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Chronique des matières premières

Huile d'olive des Pouilles: une IGP pour un secteur en crise

Audio 02:15
Une branche d'olivier de la région des Pouilles, en Italie.
Une branche d'olivier de la région des Pouilles, en Italie. RFI/Patricia Blettery

L'huile d'olive extravierge des Pouilles va avoir droit à son IGP, Indication géographique protégée. De quoi favoriser un secteur en crise dans la région italienne qui produit 60 % de l'huile extravierge du pays.

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Il existe déjà de nombreuses appellations d’origine protégée. Mais aux yeux de Maria Lisa Clodoveo, professeur de sciences de l’alimentation à l’Université de Bari, l’Indication géographique protégée, dont bénéficieront entre autres deux variétés résistantes à la Xylella, la « bactérie tueuse d’oliviers », présente un gros avantage. « La marque des Pouilles est plus reconnaissable. Parce que je pense qu’en Chine si on leur parle de l’appellation “Terre d’Otrante”, ils n’auront aucune idée de là où cela se trouve sur une carte. Les Pouilles en revanche sont faciles à situer grâce au tourisme », explique-t-elle.

Or, la production, celle du moins qui n’a pas parié sur l’huile d’exception, est en difficulté. Dans la région, le kilo est parfois parfois côté en dessous de 3 euros, alors même que la récolte est de bonne qualité cette année. Un prix intenable pour les producteurs. « L’Italie et les Pouilles en particulier ont un territoire varié et des milliers de petits propriétaires. Donc il n’est pas possible de faire des économies d’échelle en mécanisant entièrement la culture », constate Maria Lisa.

Une hausse des prix des huiles IGP ?

Les Pouilles qui étaient, explique Raffaelle Sacchi, professeur en technologie de l’alimentation à Naples, le réservoir des grandes entreprises italiennes de mise en bouteille, ont perdu du terrain dans la grande distribution en raison des prix et de la concurrence étrangère. « Une coopérative qui vendait toute son huile en citerne a dû, d’une année à l’autre, se construire un marché, un emballage, une marque. Voilà ce qui s’est passé les dernières années », dit Raffaelle Sacchi.

Donato Conserva, responsable de la marque Olio Mimi, mettra en bouteille de l’huile IGP à partir de la prochaine récolte. « Je suis convaincu que l’IGP sera bien côté et que les producteurs pourront proposer des prix bien plus élevés, car il y aura des contrôles », assure-t-il. Au contraire, Maria Lisa Clodoveo ne pense pas que la hausse des prix sera automatique. « Si les consommateurs comprennent qu’ils achètent un produit bon pour la santé et pas un simple condiment, cela fonctionnera. Mais ce genre de communication doit forcément être institutionnelle », 

Raffaelle Sacchi va plus loin et envisage de demander des aides fiscales pour les entreprises qui vendent une huile de qualité, au nom de leurs bienfaits pour la santé.

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