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Le goût du monde

Ndèye Aïssatou Mbaye, conteuse de goûts et d’histoire culinaire ouest-africaine

Audio 48:30
Ndeye Aïssatou Mbaye et son pilon.
Ndeye Aïssatou Mbaye et son pilon. @ Aistoucuisine

Le conte, la tradition et les histoires, la Sénégalaise Ndèye Aïssatou Mbaye les porte en elle et dans son nom de famille. Les histoires sont celles des saveurs d’Afrique, des produits, des plats. Un patrimoine qu’elle partage, transmet et donc préserve sur les réseaux sociaux, son blog, avec une énergie sans faille.

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Sa voix est douce, mais forte et porte loin. De ces voix qu’il suffit d’entendre pour comprendre : le sourire est là, l’attention, la bienveillance, la détermination surtout. Deux expériences bien différentes ont fait de la jeune femme, la bloggeuse, écrivain qu’elle est aujourd’hui. Des plats offerts pour une fin de stage... thiakry et pastels, et des invités ne goûtant que ce qu’ils pensent reconnaître, et boudant le reste. Et puis un livre, une étude publiée en 1998 « Consommer local tous les jours », assortie de recettes de femmes sénégalaises qui assurent la transformation des produits locaux : une révélation pour Aïssatou Mbaye, une prise de conscience, une confirmation : « On a tout en Afrique, tout ici, localement ! Des farines de niebe, de mil, des trésors que l’on ignore ! Pourquoi n’est-on pas au courant ? Pourquoi cette perte ? Est-ce parce que nous n’avons pas assez transcrit ces histoires, pas assez parlé de ces aliments ? Le sorgho, par exemple, ma mère ne m’avait jamais dit qu’on pouvait le faire éclater comme du maïs. Elle le savait, mais n’aurait jamais pensé à me le dire si je ne lui avais pas posé la question : cette transmission-là, ce savoir, c’est à cela que je m’emploie » Elle s’y emploie bien : son blog Aïstou cuisine est vivant, moderne, multigénérationnel, sur instagram sur compte dépasse les 20 000 abonnés, et les 50 000 abonnés sur Facebook.

Sauce aux oignons.
Sauce aux oignons. @ Aïstoucuisine

Être fier de ses racines
Faire découvrir, partager, valoriser les produits africains, le patrimoine culinaire dans sa diversité : on ne peut pas résumer la gastronomie africaine au mafe ou au yassa, elle est tellement riche, par ses produits, ses traditions, ses secrets ! L’urbanisation a changé nos façons de vivre, en éloignant les cuisines des champs, beaucoup de connaissances se sont perdues en chemin, le temps de la transmission, avec elles. Et quand les anciens ne seront plus là pour nous conter ces traditions et ces richesses ?  Aïssatou se lance et publie, à compte d’auteurs et après une campagne de financement participatif réussie, son premier livre « Saveurs subsahariennes, trésors et recettes d’Afrique de l’Ouest », primé cette année dans la catégorie des premiers livres par le World Gourmand Awards, un prix international de livres de cuisine.

Couverture du livre "Saveurs subsahariennes, trésors et recettes d’Afrique de l’Ouest". Photographies de Nathalie Merlet.
Couverture du livre "Saveurs subsahariennes, trésors et recettes d’Afrique de l’Ouest". Photographies de Nathalie Merlet.

Révolutionnaire
Lorsque le Sénégal gagne, en 2019, le championnat du monde du couscous, l’Afrique du Nord s’etouffe et Aïssatou s’insurge sur son blog : faut-il avoir la mémoire courte pour avoir déjà oublié le couscous sénégalais ! Couscous du Sahel, à la semoule de mil ? Quand Dakar s’affole se voyant privée de pain au début du confinement pour empêcher la propagation du virus, elle répond tout en finesse et en sourire en rappelant sur son blog et avec force recettes, qu’il n’y a pas si longtemps, le mil était roi du petit déjeuner partagé en famille ! Elle s’engage, met en lumière le travail des femmes qui produisent et transforment le Fonio : super aliment s’il en est, bon pour la terre, le corps, bon au goût tout simplement ! Ndeye Aïssatou Mbaye ne se fait jamais donneuse de leçon, elle donne à voir autrement, intelligemment, assume totalement sa gourmandise, son goût pour les fritures et les beignets, largement partagé internationalement d’ailleurs !  Elle assume et transmet, l’air de rien, nous souffle simplement que  « La cuisine est le reflet de la société qui la porte. Elle résiste parfois, se mélange souvent et se réinvente pour demeurer dans le temps. »

Pour suivre Aïssatou 
 Sur facebook
Sur Instagram

Son livre : Ndèye Aïssatou Mbaye : Saveurs subsahariennes, trésors et recettes d’Afrique de l’ouest. Photographies de Nathalie Merlet.

Pour aller plus loin
Yolélé, recettes du Sénégal, de Pierre Thiam
Fonio, de Pierre Thiam
Goûts d’Afrique, d’Anto Cocagne et Aline Princet, éditions Mango
Mon imprécis de cuisine, de Nathalie Ngoum
Cuisine actuelle de l’Afrique noire, d'Alexandre bella Ola et Joëlle Cuvilliez, éditions First
Les gourmand Awards

Programmation musicale
Tajabone, de Ismaël Lo
Gombo sauce, de Manu Dibango.


RECETTES :

Cake Dougoup (de mil)

Cake Dougoup.
Cake Dougoup. @ Aistoucuisine

Ingrédients
200 g de farine de mil / 250 g de beurre mou/ 2 bananes mûres/ 250 g de sucre semoule /6 œufs / 5 cl de lait / 1 sachet de levure/ 2 pincées de muscade

Préparation
1. Préchauffez votre four à 200°C.

2. Mélangez le beurre avec le sucre et travaillez l’ensemble au fouet jusqu’à obtenir une crème onctueuse.

3. Ajoutez les deux bananes mûres puis écrasez-les à l’aide d’une fourchette.

4. Ajoutez progressivement les œufs légèrement battus pour éviter à la pâte de grainer, en mélangeant doucement.

5. Ajoutez doucement la farine de mil tamisée avec la levure chimique. Incorporez le lait. Mélangez bien le tout.

6. Versez la pâte dans un moule beurré et fariné jusqu’au deux tiers de sa hauteur.

7. Enfournez à 160°C pendant 45 min (th 5-6).

8. Lorsque le cake est suffisamment coloré, piquez-le au centre à l’aide d’un couteau pointu: si la lame ressort propre et sèche, le cake est cuit; sinon, prolongez la cuisson de quelques minutes.

9. Démoulez le gâteau. Laissez refroidir.


La soupe de veau de ma grand-mère

Soupe de ma grand-mère.
Soupe de ma grand-mère. @ Aistoucuisine

 

Ingrédients
750 g à 1 kg de veau (avec ou sans os) / 1 gros oignon / 1 poireau /2 carottes /1 navet / 3 pommes de terre / 1 feuille de laurier / Une poignée de coriandre / 5 gousses d’ail / une moitié de poivron, sel, poivre.

Préparation
1. Lavez votre viande et coupez-la en cubes de taille moyenne.

2. À l'aide d'un mixeur/pilon, mixez/pilez l'ail, oignon (épluché et coupé préalablement), le poivron et la coriandre.

3. Lavez les poireaux et coupez-les. Épluchez les carottes, les pommes de terre et le navet. Taillez les carottes et le navet en rondelles et coupez les pommes de terre en 4. Réservez les légumes coupés dans un récipient rempli d'eau pour éviter l'oxydation.

4. Dans une marmite au feu, mettez de l’eau (environ 2 l) et les morceaux de viande, puis salez.

5. Laissez cuire à feu moyen pendant 1h.

6. Après 1 h de cuisson, ajoutez le mélange à base d’oignon, les légumes ainsi qu'une feuille de laurier.

7. Assaisonnez avec du poivre. Rectifiez le sel.

8. Après quelques minutes de cuisson à feu vif, diminuez, couvrez et laissez frémir à feu très doux pendant 1 h 30 voire 2 heures.

9. Servez chaud avec du pain.

Astuce :
L'astuce de ma grand-mère pour avoir une soupe onctueuse est d'écraser quelques pommes de terre à l'aide d'une louche avant de servir.

 

 

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