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Tirailleurs/Belgique

Africains dans la «Force publique congolaise»

5 mn

En 1865, Léopold II accède au trône de Belgique avec un projet : «la foi coloniale». À l'image des Britanniques ou des Français, la Belgique veut son empire. Pour construire son armée coloniale qui deviendra la force publique, le roi a recours à l'engagement forcé au prix d'effroyables exactions.

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En 1876, Léopold II est à l’initiative, lors de la conférence de Bruxelles, de la création de l’Association internationale africaine (AIA) qui réunit les puissances européennes. Plusieurs expéditions financées par le Roi sont montées avec l’objectif d’«apporter la civilisation dans l'intérieur du continent». Mais très vite le masque tombe sur les objectifs d’expansion.

En s'offrant les services de l'Anglais Henry Morton Stanley, Léopod II va faire siennes les terres du Congo. Déçu par l’AIA, il lance la création de l'association internationale du Congo (AIC) en 1882, qui vise à faire reconnaître le futur État. Chose faite lors de la Conférence de Berlin (1884-1885), que Français et Allemands montent pour  accorder les protagonistes européens sur le partage du territoire africain. Sa victoire est le fruit de circonstances diplomatiques, mais le roi la savoure le 1er juillet 1885 avec la proclamation de «l'État indépendant du Congo».

Une milice indigène

Diaporama

Affirmer sa souveraineté sur le Congo et contrôler un territoire grand comme dix fois la Belgique nécessitait l'appui des armes. On décida l’établissement d'une force militaire et d'une police organisée, d’abord constituée de Zanzibarites et Haoussa ayant participé aux premières expéditions, puis de Bengalas. Mais l’objectif est de substituer au recrutement mercenaire une armée d'indigènes.

Le faible nombre de volontaires pour l'armée poussa à enrôler de force les Congolais. Ce soin fut laissé sans contrôle aux cadres de l'administration exclusivement blanc. Le système engendra des mouvements de mutinerie, dont la révolte des Batela entre 1895 et 1900. La répression et ses exactions furent dénoncées auprès de l’opinion publique, et devinrent plus limitées jusqu’à ce que le travail forcé soit supprimé avec l’annexion du Congo, jusqu’ici propriété exclusive du Roi, à la Belgique, en 1908.

Dénommée «force publique», celle-ci figura, avec les forces alliées, dans les combats de la Première Guerre mondiale au Cameroun, en Rhodésie et dans l’Est africain. Puis lors du second conflit mondial en Abyssinie, au Nigeria et jusqu’au Moyen-Orient. Elle prit alors la physionomie d’une armée moderne.

Julien Lampin
Master de journalisme européen, Université de Reims

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