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Aujourd'hui l'économie

Airbus et Boeing dans la tourmente du coronavirus

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Logo d'Airbus.
Logo d'Airbus. PASCAL PAVANI / AFP

Airbus accuse une perte de 480 millions au premier trimestre, son chiffre d'affaire a reculé de 15% d'après les résultats financiers du premier trimestre qui viennent d'être publiés ce mercredi matin. La pandémie est un coup dur pour le géant européen comme pour son rival américain Boeing. Le gel du transport aérien va-t-il mettre à terre l’industrie aéronautique ?

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Dans cette puissante industrie, jusqu’alors débordée par les commandes, l’atterrissage est brutal: les clients annulent en rafale. En mars 9 commandes ont été rayées du carnet pour l’A320 européen (mais ce n’est pas lié au Covid-19 affirme le patron d’Airbus Guillaume Faury) et 160 pour le 737 Max américain, l’appareil qui plombe les comptes de Boeing depuis plus d’un an.

Avec la paralysie du trafic, les compagnies aériennes cherchent par tous les moyens à faire des économies pour préserver un peu de cash, de quoi tenir jusqu’à ce que le ciel s’ouvre à nouveau. L’aéronautique, qui tablait sur des dizaines de milliers d’appareils à livrer pour les 20 prochaines années, a commencé à réduire la voilure.

Au cours des trois premiers mois de l’année Airbus a produit 60 appareils de moins qu’en 2019. Sa production va baisser d’un tiers selon son président Guillaume Faury. Et de probables licenciements sont à craindre. Mais pas question pour le moment de demander l’aide de l’État. Même tableau pour Boeing. Il n’y aura pas de dividende cette année a prévenu Dave Calhoun le patron du groupe, mais un endettement massif pour sauver les meubles, d'un montant proche des 10 milliards de dollars.

Derrière les deux grandes compagnies qui se partagent le marché mondial de l’aéronautique, il y aussi des centaines d’autres entreprises en souffrance

Des très grandes qui fabriquent les moteurs par exemple comme Rolls Royce, ou General Electric. Celles-là sont doublement pénalisées, par le brutal gel du marché et par celui des vols. Car elles dégagent souvent des bénéfices non sur la vente des équipements mais sur les programmes de maintenance.

Il y a aussi une myriade de sociétés, de taille intermédiaire ou de toutes petites PME, totalement dépendantes de ces donneurs d’ordre. Pas facile pour elles de se reconvertir : elles ont tout investi dans l’aéronautique pour obtenir la confiance des constructeurs et les précieuses certifications. Certaines sont en danger de vie ou de mort, Airbus comme Boeing pourrait en racheter certaines pour leur porter secours mais aussi parce qu’elles fournissent une pièce du puzzle de l’avion introuvable ailleurs.

Les équipementiers installés en Tunisie et au Maroc redoutent le pire, tout comme en France la région Occitanie dont l’économie dépend en grande partie de cette activité. Cette crise est aussi un revers pour le commerce extérieur des pays d'origine de ces champions à l'exportation. Boeing est la première entreprise exportatrice des États-Unis, tout comme Airbus en France.

Pendant combien de temps ces entreprises seront-elles contraintes par le manque de commandes ?

Au mieux pendant deux à trois ans selon le patron de Boeing. Une fois que les compagnies aériennes auront repris le trafic et qu'elles auront retrouvé une certaine aisance financière pour projeter de nouveaux achats. Mais difficile aujourd’hui de faire des prévisions sur la taille et la configuration du futur marché : ces dernières années, les constructeurs ont croulé sous les commandes des compagnies à bas coût, ces compagnies privées pourraient être les premières à disparaitre dans la crise actuelle. La taille des avions, leur aménagement seront aussi à revoir de fond en comble à la lumière des nouvelles exigences sanitaires. Seule consolation pour Airbus : il a une longueur d’avance sur Boeing plombé par le 737 Max. Mais cette tourmente va aussi donner un peu de temps au Chinois Comac pour développer ses appareils. Et c’est peut-être ce nouveau venu qui sera privilégié pour fournir le marché chinois, une perspective qui a de quoi faire trembler les deux géants de l’aéronautique.

►En bref

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Au nom d'un décret remontant à la guerre de Corée. Les abattoirs et les usines ont fermé à cause du coronavirus qui s'est répandu comme une traînée de poudre dans cette industrie, faisant au moins 20 morts et 5000 victimes parmi les employés. La décision du chef de la Maison Blanche est critiquée par les responsables de l'industrie comme par les syndicats.

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