Chronique des matières premières

Le blé français moins présent sur les marchés internationaux en 2020-2021

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Le blé français pourrait ne pas se vendre aussi bien à l’export en 2020-2021.
Le blé français pourrait ne pas se vendre aussi bien à l’export en 2020-2021. REUTERS/Pascal Rossignol

La France s’attend à sa deuxième plus petite récolte de blé depuis 2004. Ce qui pourrait réduire de moitié son potentiel exportable vers les pays tiers.

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Les fortes pluies de l’automne dernier ont tellement perturbé les semis dans le grand Ouest de la France, qu’elles ont réduit les surfaces de blé de près d’un million d’hectares, et amoindri les rendements.

Le ministère de l’Agriculture prévoit une récolte de 31,3 millions de tonnes de blé tendre. Une baisse de 21 % par rapport à l’an dernier, et la moins bonne récolte, après celle, catastrophique, de 2016, depuis 16 ans. 

Repli de 43 % dans les pays tiers selon FranceAgrimer

Le blé français pourrait ne pas se vendre aussi bien à l’export en 2020-2021. Il s’était pourtant illustré en 2019-2020 par une hausse des ventes chez ses clients traditionnels, au Maghreb, en Afrique de l’Ouest, avec dans cette dernière région une croissance de 72 % par rapport à 2018/2019. L’Égypte avait aussi répondu présente.

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La Chine était même devenue le troisième client du blé français, à la faveur, peut-être, de la guerre commerciale sino-américaine. Il faut dire que le blé français était abondant et compétitif au niveau fret et monétaire. Cette année, les exportations vers les pays tiers, hors Union européenne, pourraient chuter de 43 %, estime FranceAgrimer.

L’Algérie désargentée risque de se tourner vers le blé russe

Un manque de disponibilité qui pourrait décider l’Algérie de commander, pour la première fois, du blé russe. Il y a déjà eu avec Moscou des tractations à ce sujet, qui n’avaient pas abouti. L’Algérie exige des spécificités très strictes pour le blé qu’elle importe.

Mais avec l’épidémie de Covid-19, le risque qu’elle se tourne vers le blé russe, qui lui, sera abondant, pourrait connaître un début de concrétisation cette année, juge-t-on chez FranceAgrimer, à cause de la baisse de ses recettes pétrolières. La remontée des cours du brut à 40 dollars est loin d’équilibrer les comptes algériens, qui nécessitent au moins un baril à 50 dollars. Le blé français pourrait en faire les frais.

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