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Infos coronavirus

Tests de dépistage du coronavirus: ce qu'il faut savoir

Audio 04:13
Des personnels de laboratoire travaillent sur des échantillons de sang, destinés aux tests sérologiques de détection au coronavirus, le 16 avril à Colmar.
Des personnels de laboratoire travaillent sur des échantillons de sang, destinés aux tests sérologiques de détection au coronavirus, le 16 avril à Colmar. REUTERS/Christian Hartmann
Par : Agnès Rougier

Aujourd’hui, nous abordons les tests sur le coronavirus. Qu’est-ce qu’on peut tester et que détectent les tests ? Ce qui pourra nous donner des pistes sur la continuité de la gestion de l’épidémie.

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Il existe aujourd’hui deux types de tests pour le coronavirus. Pour savoir si quelqu’un est malade du coronavirus, on fait un test diagnostic. Mais si l’on veut savoir si elle a été précédemment au contact du virus, on fait un test dit « sérologique ».

Pour faire un test diagnostic, il faut aller voir dans les cellules de la personne malade si le virus y est présent. On procède dans ce cas par un test appelé RT-PCR. On introduit dans le nez du patient un grand coton-tige, avec lequel on récolte des cellules de la muqueuse infectée, puis on envoie l’échantillon à un laboratoire. Là, on extrait des cellules leur contenu génétique, que l’on passe ensuite dans une sorte de grosse photocopieuse, qui va en faire des copies successives en boucle, jusqu’à ce que l’image soit assez grande pour qu’on puisse identifier si le virus est présent.

Mais ce test peut donner 30 % de faux négatifs, soit parce que le prélèvement aura été mal fait ; soit parce que la quantité de virus sera trop faible pour réagir. D’autres tests de diagnostic, plus simple, peut-être moins pénible, sont à l’étude. L’essai Easycov, qui se déroule en ce moment à l’hôpital de Montpellier, travaille à partir de prélèvement de salive ; d’autres travaillent aussi sur les selles, parce qu’on peut y trouver aussi le virus.

Un test pour détecter les anticorps déjà présents dans l’organisme

Il y a aussi une autre type de tests, qui permet de savoir si quelqu’un a déjà été malade, ou a été en contact avec le virus, alors qu’il est guéri ou qu’il n’a pas, ou plus, de symptômes. C’est le test de « sérologie », qui analyse le sérum sanguin, c’est-à-dire la partie liquide du sang qui reste quand on a enlevé les globules rouges et blancs, et les plaquettes. Quand on est infecté par le virus, l’organisme se défend en fabriquant des anticorps, et après l’infection, ces anticorps sauront reconnaître le virus quand ils le rencontreront.

Pour savoir s’il y a des anticorps, on va faire une prise de sang, isoler le sérum, puis le mettre en contact avec le virus, dans un liquide réactif. Si les anticorps ont déjà été en contact avec le virus, ils vont l’identifier et réagir, et cette réaction provoque un changement de couleur du réactif. C’est comme ça que fonctionne le test « Elisa » en laboratoire, mais aussi les tests sur bandelettes de détection rapide.

Comprendre la dynamique de l’épidémie

Ce principe fonctionne à la fois pour les gens qui ont été malades et pour les autres, les asymptomatiques, mais ce n’est pas parfait. « Ce que ces tests vont nous dire, c’est que la personne a développé des anticorps contre certaines protéines du virus, explique Christophe D'Enfert, de l’Institut Pasteur. Ce que cela ne nous dit pas précisément, c’est si cette personne est protégée contre une réinfection par le virus. »

À la question de savoir combien de temps les anticorps peuvent rester dans le sérum des anciens patients, « cela fait parti des grandes inconnues du moment », déclare Christophe D'Enfert. Et de poursuivvre : « Je pense qu’avec les semaines à suivre, on va en savoir beaucoup plus. Il y a plusieurs interrogations : est-ce que la présence d’anticorps est suffisante pour protéger quelqu’un contre une réinfection ? Quelle va être la durée de cette protection ? Tant que l’on n’aura pas cerné ces deux paramètres-là, on ne sera pas en mesure de dire si une personne qui a des anticorps est protégée contre une réinfection. On ne sera pas capable de délivrer ces “passeports d’immunité” qui ont été mentionnés à droite et à gauche », dit-il.

Ces tests de sérologie sont donc importants pour comprendre la dynamique de l’épidémie. Mais il est encore trop tôt pour pouvoir dire à quelqu’un s’il est protégé de la réinfection et donc se passer des gestes barrière. Dans l’idéal, on aimerait aller vers des autotests, à faire soi-même, mais pour cela, il faudrait que ces tests puissent dire avec certitude si vous êtes positif au Covid-19 et immunisé, mais on n’y est pas encore.

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