Covid-19: en France, couacs en série pour l'école à la maison

Une mère utilise le site "ma classe à la maison" du Centre national d'enseignement à distance (CNED) pour assurer la continuité de l'école pour son fils, le 21 mars 2020 à Montlouis-sur-Loire au centre de la France.
Une mère utilise le site "ma classe à la maison" du Centre national d'enseignement à distance (CNED) pour assurer la continuité de l'école pour son fils, le 21 mars 2020 à Montlouis-sur-Loire au centre de la France. AFP - GUILLAUME SOUVANT

C'était le premier jour ce mardi 6 avril pour l’école à la maison et les premiers couacs des cours à distance mis en place par l’Éducation nationale. Des parents d’élèves et des enseignants, principalement en région parisienne, ont publié en masse leurs désarrois, voire leur colère, sur les réseaux sociaux.

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Le mot clef #écoleàlamaison créé dès l’ouverture des classes virtuelles a été pris d’assaut par une multitude de professeurs et de parents d’élèves pour signaler l’impossibilité de se connecter aux espaces numériques de travail siglés ENT. La situation concernait aussi les sites Web intitulés « Ma classe à la maison » regroupant trois plateformes pédagogiques pour les écoliers, les collégiens et les lycéens développées par le Centre national de l’enseignement à distance, le CNED. « En colère comme rarement, comme l'année dernière l'ENT est déjà saturé. Je ne peux donc pas communiquer avec mes élèves », se plaignait, par exemple, un professeur sur Twitter.

Cyberattaque de l'étranger

Selon le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, ces disfonctionnements seraient dus à une cyberattaque de l'étranger. Le ministre a également évoqué les difficultés de « l'opérateur privé » OVH, « qui a eu un incendie à Strasbourg et n'a pas pu faire face à l'afflux des connexions ». Mais « cette information est erronée et n'a rien à voir avec Strasbourg. Les régions affectées et les applications indisponibles ne sont pas hébergées chez nous », répliquent illico dans un tweet les dirigeants de l’hébergeur français. Par ailleurs, l'argument d’une cyberattaque, déjà avancé lors du premier confinement, et certifié dans un communiqué du Cned qui porte plainte, semble pourtant suspecte aux yeux de Mourad Besbes, vice-président de la fédération des parents d’élèves de Paris.

« Il y a un an, on se souvient des hackers russes qui avaient été appelés à la recousse par le ministre pour expliquer les dysfonctionnements, explique-t-il. Aujourd'hui, on a du mal à le croire. Force est de constater que le choix qu'a fait le gouvernement était d'instaurer une continuité pédagogique sur trois jours et demi. Si sur ces trois jours et demi, on perd un jour et demi à essayer de se connecter, c'est de l'énergie perdue pour tout le monde, pour les enseignants, pour les parents. Et puis c'est un stress tout à fait inutile pour les parents. ce que nous demandons, c'est un plan national  d'investissement pour s'assurer que les écoles puissent fonctionner correctement, que ce soit en distanciel ou que ce soit en présentiel. » 

L'Élysée relativise

De son côté, l'Élysée a relativisé ces disfonctionnements. Mardi en fin d'après-midi, Emmanuel Macron qui participait à une classe virtuelle de collégiens déclarait  qu'il y a eu « quelques difficultés, des incidents ont eu lieu, peut-être des actes de malveillance ». En guise de réponse, de nombreux internautes ont republié « We hate online education », le clip parodique d'une chanson culte des Pink Floyd qui avait déjà circulé sur les réseaux sociaux la semaine dernière, pour protester contre la fermeture des écoles, cette fois contre les couacs numériques paralysants les cours à distance.

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