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Reportage France

Perpignan: vers la fin du front républicain ?

Audio 02:28
Le maire sortant de Perpignan Jean-Marc Pujol (LR), aux côtés de la présidente de région Occitanie Carole Delga (PS) et la présidente du conseil départemental des Pyrénées-Orientales Hermeline Malherbe (PS).
Le maire sortant de Perpignan Jean-Marc Pujol (LR), aux côtés de la présidente de région Occitanie Carole Delga (PS) et la présidente du conseil départemental des Pyrénées-Orientales Hermeline Malherbe (PS). AFP/Raymond Roig

Le Rassemblement national aura-t-il un trophée à brandir dimanche soir en remportant une ville de 100 000 habitants ? C’est le pari de Louis Aliot à Perpignan. Un duel entre lui, député RN, et le maire sortant, le LR Jean-Marc Pujol. Derrière cette bataille, une question : la force du front républicain.

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« Nous sommes face à un essoufflement démocratique. Ceux qui auront du mal à voter Pujol dimanche disent aussi qu’en 2022, s’ils ont le choix entre Macron et Le Pen, ils n’iront pas voter. » Arrivée troisième le 15 mars, la candidate écologiste Agnès Langevine tire la sonnette d’alarme. Elle s’est désistée et a appelé à voter en faveur du maire sortant Jean-Marc Pujol, mais s’inquiète. Contrairement à 2014, où le même duel s’était soldé par la victoire du candidat LR, les choses pourraient cette fois tourner à l’avantage de l’ancien secrétaire de Jean-Marie Le Pen. « Cette situation doit nous interpeller  », estime-t-elle.

Cette perte de repères des électeurs, Louis Aliot mise dessus depuis deux ans. Député RN, l’ancien vice-président du parti a gommé son étiquette pour chasser à droite, capitaliser sur le sentiment de déclassement des habitants de Perpignan.  Insécurité, clientélisme supposé : Louis Aliot n’a cessé de pilonner le bilan de l’équipe sortante. Comme l’avait fait son ami Robert Ménard dans la ville voisine de Béziers en 2014. Une stratégie payante. Au premier tour, il a raflé 36 % des voix contre 18 % seulement pour son adversaire LR.

Mais le député RN n’est pas le seul à avoir attaqué les années Pujol. Tous les candidats, quelle que soit leur couleur politique, en ont fait un mantra. « C’est pour ça que le front républicain contre moi c’est fini, décrypte Louis Aliot, comment voulez-vous dire pendant des mois à des gens qu’untel est mauvais puis leur dire de voter pour lui au second tour, c’est incohérent. »

Face au front républicain, un front anti-Pujol

Symbole de l’effritement du front républicain, le ralliement à Louis Aliot de plusieurs colistiers du candidat En Marche. Malgré le désistement de Romain Grau pour faire barrage au candidat RN, Alain Cavalière (numéro 2 de la liste) votera Aliot. « Je ne vois pas en quoi le personnage menace les fondements de la Ve République. (…) Mais attention, je ne suis pas devenu lepéniste en deux mois et demi. C’est un choix local pour un homme que j’estime », précise le président du tribunal de commerce. Autre soutien venu de la liste LaREM, Josiane Cabanas. L’ancienne journaliste, toujours encartée au parti Les Républicains, ancienne adjointe de Jean-Marc Pujol, refuse de voter pour son ancien patron. « Pour moi, c’est non », explique celle qui n’a qu’un objectif : débarquer le maire sortant.

Ces ralliements, des signaux faibles d’un virage de l’opinion ? Non, se rassure le maire sortant, « rien que des individualités ». À quelques jours du scrutin, Jean-Marc Pujol croit toujours à la victoire. Passer du 18 % au premier tour à plus de 50 % dimanche ? « Bien-sûr que c’est possible »,assure celui qui n’a fait aucun geste envers les deux candidats qui se sont désistés en sa faveur.

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