Accéder au contenu principal
Invité Afrique

Transferts d’argent Nord-Sud: Sira Sylla, députée macroniste demande une défiscalisation

Audio 06:44
Sira Sylla, députée La République en Marche de Seine-Maritime et présidente à l'Assemblée du Groupe d'amitié France-Rwanda-Burundi.
Sira Sylla, députée La République en Marche de Seine-Maritime et présidente à l'Assemblée du Groupe d'amitié France-Rwanda-Burundi. © RFI

Les transferts d'argent Nord-Sud représentent trois fois le montant de l'Aide publique au développement (APD). Le problème est que, depuis le début de l'épidémie du Covid-19, les diasporas africaines gagnent moins d'argent et en envoient donc moins à leurs familles restées au pays. En France, la députée macroniste Sira Sylla a écrit au ministre de l'Economie pour qu'il défiscalise ces transferts d'argent. Comment réagit Bruno Le Maire ? Sira Sylla, qui préside aussi à l'Assemblée le Groupe d'amitié France-Rwanda-Burundi, répond aux questions de RFI.

Publicité

RFI : Sira Sylla, est-ce que les transferts d’argent Nord-Sud ont été vraiment impactés par l’épidémie du Covid-19 ?

Sira Sylla : Je pense que oui. D’ailleurs, la Banque mondiale a fait une prévision selon laquelle les transferts d’argent diminueraient de 20 %. J’ai beaucoup de famille en Afrique, et mon père notamment, qui est à la retraite. Je vais employer un mot qui va choquer, mais certains crèvent de faim.

Votre père est au Sénégal…

Tout à fait. Ces transferts d’argent servent à quoi ? Il ne faut pas oublier que non seulement ils servent à aider les proches restés au pays pour une consommation directe. Mais aussi, les fonds de la diaspora servent comme outil à l’aide au développement et donc c’est une aide concrète, réaliste. On sait où va l’argent.

Il y a un mois, Sira Sylla, avec plusieurs autres députés français, vous avez écrit au ministre français de l’Économie, Bruno Le Maire, pour lui demander de défiscaliser ces transferts d’argent. C’est vrai, quand on envoie de l’argent de la France vers la Côte d’Ivoire, par exemple, on doit payer en plus une commission qui est de l’ordre de 8 à 10 % de la somme envoyée. Qu’est-ce que vous proposez, concrètement ?

Concrètement, c’est que l’on puisse déduire du revenu brut global le montant correspondant aux commissions.

C’est-à-dire que, quand je remplis ma déclaration de revenus, je signale au percepteur que j’ai payé telle somme en commission ?

Voilà… Et garder les justificatifs.

Ce qui permettrait d’être défiscalisé ensuite ?

Voilà, exactement. Lorsque le président de la République affirme, depuis Ouagadougou, [le discours de Ouagadougou de novembre 2017], qu’il faut une relation renouvelée avec l’Afrique, qu’il faut une relation d’égal à égal et qu’il met les diasporas africaines en avant-garde de cette nouvelle relation, je pense que là, pour les diasporas africaines, c’est une mesure concrète, directe. Une mesure de reconnaissance, aussi.

Cette lettre, vous l’avez envoyée il y a un mois. Qu’est-ce que le ministre Le Maire vous a répondu ?

J’ai eu deux rendez-vous téléphoniques avec son cabinet et pour la prochaine étape, je vais avoir un rendez-vous avec la Direction du Trésor. J’espère que l’on va aboutir.

Cette mesure de défiscalisation, vous la voulez pérenne ou temporaire ?

Non, je pense que là, il faut une réponse dans l’urgence, face à l’épidémie du Covid-19. Donc il faut une mesure d’urgence sur un temps de quelques mois. Mais après, la question des commissions appliquées sur les transferts d’argent est très importante, cruciale, et donc il faut ensuite un dispositif à long terme.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.