Accéder au contenu principal
Aujourd'hui l'économie

Aux États-Unis un nouveau souffle en faveur des réparations pour l’esclavage ?

Audio 04:18
Manifestation à Houston au Texas, le 29 mai 2020, après la mort de George Floyd, asphyxié par un policier et décédé en détention.
Manifestation à Houston au Texas, le 29 mai 2020, après la mort de George Floyd, asphyxié par un policier et décédé en détention. Mark Felix / AFP

Aux États-Unis où les manifestations contre le racisme anti-noir continuent à drainer les foules, un milliardaire afro-américain demande des réparations pour l’esclavage, la seule solution d’après lui pour réduire les inégalités criantes entre les noirs et les blancs.

Publicité

Robert Johnson -interrogé sur la chaîne CNBC - voit grand : l’Etat fédéral doit verser 14 000 milliards de dollars aux descendants des esclaves déportés en masse d’Afrique. Une coquette somme en cash destinée aux 40 millions d’Afro-Américains. Car pour cet homme fortuné, premier milliardaire noir de l’histoire des Etats-Unis, il s’agit bien d’un transfert de richesse cash et non d’un investissement dans des programmes sociaux. Le moment est venu estime ce militant de longue date des réparations, que l’Amérique blanche reconnaisse les dommages causés par l’esclavage.

Sa proposition a des chances d’aboutir ?

Le chiffre est tellement fantaisiste qu’il lui ôte une grande partie de sa crédibilité. Un autre grand patron afro-américain Ken Frazier s’est d’ailleurs montré sceptique, il ne pense pas que le gouvernement soit prêt à un tel effort. Mais c’est un vrai sujet. En Californie une proposition de loi déposée avant la mort de George Floyd pour instaurer des mesures réparatrices a été approuvée hier par un comité de législateurs, le texte a donc franchi une étape clé pour être ultérieurement examiné en assemblée plénière.

Les États-Unis redécouvrent les injustices économiques flagrantes dont souffre cette minorité

Aujourd’hui un ménage blanc est encore dix fois plus riche qu’un ménage noir. Pour les militants des réparations, c’est l’héritage de l’esclavage. Le préjudice n’a jamais été réparé, il y a même eu une succession de rendez-vous manqués entre les gouvernements et les citoyens noirs.À commencer par la promesse jamais tenue d’accorder 20 hectares de terre et une mule à chaque ancien esclave après l’abolition. Autre occasion manquée : le new deal. En refusant l’accès à la sécurité sociale aux domestiques et aux ouvriers agricoles, c’est de fait une grande partie de la population noire qui est exclue des bienfaits de la redistribution. Des évènements parmi d’autres qui renforcent l’exclusion et l’appauvrissement de cette communauté. Une majorité des noirs sont favorables aux réparations, et une grande partie d’entre eux votent démocrates, c’est pourquoi la question des réparations a été âprement débattue pendant la primaire.

Joe Biden le candidat démocrate à l’élection présidentielle reste flou sur la question

Il promet vaguement de soutenir une étude sur les réparations. Un peu court par rapport au programme chiffré avancé par d’autres candidats pendant la primaire. Soit 500 millions de dollars à redistribuer sous forme de crédit d’impôt ou de baby bond, des comptes épargne pour les nouveaux nés. Toutes ces propositions cependant ciblent les classes les plus pauvres, et non les seuls descendants des esclaves. Joe Biden va-t-il s’emparer du sujet ? Pas sûr que la question ne soit très porteuse sur le plan électoral. 75% des noirs y sont certes favorables mais seulement 25% des blancs d’après des sondages datant c’est vrai de l’automne, donc antérieurs à ce meurtre raciste qui soulève le cœur aujourd’hui de toute l’Amérique.

►En bref

Les banques britanniques HSBC et Standard Chartered prennent le parti de la Chine dans son traitement de Hong Kong

Fait rarissime dans le milieu bancaire : ces deux institutions centenaires prennent position dans le débat en approuvant les lois sur la sécurité que Pékin vient d’adopter pour l’ancien territoire britannique. Le patron Asie de HSBC a même signé la pétition de soutien à ces lois réprouvées par la plupart des pays occidentaux. A commencer par le Royaume Uni.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.