. Cette expérience de journalisme de donnée, ou data journalism, consiste à analyser les flux de données numériques issues de la Toile, en s’appuyant également sur les comptes-rendus des médias locaux.

Pas de statistiques officielles

Aux Etats-Unis, les forces de police ne sont pas tenues de délivrer leurs statistiques concernant ce type d’homicides. C’est la raison pour laquelle le journal a créé une communauté sur Facebook pour développer son projet, et invite les internautes possédant des informations à les partager en ligne. Tous les événements communiqués sont vérifiés et, après enquête, les faits tragiques sont publiées sur la plateforme internet « The Counted ». Ce mardi 9 juin, le compteur du site divulguait que 245 personnes blanches, 138 noires, et 73 d'origine latine avaient été tuées par des policiers aux Etats-Unis depuis le début de l’année.

Une carte numérique pour mieux comprendre

Le site présente le nombre de morts tombés sous les balles de la police, mais également celui des victimes « collatérales » qui ont été percutées par les véhicules des forces de l’ordre lors d’une intervention. En revanche, cette base de données ne comptabilise pas les suicides ou les personnes malades qui, faute de soins appropriés, ont succombé lors d’une garde à vue. L’ensemble de ces informations est résumé sur une carte numérique qui répertorie également les victimes selon leur âge, le sexe, les circonstances de leur décès ainsi que le lieu où s’est déroulé le drame.

Des victimes noires et non armées

L'Etat de Californie est en tête du classement du plus grand nombre de cas de bavures policières, suivi par le Texas et la Floride. Cette carte dynamique et interactive a permis au Guardian de constater que le nombre des victimes, noires et non armées, était deux fois supérieur à celui des individus blancs également sans armes. Les internautes qui postent sur le site des photos ou des vidéos, témoignent de la brutalité des forces de l’ordre dans l’exercice de leur fonction. Des récits poignants de vies anéanties qui, selon le quotidien britannique, démontrent que le phénomène de la haine raciale s’est durablement installé aux Etats-Unis.

→ Suivre l'actualité de « The Counted » sur le fil twitter @thecounted

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