Reportage France

Les SDF strasbourgeois logés à l'hôtel pendant le confinement en attente d'une solution pérenne

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Un sans abri au bord du Rhin, pendant le confinement.
Un sans abri au bord du Rhin, pendant le confinement. PATRICK HERTZOG/AFP

Mis à l’abri lors de la crise du Covid-19, les SDF strasbourgeois sont dans l’attente de solutions d’hébergement. Dans le département du Bas-Rhin, 24 hôtels ont été réquisitionnés en mars dernier par l’Etat. A Strasbourg à l’hôtel Pax, ils sont encore 115 SDF hébergés. Leur prise en charge est assurée jusqu’en octobre, mais les solutions tardent à venir.

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Ils sont attablés dans la cour intérieure de l’hôtel. Ils fument en buvant du café et la question de l’hébergement les taraude. Ce quadragénaire algérien est arrivé illégalement, il y a trois ans en France. Il est à l’hôtel depuis quatre mois.
« J’ai peur, je suis malade, je cherche l’aide médicale… »

Le compte à rebours était entamé. L’hébergement en hôtel devait s’arrêter fin juillet. Il est prolongé jusqu’en octobre. La promesse qu’il n’y aura pas de retour à la rue est sur la table et 200 places d’hébergement ont été promises. Mais rien n’est acté.

Henri Hannequin, directeur du SIAO 67, le service d’accueil et d’orientation, organisme qui gère l’hébergement d’urgence, reste donc prudent. « La non remise à la rue des personnes qui ont été mises à l’abri dans le cadre du confinement reste aujourd’hui un cheval de bataille au sens où les associations de solidarité restent extrêmement vigilantes par rapport aux orientations gouvernementales qui seront prises. J’ai l’impression qu’à l’aune de l’urgence liée à la gestion de l’épidémie de Covid, il y a un consensus beaucoup plus fort sur l’état des besoins et que l’Etat est en train de mettre les moyens pour répondre à ce besoin. »

Les services sociaux essaient de préparer au mieux ces grands précaires à un retour à une vie plus normale. Certains cumulent des années d’errance et d’addiction. Les bagarres, les problèmes psychiatriques ou le refus de toute règle font partie du quotidien de l’hôtel.
En tant que ville frontière, Strasbourg compte de nombreux migrants SDF et pour eux l’accès à un logement est encore plus problématique vis-à-vis de l’administration française.
L’hôtel Pax compte à lui seul 7 demandeurs d’asile, 10 Européens sans résidence et 33 sans papiers. Et il n’y aura pas de régularisation groupée.

Alors chacun essaie de relancer des démarches abandonnées lorsqu’il était à la rue.
Comme Karim 55 ans, algérien. Il est arrivé en France en octobre 2016 illégalement.
« On m’a dit d’attendre, on m’a trouvé un avocat. Mes démarches avancent et je les suis. Ici ça va, c’est mieux que dehors…. »

La ville de Strasbourg pourrait peser dans le dossier. La nouvelle équipe municipale qui vient de gagner les élections a promis dans son programme la création de 500 logements pérennes pour les SDF.

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