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Invité Afrique

J-P Fabre: «Les conditions de transparence et d’équité ne sont pas encore réunies»

Audio 04:50
Le leader de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), Jean-Pierre Fabre est candidat à la prochaine présidentielle du 22 février 2020.
Le leader de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), Jean-Pierre Fabre est candidat à la prochaine présidentielle du 22 février 2020. AFP PHOTO / EMILE KOUTON

Ils seront sept à se disputer les suffrages des électeurs lors de la présidentielle togolaise du 22 février. RFI donne la parole à chacun d'entre eux avant le début, ce jeudi 6 février, de la campagne électorale. Ce matin, nous recevons l'opposant Jean-Pierre Fabre, président de l'Alliance nationale pour le Changement. En 2015, il avait été le principal challenger de Faure Gnassingbé avec 35% des suffrages.

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RFI : Il y a six mois, vous réclamiez des discussions avec le pouvoir sur la transparence du scrutin à venir. Ces discussions n’ont pas pu avoir lieu. Pensez-vous que les élections du 22 février seront, du coup, libres et transparentes ?

Jean-Pierre Fabre : Pour le moment, non. Les conditions de transparence et d’équité ne sont pas remplies et nous y travaillons. Nous rencontrons des partenaires du Togo pour les informer de la situation. Il y a la question du fichier électoral, la question de notre participation à la Céni, des inégalités de la Cour constitutionnelle, etc. Nous travaillons sur toutes ces questions.

Sur toutes ces questions, vous pensez que des choses peuvent encore être mises en place avant l’élection ?

Des choses doivent être mises en place avant l’élection. Ce que nous demandons, ce n’est pas la mer à boire. Par exemple, nous demandons la publication des résultats bureau de vote par bureau de vote et l’authentification du bulletin de vote. C’est dans l’intérêt de tous les candidats, y compris le candidat du parti au pouvoir.

Le Conseil épiscopal Justice et Paix de l’Église catholique s’est vu empêché d’observer le scrutin. Cela vous inquiète-t-il ?

Bien sûr. Ce sont des observateurs neutres, sérieux, qui peuvent se déployer sur toute l’étendue du territoire national, et qui peuvent, surtout, détenir les procès-verbaux des dépouillements. Comme nous avons souvent des falsifications entre le bureau de vote et la Céni, il est inquiétant que ces observateurs du Conseil épiscopal soient refusés.

Si rien n’est fait pour modifier l’organisation du scrutin à venir, vous avez donc le sentiment que l’on se dirige vers une élection qui ne sera ni libre, ni transparente ?

Nous ferons tout pour que le minimum soit obtenu.

Vous avez eu l’occasion de vous concerter avec trois autres candidats : Aimé Gogué, Tchassona Traoré et Komi Wolou. Quelle sera votre stratégie commune pour obtenir cette transparence du scrutin ?

D’autres, également, étaient invités à la réunion et n’étaient pas là. Il s’agissait essentiellement de faire en sorte que la solidarité prévale dans les bureaux de vote entre les représentants des candidats de l’opposition.

Vous disiez que d’autres candidats avaient été invités mais ne sont pas venus à cette réunion de concertation ?

Oui. Ce n’est pas à moi de dire qui fait ou qui ne fait pas. Mais c’est une réunion à laquelle les six candidats de l’opposition ont été invités.

Quelles sont, justement, vos relations avec un autre candidat, Agbéyomé Kodjo ?

Comme je l’ai dit toujours, ce sont des relations normales avec toute personne qui se dit de l’opposition. Donc, si monsieur Agbéyomé Kodjo est réellement de l’opposition, j’ai des relations normales avec lui.

Avez-vous des doutes sur le sujet ?

Non. Mais par exemple, l’opposition a décidé de ne pas aller aux élections législatives, mais lui, il y est allé. Ce sont des positionnements qui peuvent interroger.

Avez-vous le sentiment qu’il s’est suffisamment démarqué du camp présidentiel dont il est issu ?

Moi, j’aurais préféré ne pas avoir à parler de ces choses. Je m’occupe du candidat Faure Gnassingbé. Tout, à mon sens, est candidat illégalement. Vous savez que j’ai introduit à la Cour constitutionnelle une requête en invalidation de sa candidature et que la Cour constitutionnelle a rejeté ma requête mais de manière fantaisiste.

Avez-vous l’intention de poursuivre cette bataille juridique ?

Évidemment ! Mais c’est ce que nous faisons ! Nous introduisons auprès de la Cour de justice de la Cédéao [Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest] cette requête et nous verrons. Nous attaquerons devant d’autres juridictions.

Vous disiez tout à l’heure que vous souhaitiez concentrer vos efforts sur le candidat Faure Gnassingbé. Quel bilan faites-vous de ses quinze ans de pouvoir ?

Bilan très négatif. En matière d’état de droit, le Togo a régressé, même par rapport à la situation qui prévalait avant la prise de fonction de monsieur Faure Gnassingbé. De toute façon, il est entré en fonction par un coup d’État. Maintenant, en matière économique, c’est pire. Il y a une opacité totale. L’affairisme s’est installé au sommet de l’État. Quand il est arrivé au pouvoir, il a dit qu’une « minorité s’accapare des richesses du pays ». Eh bien, je peux vous dire que la minorité a légèrement pris du poids !

Quelle doit être, justement, la priorité du prochain président ? Quelle sera, d’ailleurs, la vôtre, si vous êtes élu ?

C’est très simple pour moi. Vous avez l’axe : instauration de l’État de droit. Il faut des institutions sérieuses, devant lesquelles tous les Togolais sont égaux. Aujourd’hui, le Togo est connu comme un État corrompu. Il faut travailler à ce que l’institution judiciaire fonctionne. Ensuite, il y a, maintenant, la gestion rigoureuse des finances publiques. On ne privatise pas pour privatiser, pour devenir propriétaire des entreprises que l’on privatise. C’est le cas au Togo. Tout cela, ce sont les priorités  et le social qui en découlent.

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