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Aujourd'hui l'économie

Le coronavirus va-t-il entrainer une pénurie de médicaments ?

Audio 04:23
Un chercheur au travail, à la recherche du nouveau type de coronavirus à l'Institut Pasteur, à Paris. Le 28 janvier 2020.
Un chercheur au travail, à la recherche du nouveau type de coronavirus à l'Institut Pasteur, à Paris. Le 28 janvier 2020. Thomas SAMSON / AFP

Avec le coronavirus et ses conséquences sur l'industrie chinoise contrainte de fermer ses usines, les pays occidentaux redécouvrent à quel point ils sont dépendants de la Chine pour leur approvisionnement en médicament. Faut-il craindre une pénurie ?

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Jusqu’à maintenant un seul médicament a été déclaré manquant. La FDA, l’autorité américaine de contrôle du médicament a annoncé jeudi qu’un produit était en rupture de stock à cause du coronavirus qui a contraint les fabricants chinois à fermer leurs usines. En revanche aucun cas n’a été signalé en Europe. Pourtant, l’organisation actuelle des géants européens ou américains de l’industrie pharmaceutique a de quoi inquiéter: d'après un rapport sénatorial sur le marché français, 60% des composants actifs sont fabriqués en Asie, les deux tiers en Chine et un tiers en Inde. La fermeture des usines chinoises a déjà plombé une partie de la chaîne d’approvisionnement : les actions des trois principaux groupes pharmaceutiques chinois sont en forte baisse. Et en Inde où prospèrent les fabricants de génériques, le prix des molécules chinoises qu'ils importent s’envole. + 50% pour les antibiotiques par exemple.

Cela fait plusieurs années que les professionnels de santé dénoncent cette surexposition à la Chine

En Europe cela fait une dizaine d'années qu'on a repéré les tensions grandissantes, en raison du manque du stock pratiqué à grande échelle par les laboratoires. Les experts de l’industrie pharmaceutique, puis les médecins, et enfin les consommateurs ont amplement alerté les pouvoirs publics sur les risques que la mondialisation de l’industrie pharmaceutique fait courir aux patients. Car les ruptures de stock augmentent de façon exponentielle. En France on est passé en dix ans de 40 médicaments répertoriés sous tension en 2008 à 1450 en 2019. Les médicaments les plus courants, les antidouleurs, les vaccins, les antibiotiques et certains traitements contre le cancer sont les plus dépendants des chimistes chinois. Leur prix a fortement baissé parce qu’ils sont produits à faible coût en Asie, en contrepartie leur disponibilité est devenue aléatoire. Le coronavirus amplifie ces tensions, il pourrait même entrainer des pénuries. Non seulement en pilule, mais aussi en équipement, les gants, les masques sont essentiellement fabriqués en Chine. Les décideurs politiques s'en émeuvent. En France comme aux États-Unis les appels à la relocalisation de l’industrie se multiplient. Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, l’a déjà évoqué publiquement à deux reprises.

Est-ce envisageable à moyen terme ?

Sanofi a annoncé la semaine dernière son projet de regrouper la fabrication des molécules sur un site commun ouvert à tous les acteurs. Mais on voit mal l’État imposer une relocalisation massive au secteur privé. Cette option se heurte aussi à l’hostilité grandissante de l’opinion publique envers l’industrie chimique : c’est aussi pour contourner les freins administratifs et l'opposition des citoyens à la construction de nouvelles usines très polluantes que les industriels ont délocalisé. En revanche l’État peut imposer aux industriels la constitution de stocks de sécurité de plusieurs mois. Des décrets en ce sens sont en préparation en France, ils devraient être publiés en juin. D’ici là les industriels restent confiants sur la disponibilité de leurs médicaments. Les réserves des pays européens ont été bien garnies pour parer au Brexit. Il y a donc trois à six mois de tranquillité, au-delà, tout dépendra de la propagation de la pandémie.

En bref,

L'activité des usines chinoises est tombée en février à son plus bas niveau historique

Le PMI de l'institut indépendant Markit, l'indice qui traque les commandes des usines chinoises, est passé de plus de 51 en janvier à 40,3 en février, son plus faible étiage depuis la mise en place de ce suivi en 2004. Un PMI inférieur à 50, cela signifie que l'activité se contracte. Ces mauvais chiffres corroborent ceux des autorités chinoises, encore plus catastrophiques publiés samedi. La chute de l'activité manufacturière chinoise est bien plus forte qu'en 2008, au moment de la crise financière.

Face au coronavirus la banque centrale du Japon est prête à enclencher un nouveau plan de soutien à l'économie

C'est ce qu'elle indique aujourd'hui dans un communiqué, une publication assez rare de la part de cette banque centrale. Son impact a été immédiat sur les marchés asiatiques. La bourse nippone, comme les bourses chinoises ont rebondi ce matin. Tokyo a terminé sur une hausse de 0,95%.

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