Allemagne

Allemagne: cyberattaque contre un ordinateur d'Angela Merkel

Angela Merkel, le 10 juin 2015 à Bruxelles.
Angela Merkel, le 10 juin 2015 à Bruxelles. Reuters/françois Lenoir

Le portable d’Angela Merkel avait déjà été mis sur écoute par les services de renseignements américains. Mais on sait désormais que l'ordinateur de la chancelière allemande dans son bureau de députée a été également piraté. Et des courriels invitant à une conférence téléphonique ont été émis en son nom.

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De notre correspondant à Berlin,

Tout a commencé il y a environ un mois, au mois de mai 2015. Les services de renseignements allemands ont averti le Bundestag de l’attaque perpétrée par des « chevaux de Troie ». En clair, des liens figurant dans des courriers internet apparemment inoffensifs conduisaient à l’installation discrète de programmes sur les ordinateurs permettant d’avoir accès à leurs données. Le 13 juin, on apprenait donc que bureau de la députée Angela Merkel a aussi été frappée et que des courriels ont été envoyés depuis l’ordinateur de la chancelière invitant les destinataires à participer à une conférence téléphonique.

Une cyberattaque massive contre le le Bundestag

Des informations divergentes ont circulé sur l'ampleur de l'attaque mais il semble qu'elle ait été massive. L’inquiétude est grande car l’accès à ce réseau informatique implique le courrier et les dossiers des députés et de leurs collaborateurs mais aussi des projets de lois encore confidentiels ou les documents de commissions d’enquête parlementaires sensibles. Le président du Bundestag estimait la semaine dernière que depuis deux semaines aucune fuite de données n’avait été constatée tout en reconnaissant que cela ne signifiait pas qu’elles avaient été stoppées. L’ampleur exacte de l’attaque reste encore floue. On ne sait pas plus quelles données ont été espionnées jusqu’à présent. La semaine dernière, certains évoquaient même la nécessité de remplacer l’intégralité des quelque 20 000 ordinateurs utilisés par le Parlement allemand. Une information apparemment exagérée mais la maintenance informatique et la sécurisation du système pourraient prendre un an. Les députés et notamment ceux de l’opposition critiquent la politique d’information jugée trop restrictive de la présidence du Parlement.

Qui derrière cette cyberattaque ?

Pour l’instant, il n’y a que des soupçons concernant les responsables de cette attaque informatique. Les experts estiment que l’ampleur de l’attaque, la maîtrise technique requise comme le personnel et les moyens financiers nécessaires font plutôt penser à une opération menée par un Etat étranger. Plusieurs médias allemands ont cité la Russie mais jusqu’à présent aucune preuve n’est venue appuyer cette thèse.

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