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En Sibérie, Krasnoïarsk étouffe sous son «ciel noir»

Audio 02:43
«Les habitants de Krasnoïarsk ont reçu un soutien médiatique de taille : celui de Greta Thunberg qui a diffusé une photo sur son compte Twitter». (Capture d'écran).
«Les habitants de Krasnoïarsk ont reçu un soutien médiatique de taille : celui de Greta Thunberg qui a diffusé une photo sur son compte Twitter». (Capture d'écran). twitter.com/FFFRussia

En Russie, Krasnoïarsk est une ville sibérienne de plus d’un million d’habitants dont la réputation est peu engageante : elle est l’une des plus polluées du pays. Ces dernières années, ses habitants tentent par tous les moyens d’alerter sur la situation écologique locale. Ils étaient encore plusieurs centaines à manifester ce samedi 29 février pour exiger des mesures d’urgence.

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de notre correspondant à Moscou, Etienne Bouche

À Krasnoïarsk, les habitants expliquent que les jours de « ciel noir », ils ne peuvent tout simplement pas ouvrir leurs fenêtres. Il faut savoir que Krasnoïarsk se situe dans une cuvette or la ville possède deux centrales de charbon, une centrale électrique et une usine d’aluminium. Lorsqu’il n’y a pas de vent, elle se retrouve sous le smog. Lorsque le niveau de pollution est jugé trop élevé, les autorités locales mettent en place un régime spécial qui impose des consignes particulières et restrictions, notamment dans le milieu scolaire. Il ne s’agit pas d’épisodes exceptionnels puisque cumulés, ils peuvent représenter jusqu’à deux mois par an.

Cette pollution n’est pas un phénomène nouveau, mais elle a été particulièrement commentée ces derniers jours

Car la ville sibérienne a enregistré un pic de pollution exceptionnellement haut. C’était le 17 février à 15h, le régime « ciel noir » était en vigueur. La société suisse IQAir, qui publie un index de la qualité de l’air dans le monde en temps réel, a placé temporairement Krasnoïarsk en tête des villes les plus polluées, devant Bombay et Dacca. Quelques jours plus tard, les habitants de Krasnoïarsk ont reçu un soutien médiatique de taille : celui de Greta Thunberg qui a diffusé une photo sur son compte Twitter. Enfin, un journaliste russe s’est emparé du sujet en a fait un film de 50 minutes diffusé jeudi sur YouTube. La vidéo a déjà été visionnée plus d’un million de fois.

Et quelle est l’attitude des autorités à l’égard de cette situation ?

Elle commence à changer. Il y a encore quelques années, le gouverneur de la région niait tout simplement la réalité. Aujourd’hui, les autorités reconnaissent le problème même si elles préfèrent généralement ménager les industries lourdes et rendre responsable la circulation routière. Krasnoïarsk est certes le 3e parc automobile du pays, ce qui n’est pas de nature à améliorer l’écologie. La ville a été incluse dans un plan national consacré à la qualité de l’air. Le pouvoir ne peut plus se permettre de fermer les yeux puisqu’avec l’influence croissante des réseaux sociaux, ce type de cas peut désormais parvenir à la connaissance du plus grand nombre. Contre l’inertie des pouvoirs publics, la population russe se cherche des relais médiatiques et les réseaux sociaux contribuent, à leur manière, à la formation de la société civile.

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