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Aujourd'hui l'économie

«Ségur de la Santé»: quel soutien financier pour les soignants ?

Audio 03:53
Le personnel médical transporte un patient infecté par le nouveau coronavirus dans un véhicule d'urgence à la gare Saint-Jean de Bordeaux, en France, le 3 avril 2020.
Le personnel médical transporte un patient infecté par le nouveau coronavirus dans un véhicule d'urgence à la gare Saint-Jean de Bordeaux, en France, le 3 avril 2020. AFP / Nicolas Tucat

Ils sont encore applaudis tous les soirs par de nombreux Français à leurs fenêtres. Au-delà des primes exceptionnelles promises, les personnels soignants vont-ils enfin voir leurs conditions de travail changer ? C’est l’enjeu du nouveau plan que le gouvernement est en train de préparer. En concertation avec les partenaires sociaux qu’il rencontre aujourd’hui, et qui se montrent pour le moment sceptiques.

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Cette large concertation baptisée « Ségur de la santé », du nom de la rue du ministère, doit réunir par visioconférence environ 300 personnes sous la houlette de l’ancienne dirigeante syndicale Nicole Notat. Elle doit aborder tous les problèmes de fond de l’hôpital. Le manque de moyens, crise du recrutement et les salaires, afin d’aboutir à un plan en juillet. Le président de la République a promis un plan massif. Il s’agit du troisième du genre depuis l’automne dernier. Voilà pourquoi les syndicats demandent à voir.

Le ministre de la Santé lui-même le reconnaît: il faut travailler à une « augmentation » des salaires

C’est en effet l’urgence. En plus des primes déjà annoncées qui vont jusqu'à 1 500 euros. La revalorisation des salaires, c’est la marque de reconnaissance très attendue par tous les concernés. Les infirmiers constituent le gros des troupes qui assurent de jour comme de nuit la marche constante de l’hôpital. Pourtant, ils sont notoirement sous-payés comparés à leurs homologues européens. Le syndicat CGT a demandé « 300 euros d'augmentation » et la CFDT une revalorisation de toute la grille des métiers.

Le gouvernement explore aussi la piste de l’assouplissement du cadre des 35h à l’hôpital, une vieille rengaine, cette fois pour permettre de travailler plus pour gagner plus en toute légalité... sans avoir à faire des ménages hors de l'hôpital où l'on exerce. Accueil mitigé pour cette mesure qui touche à un symbole.

Fin mars, en pleine épidémie, Emmanuel Macron a aussi promis « un plan massif pour l'hôpital » à l'issue de la crise

En visite dans un hôpital parisien il y a 10 jours, le chef de l’État français a même fait une sorte de mea culpa, reconnaissant que les nombreux plans pensés pour l’hôpital ne répondaient pas du tout aux besoins. Ce qui s’est vu pendant cette crise, c’est le manque de lits, et le manque de matériel, respirateurs et équipements de protection. Il ne suffit plus d’annoncer la reprise partielle de la dette des hôpitaux, a reconnu Emmanuel Macron. Les syndicats vont profiter de ce moment historique où la population semble être derrière les soignants pour demander la fin des plans de restructuration financière qui ont rythmé la vie de l’hôpital ces dernières années et commandé la politique de fermetures des lits.

Il y a deux ans, Emmanuel Macron affirmait qu’il n’y avait « pas d’argent magique » pour l’hôpital. La position de l’exécutif a-t-elle donc changé ?

Crise oblige, et aidé par des conditions d’emprunt faciles, l’État a engagé des milliards dans l’urgence pour l’achat de matériel, les primes exceptionnelles aux soignants dans les hôpitaux mais aussi dans les Ehpad. Après la crise, il restera encore à financer ce plan de soutien. Le ministère des Finances a sorti sa calculatrice et prévu un déficit record de 41 milliards d’euros pour la sécurité sociale. Un déficit à la charge de l’État en plus des dépenses énormes engagées pour soutenir l’économie dans son ensemble. Cet argent, il faudra le trouver quelque part. L’exécutif tente de se montrer rassurant, ce ne sera pas dans l’augmentation des prélèvements obligatoires. Sans plus de précisions. Après les entreprises, le gouvernement se met au chevet de l’hôpital dont tout le monde semble reconnaître qu’il faut le soutenir massivement. Mais que lui restera-t-il concrètement à lui offrir ? C'est ce qui va se jouer dans les prochaines semaines et finalement à l'automne lorsque sera voté la loi de financement de la sécurité sociale qui comprendra une grande partie des mesures budgétaires prévues pour soutenir le système de santé.

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