Bonjour l'Europe

Pourquoi le Royaume-Uni renationalise ses chemins de fer ?

Audio 03:28
Les lignes de la Virgin Trains East Coast desservaient l'est du Royaume-Uni au départ de la gare de Kings Cross à Londres.
Les lignes de la Virgin Trains East Coast desservaient l'est du Royaume-Uni au départ de la gare de Kings Cross à Londres. Daniel LEAL-OLIVAS / AFP

Ce dimanche 1er avril entre en vigueur la nationalisation partielle des chemins de fer en Grande-Bretagne. C’est la deuxième fois en deux ans que le gouvernement prend une telle décision, cette fois-ci cela concerne le réseau dans le Nord de l’Angleterre.

Publicité

de notre correspondante à Londres, Elodie Goulesque

Cette nationalisation s'explique parce que les compagnies privées comme Virgin train East Coast nationalisée en 2018 ou Northern qui devient publique aujourd’hui ne parviennent pas à assurer un service suffisamment bon. Retards, annulations ou problèmes d’infrastructures, le réseau ferroviaire britannique est souvent critiqué au Royaume-Uni. Il y a même un site internet qui permet de savoir quel est le pourcentage de chance pour un retard de votre train. Le calcul est basé sur des données recueillies entre janvier 2019 et janvier 2020 de plus de 2 500 gares à travers le pays. Par exemple si vous prenez un train à Manchester et il y a 50, 6 % de chance pour que vous ayez du retard. Autre explication, le coût des billets trop élevés selon les usagers. D’après un sondage de l’institut Yougov, 56% des Britanniques se disent en faveur d’une nationalisation.

Les chemins de fer ont toujours été privés au Royaume-Uni ?

Dans les années 1990, le gouvernement de John Major décida de privatiser le réseau ferroviaire. L’idée à l’époque était d’apporter une meilleure qualité de service à cause de la concurrence. Auparavant, de 1948 à 1997, c’était une seule et même entité qui gérait tout le réseau ferroviaire, la British Rail et c’est notamment à cette époque que le train à vapeur a été remplacé par des trains roulant au diesel ou à l’électrique. Mais après 1997, année de la privatisation, l’ensemble du réseau a été dispatché et il y a maintenant 27 compagnies différentes qui se partagent le réseau ferroviaire britannique et c’est bien là le problème. Le réseau est segmenté, géré et entretenu par toutes ces différentes entreprises avec une vision individuelle plutôt que globale du réseau.

Deux parties du réseau ont déjà été nationalisées en deux ans. Le gouvernement de Boris Johnson a-t-il prévu de continuer et nationaliser à nouveau l’intégralité des chemins de fer ?

Comme en France, le sujet des transports et notamment des trains est très pris à cœur par les Britanniques, qui en font un sujet très politique. C’était d’ailleurs une idée au cœur du programme du parti travailliste de Jeremy Corbyn et Boris Johnson reprend l’idée à sa façon.

Le Premier Ministre souhaite mettre en place une réforme afin de créer une seule et unique entité pour gérer le réseau. Si son nom n’est pas encore connu, l’idée serait en fait que les opérateurs ne reçoivent de bénéfices sur leurs ventes uniquement s’ils peuvent garantir certains critères de satisfaction en terme de ponctualité et de service client. A l’heure actuelle, les bénéfices rentrent quelle que soit la qualité du service.

Dans les grandes lignes, Boris Johnson propose une semi nationalisation où l’Etat a le contrôle et les revenus mais en redistribuant les bénéfices aux compagnies ferroviaires qui obtiennent de bonnes performances. Mieux gérer les transports pour éviter que des zones soient défavorisés, c’est aussi le cheval de bataille de Boris Johnson qui souhaite notamment mieux desservir le nord de l’Angleterre. Pourquoi le Nord ? parce que c’est justement là qu'il a obtenu le plus de voix et récupéré des sièges de l’opposition lors des élections de décembre dernier.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail