Chronique des matières premières

Le cuivre porté par l’inquiétude sur l’offre du Chili et du Pérou

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Du concentré de cuivre extrait d'une mine péruvienne.
Du concentré de cuivre extrait d'une mine péruvienne. Getty Images/Bloomberg/Dado Galdieri

Les prix du cuivre ont largement retrouvé leur niveau d’avant le coronavirus. Ils sont au plus haut depuis deux ans, dopés par le rebond de la demande chinoise et surtout par l’inquiétude sur l’offre de métal rouge en Amérique latine.

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Au Chili, premier producteur mondial de cuivre, les mineurs du gisement de Zaldivar ont voté à 99 % pour la grève, estimant que la compagnie Antofagasta « ne reconnaissait pas leur contribution et leur sacrifice » en ces temps de coronavirus.

Le mouvement social pourrait faire tache d’huile dans d’autres mines de cuivre d’Antofagasta et chez Codelco, le numéro un chilien et mondial du cuivre, qui comptait 3 000 contaminations au Covid-19 au début du mois, selon ses syndicats, 10 % de celles du pays, malgré une diminution de moitié de la présence des salariés sur les sites.

Grèves et milliers de contaminations dans les mines du Chili et du Pérou

Les grèves risquent d’amoindrir l’approvisionnement mondial de cuivre, déjà perturbé par le coronavirus. Après le confinement, les cadences ont été ralenties au Chili, certaines opérations d’agrandissement ou de raffinage ont été reportées pour empêcher la propagation du virus.

Au Pérou, deuxième producteur mondial, les contaminations se multiplient aussi. Le retour à la normale dans les mines n’aura pas lieu fin juillet comme prévu, reconnaît le ministre péruvien des Mines.

Reprise plus rapide que prévu de la consommation de cuivre en Chine

Les craintes sur l’offre de cuivre grandissent, d’autant qu’en Chine, les inondations menacent la première région de production de cathodes de cuivre, la province du Jiangxi. Et ce, alors que la demande en métal rouge reprend très fort en Chine, le pays qui consomme la moitié du cuivre mondial. La production chinoise de cathodes de cuivre a augmenté de 4 % en juin, par rapport à l’an dernier.

On connaît l’usage du cuivre dans le bâtiment, les réseaux d’électricité, et les véhicules électriques. Certains analystes en arrivent à prévoir un déficit mondial de l’offre de cuivre par rapport à la demande cette année.

Des cours en hausse de 50 % par rapport au creux de mars

D’où l’envolée des prix du métal rouge. Ils ont gagné 50 % depuis leur creux du mois de mars. Après huit semaines consécutives de hausse, ils ont dépassé les 6 600 dollars la tonne en séance, ce lundi, c’est leur plus haut niveau depuis juin 2018, alors qu’on est en pleine crise économique mondiale, causée par le Covid-19. Mais le cuivre n’est peut-être pas cette fois le meilleur baromètre de l’économie planétaire.

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