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Aujourd'hui l'économie, le portrait

Octave Klaba, fondateur d’OVHcloud

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Octave Klaba, fondateur et directeur général du fournisseur français de services Internet OVH est photographié lors de l'inauguration du nouveau campus du groupe, le 15 février 2016 à Roubaix.
Octave Klaba, fondateur et directeur général du fournisseur français de services Internet OVH est photographié lors de l'inauguration du nouveau campus du groupe, le 15 février 2016 à Roubaix. PHILIPPE HUGUEN / AFP

Le portrait économique de la semaine est celui d’Octave Klaba, le fondateur d’OVHcloud. Une entreprise devenue en vingt ans, le leader européen du cloud, l’informatique dématérialisée. OVH joue dans la cour des grands, celle d'Amazon, d'IBM et de Microsoft.

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Comme beaucoup de patrons de la Tech, Octave Klaba à des allures d’adolescent. A 45 ans, ce grand gaillard au visage poupin, à la tête d’un groupe pesant un milliard d’euros, est plutôt décontracté. Il s'est d'ailleurs permis de jouer de la guitarre lors du dernier sommet annuel de son entreprise.

Son modèle : Steve Jobs

Il est cool comme l’était Steve Jobs, le fondateur d’Apple, et l’un de ses modèles. Et ce n’est pas une posture. Aux antipodes du snobisme, il a choisi d’implanter son entreprise à Roubaix, l’une des villes les plus pauvres de France.

Et pas simplement parce que le foncier y est bon marché. « Quelque part, c’était marrant d’imaginer que l’on pouvait faire quelque chose à partir de Roubaix, là où l’on dit ' Il n’y a rien, c’est le désastre '. Et bien non, il y a des bonnes personnes, nous explique t-il. Et aujourd’hui lorsque l’on regarde l’impact que l’on a, cela donne de l’espoir à la ville, cela donne de l’espoir aux gens, et j’aime bien cette typologie de l’impact où l’on est à l’opposé de ce qui se fait. Et puisque l’on fait des choses qu’habituellement les gens ne font pas, on a du succès. »

Une paranoïa revendiquée

L’histoire familiale des Klaba explique les qualités d’Octave. Son sens de la solidarité, d’abord, mais aussi sa paranoïa revendiquée. Car Octave a grandi en Pologne dans une famille surveillée par le régime communiste. Lorsqu’il arrive en France après la chute du mur de Berlin, il possède déjà un sens aigu de la protection de la vie privée, et des données personnelles des utilisateurs.

« Le KGB, les différentes typologies de la persécution, nous les avons vécues de manière assez forte, et donc nous étions très contents de venir en France, et pouvoir se libérer de cette paranoïa dans laquelle on vit chez les communistes. Sur l’internet, si l’on n’est pas paranoïaque, on se fait hacker, on se fait voler des données et donc, tout cela me sert à faire marcher l’entreprise. »

La protection des données personnelles est un souci permanent, c’est aussi devenu un argument commercial, notamment face aux Américains IBM et Microsoft, dont les données sont susceptibles d’être surveillées par les agences de renseignement américaines. Selon Octave Klaba ; l’Europe est donc le continent qui protège le mieux les données personnelles. Mais l’Europe c’est aussi pour Octave Klaba une profession de foi.

« J’ai créé OVH en 1999, dès 2004, j’ai défini que l’on devait être une entreprise européenne, je suis donc parti en Allemagne, en Pologne, j’ai créé une douzaine de filiales en trois ou quatre ans. Et j’ai vécu cette Europe de l’intérieur avec une préoccupation, c’est qu’en fait, il n’y a pas l’Europe mais des populations. Il faut être proche d’elles, il faut travailler avec elle et les comprendre, dans leurs différences mais aussi dans leurs similitudes. Et créer des produits qui leur ressemblent. J’ai l’impression qu’il y a une part qui doit être apporté par les entrepreneurs. Parce que c’est là qu’il y a de l’espoir par rapport à leur boulot, par rapport à l’impact que l’on peut avoir. »

L’histoire d’OVH et d’Octave Klaba, c’est celle d’un hébergeur de site web, devenu en deux décennies un géant du cloud, c’est celle d’une entreprise qui croit de 20 à 30% par an, celle d’une famille aussi, car le père d’Octave Henryk, a inventé pour son fils un système de refroidissement par eau des data center. C’est enfin l’histoire d’un homme qui a conquis l’Europe, l’Amérique et l’Asie et qui regarde désormais vers l’Afrique.

« Faire du business c’est marrant. Faire de l’argent c’est nécessaire. Mais le faire avec des gens c’est mon quotidien et j’ai envie de le continuer aussi longtemps que je peux le faire. »

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