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Revue de presse Afrique

À la Une: Faure Gnassingbé officiellement réélu

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Le président togolais Faure Gnassingbé -alors candidat à sa réélection- lors d'une visite dans le village de Namoundjoga, le 17 février 2020.
Le président togolais Faure Gnassingbé -alors candidat à sa réélection- lors d'une visite dans le village de Namoundjoga, le 17 février 2020. PIUS UTOMI EKPEI / AFP

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« C’est le contraire qui en aurait étonné plus d’un, s’exclame le site d’information Ici Lomé. Il n’y a donc pas de surprise. La Cour constitutionnelle a entériné les résultats provisoires proclamés par la Commission électorale nationale indépendante. Après avoir jugé irrecevables les recours introduits par Agbéyomé Kodjo qui, selon certains, serait le vrai gagnant de l’élection présidentielle du 22 février dernier, la Cour constitutionnelle donc a confirmé Faure Gnassingbé vainqueur de cette élection, à quelques différences près au niveau des chiffres. Ainsi, au lieu de 72,36%, la haute juridiction a ramené le score de Faure Gnassingbé à 70,78%. Agbéyomé Kodjo, lui, récolte finalement 19,46% des suffrages. Le président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), Jean-Pierre Fabre s’en sort avec 4,68%. »

Score à la soviétique

Le quotidien d’opposition Liberté s’insurge : « les spécialistes de la fraude n’ont pas fait dans la dentelle. La présidentielle de cette année marquera négativement l’histoire du Togo comme la plus frauduleuse depuis l’avènement du processus démocratique. Les bourrages d’urnes sont si grossiers et aberrants, surtout dans la partie septentrionale du pays, que la plupart des bureaux de vote ont affiché des taux au-delà de 100%, c’est-à-dire qu’il y avait plus d’électeurs que d’inscrits. On peut aisément comprendre qu’au finish, Faure Gnassingbé puisse sortir 'grand vainqueur' de ce scrutin avec un score à la soviétique de 72,36%. (…) 'Ce qui compte ce n’est pas le vote, c’est comment on compte les votes', disait Staline, rapporte Liberté. Faure Gnassingbé et ses apôtres du coup K.O. se sont approprié cette philosophie. »

En tout cas, relève Ledjely en Guinée, « à priori, c’est donc la fin de l’épisode des présidentielles togolaises de cette année. Car les résultats de la Cour constitutionnelle ne sont pas susceptibles de recours. Faure Gnassingbé rempile donc pour son quatrième mandat, à la tête du pays. »

Un pavé dans… le bénitier

« Confirmation de la victoire contestée de Faure Gnassingbé », titre malicieusement Le Pays à Ouagadougou. « Pas plus tard qu’avant-hier, rappelle le journal, la Conférence des Evêques du Togo jetait un pavé dans… le bénitier. En effet, les prélats exhortaient 'les différents protagonistes à œuvrer pacifiquement au rétablissement de la vérité des urnes'. Et ce n’est pas tout. Car, tout en notant que le scrutin s’était déroulé dans un climat relativement apaisé, la Conférence des Evêques affirmait qu’elle 'ne pouvait pas en dire autant, la main sur la conscience, en ce qui concerne la transparence et l’équité' du scrutin. Même s’il est vrai que cette sortie des Hommes de Dieu ressemble à de l’eau versée sur les plumes d’un canard, dans la mesure où Faure a déjà empoigné sa chose, elle peut cependant apporter du réconfort moral au candidat déclaré perdant, estime Le Pays, qui n’a d’ailleurs de cesse de ruer dans les brancards. Le chien aboie, la caravane passe, peut-on dire. »

Et Le Pays de conclure : « avec ce message au vitriol de la Conférence épiscopale, on en vient à douter du résultat des observateurs de la CEDEAO et de l’Union africaine qui, 48 heures seulement après le scrutin, donnaient un blanc-seing à tout le processus électoral et ce, au moment même où s’élevaient des voix au sein de l’opposition et la de société civile pour dénoncer des irrégularités. Quel crédit accorder à ces observateurs, pour la plupart étrangers, qui ont de gros yeux mais qui ne voient rien ? »

Faure ne dormira pas sur ses lauriers…

Du coup, l’opposition togolaise entend jouer son rôle pleinement… « C’est une certitude, pointe WakatSéra au Burkina, l’opposition, dont certains leaders et militants continuent (donc) de réclamer la victoire, ne laissera pas le président togolais dormir sur ses lauriers qu’il a défendus durant une campagne électorale tout autant apaisée que le vote lui-même. Certes, le Togo est loin de pouvoir se targuer d’être une démocratie aboutie, mais il vient de montrer, pour l’instant en tout cas, que le pays pouvait connaître une élection sans ces violences auxquelles il avait habitué l’opinion internationale. Tout est accompli, pourrait-on dire, avec l’espoir que dans un élan individuel et collectif pour la cohésion nationale et la paix, les Togolais, du pouvoir comme de l’opposition et de la société civile, prennent en main leur destinée pour un développement inclusif. Nul ne viendra pour leur apporter sur un plateau d’or le bien-être social. »

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