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Aujourd'hui l'économie, le portrait

[Portrait] Bruno Le Maire, ministre français de l’Économie, des Finances et de la Relance

Audio 03:30
Le ministre français de l'Économie Bruno Le Maire, le 9 mars 2020 à Paris.
Le ministre français de l'Économie Bruno Le Maire, le 9 mars 2020 à Paris. ERIC PIERMONT / AFP

Aujourd’hui l’Économie, le portrait de Bruno Le Maire, 51 ans, ministre français de l’Économie, des Finances et de la Relance. Nommé à cette fonction en 2017 dès l’élection d’Emmanuel Macron à la tête de l’État, l’ancien député Les Républicains de l’Eure affronte une crise économique et sanitaire sans précédent.

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Bruno Le Maire est, il le dit lui-même, « un pur produit du système ». Jeune étudiant dans un prestigieux lycée jésuite du 16e arrondissement de Paris, il devient agrégé de Lettres modernes, avec une spécialisation sur Proust. Ce mélomane lit de la poésie en allemand et écrit des livres.

Il fait ensuite Sciences Po, puis l’ENA, l’École normale supérieure. Il n’a pas trente ans lorsqu’en 1998, il entre au ministère des Affaires étrangères. De 2001 à 2007, il met sa plume au service de Dominique de Villepin, Premier ministre sous la présidence de Jacques Chirac. Puis il occupe à son tour des fonctions ministérielles, aux Affaires européennes, à l’Agriculture. Et aujourd’hui à l’Économie.

Libéral interventionniste

« Bruno Le Maire, moi je dirais que c’est un libéral interventionniste, explique l'économiste Patrick Artus, l'un des conseillers économiques que le ministre consulte régulièrement. Il pense que ce sont les entreprises qui sont importantes. D’ailleurs, il veut baisser les impôts des entreprises, baisser le coût du travail, baisser les cotisations sociales des entreprises, les impôts de production, l’impôt sur les profits, c’est la politique de l’offre en rendant les entreprises plus compétitives, moins taxées. Il s’est aussi attaqué aux Gafa. La grande différence avec Trump, qui n’est pas un libéral, c’est que nous on pense qu’avoir ces grandes entreprises monopolistiques qui lèvent des rentes sur le dos des consommateurs, ce n’est pas bon. Donc on taxe ces entreprises. Et après, il y a tout un morceau interventionniste, puisqu’il veut refinancer des relocalisations, co-financer avec les entreprises les nouvelles technologies. Regardez le projet franco-allemand de batteries électriques, par exemple. Il veut un rôle important de l’État en particulier en politique industrielle, technologique. Pour porter un jugement de valeur, c’est pas mal. »

Face à une crise économique et sanitaire sans précédent, Bruno Le Maire est venu au secours des entreprises et des salariés. Dans le nouveau plan de relance de 100 milliards d’euros, 70 % est consacré à la modernisation de l’industrie française, en plus des 300 milliards de prêts garantis par l’État, les PGE pour les entreprises en difficulté.

Mesures fortes et rapides

« Moi ce que je retiens c’est que les pouvoirs publics et le gouvernement sont à pied d’œuvre pour prendre toutes les mesures qui nous permettront de passer cette crise, souligne Cyril Laurent, directeur marketing de Pixminds, une PME savoyarde primée pour ses innovations en accessoires informatiques. Déjà, les mesures qui avaient été prises au moment où on est entré dans la crise sont des mesures qui étaient très fortes, qui ont été prises vite, on a pu en bénéficier très rapidement. On a bénéficié du chômage partiel, on a bénéficié du PGE. On n’oublie pas que c’est à nous aussi de trouver des opportunités là où il y en aura ! »

Machine à produire des profits

Mais la politique économique de Bruno Le Maire, et même l’homme, jugé, par certains, trop rigide et distant, ne plait pas à tout le monde. « Pour avoir vu défiler un certain nombre de ministres, ce n’est pas un de ceux avec qui on a pu avoir des discussions les plus constructives, confie Alexandre Derigny, secrétaire général de La Fédération des Finances CGT. Il met plus d’énergie à essayer de résoudre les problématiques des entreprises et des entrepreneurs plutôt que de l’énergie à répondre aux besoins des salariés de son ministère et des salariés tout court. Je suis désolé, mais pour moi le plan de relance, c’est surtout fait pour faire repartir la machine à produire des profits plutôt en précarisant l’emploi et les salariés qu’en leur octroyant de nouveaux droits. Je ne garderai pas un souvenir impérissable du passage de Bruno Le Maire à Bercy. »  

Bercy, Bruno Le Maire, ex-candidat malheureux à la primaire de la droite en 2016, y occupe une fonction élargie depuis le récent remaniement ministériel. Preuve qu’il a gagné la confiance d’Emmanuel Macron envers qui il se dit loyal.

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