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Chronique des matières premières

Le coronavirus met à genoux le marché de la reine des fleurs

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Les employés de la ferme Maridaidi à Naivasha au Kenya préparent les roses destinées à l’exportation en Europe. Le Kenya est le principal fournisseur de fleurs coupées au marché de l’Union européenne, avec 18% des exportations vendues au Royaume-Uni.
Les employés de la ferme Maridaidi à Naivasha au Kenya préparent les roses destinées à l’exportation en Europe. Le Kenya est le principal fournisseur de fleurs coupées au marché de l’Union européenne, avec 18% des exportations vendues au Royaume-Uni. AFP/Simon Maina

À l’heure du confinement dans la plupart des pays touchés par le coronavirus, il y a peu d’occasions pour offrir des fleurs. Et l’interdiction des événements sociaux comme les mariages et les funérailles a contribué encore à la chute de la demande. L’horticulture est donc touchée de plein fouet, à commencer par la reine des fleurs.

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Les exportations de roses du Kenya et de l’Éthiopie vers l’Europe se sont effondrées. C’est tout un secteur économique important qui est menacé aussi bien au Kenya qu’en Ethiopie, respectivement premier et deuxième producteur africains de roses. En 2018, l’horticulture a rapporté au Kenya un milliard 300 millions d’euros, se hissant ainsi sur la troisième marche du podium des secteurs pourvoyeurs de devises après le thé et le tourisme. Depuis 20 ans, l’Éthiopie s’est également lancée dans la production des roses et comptait ravir cette année la première place continentale au Kenya.

Des roses exclusivement destinées au marché du Nord

En Europe, une première centralisation se fait sur le marché d’Amsterdam au Pays-Bas, où se trouve la bourse des fleurs. Une fois en Hollande, les roses du Kenya et de l’Éthiopie sont mises aux enchères, avant d’être acheminées chez les revendeurs européens. Ces dernières années, d’autres marchés importants se sont tournés vers l’Éthiopie et le Kenya : des roses sont acheminées chaque jour par avion d’Addis-Abeba vers la Russie et de Nairobi vers les États-Unis.

Si les échanges au niveau local se poursuivent un peu partout – à un rythme très ralenti – pour les autres produits périssables de l’horticulture, comme les salades et certains autres légumes, les restrictions du trafic aérien et l’effondrement du marché européen font que 70% des roses produites au Kenya ne trouvent plus d’acheteurs. Certaines grandes exploitations poursuivent pourtant leur production, à l’image de cette ferme horticole de la région du lac Nakuru dans le centre du Kenya ; mais les roses y sont coupées pour être immédiatement jetées dans une décharge improvisée.

Un euro pièce

Une autre ferme kenyane, qui vend 60% de sa production au Moyen-Orient reçoit encore quelques commandes, mais elle ne trouve pas d'avion pour acheminer ses roses. Tout un secteur est en passe de s’effondrer, selon le directeur du Conseil kényan des fleurs, qui chapeaute la filière. Les 170 fermes horticoles du pays manquent déjà cruellement de liquidités et elles enregistrent chaque jour une perte cumulée d’environ 2,1 millions d'euros. Déjà très faiblement rémunérées, plusieurs dizaines de milliers de personnes qui travaillent dans ces fermes horticoles risquent de se retrouver bientôt sans aucun revenu.

En Europe et dans les autres pays du Nord, la rose du Kenya ou celle de l’Éthiopie est souvent vendue environ 1 euro pièce au supermarché, alors que le coût de revient de la fleur coupée à la sortie de la plantation oscille entre 4 et 8 centimes d’euros seulement.

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