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France

Fin du couple Hollande-Trierweiler, les questions après la séparation

Samedi 25 janvier, François Hollande a officialisé la fin de sa relation avec Valérie Trierweiler.
Samedi 25 janvier, François Hollande a officialisé la fin de sa relation avec Valérie Trierweiler. Reuters
Texte par : Christophe Carmarans
8 mn

Officialisée samedi 25 janvier au soir, la rupture de François Hollande avec Valérie Trierweiler met un terme à une séquence inédite sous la Ve République qui a monopolisé l’attention durant quinze jours. Si l’histoire a pris fin, certaines questions restent en suspens. Toutes ne trouvent pas encore de réponse claire.

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Comment s’est organisée la séparation ?

Elle a été compliquée. Si l’on en croit les proches de Valérie Trierweiler qui se sont exprimés dans la presse sous couvert de l'anonymat, la désormais ex-première dame a voulu renouer avec François Hollande, une fois passé le choc violent des photos parues dans le magazine Closer du 10 janvier révélant la liaison du président avec l’actrice Julie Gayet. D’après ces sources, elle aurait dans un premier temps souhaité se trouver à l’Elysée pour la conférence de presse du 14 janvier, puis le 18 janvier lors des vœux du président à Tulle en Corrèze. Cela n’a pas été possible, compte tenu de son état de santé (elle est restée hospitalisée du 10 au 18 janvier). Mais François Hollande semble avoir unilatéralement pris la décision de rompre cette relation qui durait depuis huit ans, comme en atteste le ton de son communiqué de samedi à l’AFP, rédigé à la première personne : « Je fais savoir que j’ai mis fin à la vie commune que je partageais avec Valérie Trierweiler ». La date de l’officialisation de la séparation aurait été scellée entre le président et son ex-compagne lors d’un déjeuner jeudi dernier, la possibilité de publier un communiqué commun ayant toutefois été repoussée par Valérie Trierweiler.

Valérie Trierweiler avec la première damle camerounaise Chantal Biya lors de l'une de ses dernières apparitions officielles à l'Elysée, le 6 décembre 2013.
Valérie Trierweiler avec la première damle camerounaise Chantal Biya lors de l'une de ses dernières apparitions officielles à l'Elysée, le 6 décembre 2013. REUTERS/Alain Jocard/Pool

Quelles ont été les modalités de la rupture ?

Inconnues à ce jour, mais des juristes ont été consultés de part et d’autre. La situation est très délicate pour Valérie Trierweiler, en particulier sur le plan financier puisqu’elle avait abandonné sa collaboration avec la chaîne D8 après l’élection présidentielle de 2012 et qu’elle n’écrivait plus qu’une chronique littéraire hebdomadaire dans Paris Match. N’ayant pour tout patrimoine qu’une maison dans le Val d’Oise en indivision avec son ex-mari Denis Trierweiler, elle subit un préjudice moral et matériel important en étant « congédiée » de son rôle de compagne du chef de l’Etat, un terme cruel qui traduit pourtant la réalité du moment. Obtiendra-telle des compensations ? Légalement, elle n’a droit à rien (elle vivait en union libre avec François Hollande), pas même à une protection (il n’y a pas de statut officiel de première dame). A titre honorifique, l’ex-ministre des Affaires étrangères Roland Dumas a néanmoins souhaité que Valérie Trierweiler conserve son rôle d’ambassadrice de la fondation Danièle Mitterrand en faveur des droits de l’homme. De son côté, Paris Match lui a déjà offert, par la voix de son directeur, Oliver Royan, de faire son retour au sein de la rédaction, à temps plein ou à temps partiel. Nul doute cependant qu’une clause tacite de confidentialité a été passée avec François Hollande pour des raisons évidentes, a fortiori si, comme tout l’indique, celui-ci se présente à sa propre succession en 2017. Dans une situation certes bien différente, Cécilia Attias a attendu octobre 2013 - six ans après sa rupture définitive avec Nicolas Sarkozy - pour publier son livre Une envie de vérité. Reste que les mois qui viennent vont être compliqués pour l’ex-compagne du président, à commencer par la préservation de sa vie privée. Pour l’heure, elle va conserver l’appartement du XVe arrondissement de Paris qu’elle louait avec François Hollande mais dont l’adresse est connue de tous.

Quel est l’impact sur le protocole ?

A priori
nul. Ce n’est pas la première fois qu’un président se retrouve célibataire à l’Elysée mais c’est la première fois dans un tel cas de figure. Lors du quinquennat précédent, Nicolas Sarkozy avait vécu seul à l’Elysée entre sa séparation d’avec sa deuxième épouse Cécilia en septembre 2007 et son mariage avec Carla Bruni le 2 février 2008. Cela n’avait pas entravé le bon fonctionnement de l’Etat. Ce lundi, c’est tout seul que François Hollande se rend en visite officielle en Turquie. Et c’est également tout seul qu’il se rendra en visite d’Etat aux Etats-Unis, le 11 février. La Maison Blanche a d’ailleurs déjà fait savoir que cela ne posait « aucun problème », on voit mal d'ailleurs ce qu’elle aurait pu dire d’autre. La fonction de première dame n’ayant aucun statut officiel en France, certains aimeraient d’ailleurs que cette notion vague et floue disparaisse bel et bien. Ceux-là rappellent qu’Angela Merkel, qui est mariée, voyage seule. Idem pour Abdelaziz Bouteflika (Algérie), Faure Gnassingbé (Togo), Evo Morales (Bolivie) et Benigno Aquino (Philippines), tous chefs d’Etat et célibataires.

Engagée mais discrète, Julie Gayet ne souhaite pas devenir première dame.
Engagée mais discrète, Julie Gayet ne souhaite pas devenir première dame. Reuters

Quid de Julie Gayet ?

Elle ne souhaiterait pas devenir première dame. Depuis la révélation de sa relation avec François Hollande, l’actrice âgée de 41 ans, divorcée et mère de deux garçons, a fait profil bas autant que faire se peut mais c’était mission impossible. On l’a vue en couverture de nombreux magazines « people » mais pas seulement. Elle a même avancé de deux jours sa parution la semaine dernière pour lui consacrer un long portrait, alors que, comble de l’ironie, Paris Match également lui consacrait sa Une. L’actrice et productrice a même suscité une courte polémique lorsque, le 15 janvier, Le Canard enchaîné a révélé qu’elle avait été nommée pour faire partie du jury de la Villa Médicis à Rome, prestigieuse institution chargée de promouvoir la culture française en Italie. Même si ce rôle de juré est ponctuel et non rémunéré, la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, s’est vue contrainte d’opposer un démenti et de nommer une autre personne à sa place, en l’occurrence l’écrivaine Emmanuèle Bernheim. Invité dimanche matin de l’émission « Le Grand Rendez-vous » i-Télé / Le Monde / Europe 1, le ministre du Travail Michel Sapin, très proche de François Hollande, a déclaré : « Dans le monde d'aujourd'hui, dans la France d'aujourd'hui, il n'y a plus de statut de la première dame ». La question du rôle officiel qu’aura Julie Gayet semble donc pour le moment réglée : aucun.

Quelles répercussions sur l’opinion ?

Pour le moment assez mince. Si l’affaire de la liaison et de la rupture a agité tous les médias et captivé, qu’ils l’avouent ou non, la plupart des Français, elle n’a pas eu d’effet immédiat sur l’image du président, laquelle n’est, il est vrai, déjà pas très haute. Tous les sondages parus ces derniers jours indiquent qu’une majorité de Français se montrent sinon indulgents envers le président, du moins soucieux du respect de sa vie privée. Dans Le Journal du Dimanche daté du 12 janvier, 77% des personnes interrogées estimaient que la liaison de François Hollande avec Julie Gayet relevait du domaine de la vie privé. Par ailleurs, un sondage paru dans Le Parisien du 24 janvier indiquait que 54% des Français ne voulaient plus du statut de première dame. Reste à savoir quel effet le déballage récent de la vie privée du président va avoir sur le long terme. En période de campagne électorale, ses adversaires auront beau jeu de rappeler à François Hollande ses propos de candidat : « Moi président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit exemplaire ». L’image d’un chef de l’Etat quittant l’Elysée à scooter et à la dérobée pour se rendre chez sa maîtresse ne correspond pas exactement à cette profession de foi. D’ici à 2017, ils vont être nombreux à le lui rappeler.

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