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Aujourd'hui l'économie

Faut-il annuler la dette Covid ?

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Pendant la crise du coronavirus tous les États ont massivement emprunté pour soutenir coûte que coûte leur économie. Sur la photo, des billets de 200 euros.
Pendant la crise du coronavirus tous les États ont massivement emprunté pour soutenir coûte que coûte leur économie. Sur la photo, des billets de 200 euros. REUTERS/Yara Nardi

Pendant la crise du coronavirus, tous les États ont massivement emprunté pour soutenir coûte que coûte leur économie. Le prix à payer, c’est une dette astronomique dont on ne sait pas encore vraiment qui va la rembourser et comment.

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D’après le FMI, l’ensemble des pays ont en moyenne dépassé le ratio des 100% de dette rapportée au PIB. En Occident c’est beaucoup plus : dans les pays développés, la dette publique culmine à 120% du PIB. Un pic qui n’avait pas été atteint depuis la Seconde Guerre mondiale. La crise du coronavirus a rendu muets les partisans de l’orthodoxie budgétaire. La dépense publique et son corollaire, l’emprunt, sont apparus comme les seuls instruments viables pour soutenir les ménages, les entreprises, les services publics totalement laminés par le confinement. Maintenant que le gros de la crise sanitaire est passé, les questions sur la gestion de cette dette faramineuse commencent à fuser. Ou plutôt, les propositions: l’annulation pure et simple de la dette est devenue le mantra de certains économistes et d’une partie de la classe politique, de droite comme de gauche.

C’est une option sérieusement envisagée ?

C’est une solution qui est étayée par l’histoire et la tradition biblique. Dans l’Ancien Testament, cette pratique revient tous les 50 ans pour remettre les compteurs à zéro. Dans l’histoire réelle et récente, cela a déjà été expérimenté avec succès. Par l’Allemagne en 1953, ses créanciers externes renoncent à la moitié de ce qui leur est dû. Les pays les plus pauvres en ont bénéficié à partir de 1996 dans le cadre du programme chapeauté par le FMI sans que cela ne débouche sur une crise quelconque. Il y a donc un savoir-faire, et des modalités à imaginer pour la situation actuelle.

Christine Lagarde, la présidente de la BCE, a écarté toute annulation totale de la dette des États européens

Comme la plupart des grands argentiers, Christine Lagarde est dans son rôle de gardienne de la monnaie. C’est vrai qu’une opération d’annulation totale aurait des effets déstabilisants sur les États membres de la zone euro. Qui voudra par la suite prêter à des États qui ne remboursent pas? Ce serait prendre le risque de faire monter considérablement les taux d’intérêt, c’est-à-dire le loyer de l’argent. Car si la dette est astronomique, son service est encore modique en Occident. La faiblesse des taux d’intérêt allège le service et la conscience des responsables des finances publiques. Et puis si les grands argentiers ont joué les pompiers des finances mondiales quasiment sans discontinuer depuis 2008 c’est en rachetant massivement la dette des États. Annuler cette dette, cela revient à démonétiser une partie de leur action. Ils sont d’ailleurs aujourd’hui les principaux détenteurs de dette souveraine, une forme d’assurance tous risques contre les crises financières, qui protège les États très endettés. Pour eux l’annulation est loin d’être une urgence impérative.

Alors si l’annulation de la dette n’est pas d’actualité, qui va payer l’addition ?

Il n’y aura pas d’augmentation des impôts disent la plupart des gouvernements, pour rassurer leurs électeurs et aussi pour stimuler le retour de la confiance, l’ingrédient indispensable de la reprise. Sans répondre pour autant à la question qui fâche. Les gouvernements préfèrent imaginer des astuces comptables pour cacher cette dette qu’on ne saurait voir sans frémir. En France par exemple le gouvernement propose d’isoler une partie de cette dette dans une structure ad hoc. Reste à savoir comment la rembourser. L’impôt levé pour combler le trou de la sécu qui devait expirer en 2033 pourrait être prolongé jusqu’en 2042.

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