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Afrique économie

L'appel des anciens vice-présidents de la BAD à maintenir l'unité

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Le siège de la Banque africaine de développement à Abidjan.
Le siège de la Banque africaine de développement à Abidjan. Reuters

Afrique économie revient aujourd’hui sur la crise que traverse la Banque africaine de développement, la BAD. Cinq anciens vice-présidents de la BAD publient un appel à « préserver le consensus et la cohésion » de l’institution panafricaine.

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Elle est secouée depuis des mois par des révélations accusant l’actuel président de la BAD, le Nigérian Akinwumi Adesina, de favoritisme et de partialité dans l’attribution de contrats. Pour ces anciens vice-présidents, seule une enquête indépendante permettra de préserver la réputation de la BAD et donc son avenir.

Pendant la tempête, les appels ressemblent souvent à des SOS. Ousmane Kane, Birama Sidibé, Mandla Gantsho, Thomas Sakala et Bedoumra Kordjé, tous anciens vice-présidents de l’institution panafricaine, appellent à faire toute la lumière sur les accusations qui touchent Akinwumi Adesina, le président de la BAD. Bedoumra Kordjé : « Ce que nous attendons, c’est simplement une exigence incontournable de transparence et de redevabilité. Exigences qui ne peuvent être ignorées. La Banque devra être une institution exemplaire. »

Accusé par des lanceurs d’alerte interne à la Banque de prévarication et de favoritisme, le président Adesina croyait être sorti d’affaire lorsque le comité d’éthique l’a blanchi. Mais les lanceurs d’alerte relayés ensuite par certains actionnaires de la BAD ont récusé le travail du comité d‘éthique. Le conseil des gouverneurs a donc décidé de nommer un enquêteur indépendant pour examiner le travail du comité d’éthique. Mais Bedoumra Kordjé estime que cet enquêteur devra aussi regarder de près les accusations des lanceurs d’alerte. « La personne sait que le monde entier la regarde et qu’elle doit faire un travail professionnel pour produire des résultats indiscutables et acceptés par tous. » 

Pour les cinq anciens vice-présidents, l’essentiel est de maintenir le consensus et la confiance au sein du groupe des états actionnaires de la BAD, que ce soit les 54 pays africains ou les 27 pays non africains. « S’il y a un risque très important, c’est le risque de désaccord entre les actionnaires de la BAD. Et ça, c’est très mauvais pour la confiance des marchés financiers. Un autre risque, c’est que la BAD, aujourd’hui, fait des appels de fonds pour l’augmentation de son capital, et tous ces appels de fonds peuvent être affectés en cas de désaccords ou de mécontentement des actionnaires. »

Pour l’heure, il n’y a pas péril en la demeure. L’agence Standard and Poor’s a maintenu la notation triple A de la BAD, ce qui signifie une confiance absolue des marches financiers. Bedoumra Kordjé. « Mais il faut bien noter que dans les arguments avancés par Standard and Poor’s, il est mentionné très clairement le fort soutien des actionnaires. Donc c’est un critère extrêmement important dans cette notation. Donc, s’il n’y a pas accord entre les actionnaires, cela va affecter la notation. D’où notre appel à ce consensus. »

Sortir de cette crise par le haut, c’est le vœu des anciens vice-présidents. Reste que l’affaire Adesina laissera des traces. Alors que son mandat doit être renouvelé en aout prochain, le Nigérian risque d’en sortir considérablement affaibli. 

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