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Nouvelles technologies

Une batterie aux diamants radioactifs

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Le diamant radioactif est créé à partir des déchets que produisent des réacteurs nucléaires qui emploient des barres de graphites, qui sont composées de carbone pur. (image d'illustration)
Le diamant radioactif est créé à partir des déchets que produisent des réacteurs nucléaires qui emploient des barres de graphites, qui sont composées de carbone pur. (image d'illustration) Getty Images/Jeffrey Coolidge

Aux États-Unis, une jeune société a mis au point un nouveau type de batterie pour nos joujoux high-tech, capable de s’autorecharger théoriquement pendant 28 000 ans. Conçue à base de minuscules diamants radioactifs en recyclant des déchets de l’industrie nucléaire, cette batterie « éternelle » remplacerait avantageusement celle fonctionnant au lithium-ion qui alimente nos appareils électroniques

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Nos appareils électroniques de plus en plus sophistiqués sont devenus des gouffres à énergie. Résultat, nos batteries ne tiennent plus la charge et le miracle du « sans fil » ne l’est plus vraiment. Sans parler du désastre écologique que représente la fabrication industrielle de cette électronique à l’obsolescence programmée qui assèche les ressources naturelles en lithium dans le monde, le principal constituant des batteries.

Mais les ingénieurs américains de la jeune pousse californienne N.D.B (« Nano Diamond Battery ») ont la ferme intention de commercialiser un nouveau type d’accumulateur de courant. Un dispositif qui ne se recharge jamais, du moins théoriquement, pendant 28 000 ans, même après une utilisation intensive. Mais rien de magique dans ce procédé qui est connu depuis longtemps, et a été peaufiné en 2016 par les chercheurs de l’université de Bristol au Royaume-Uni.

Batterie « éternelle »

C’est une pile nucléaire miniaturisée dont la désintégration des noyaux atomiques qui la compose génère un flux d’onde bêta, autrement dit des faisceaux électrons. Et là où il y a des électrons, il y a forcément de l’électricité. Cette batterie « éternelle » est constituée d’un petit morceau de diamant radioactif, créé à partir des déchets que produisent des réacteurs nucléaires qui emploient des barres de graphites, qui sont composées de carbone pur, afin de moduler les réactions en chaîne de la matière fissile. Et une centrale atomique utilise des tonnes de ces barres de régulation du combustible nucléaire !

Mais petit problème, ce graphite devient hautement radioactif à l’usage, en créant du carbone 14. Cet isotope dont la demi-vie est d’environ 5 730 ans fait partie des radioéléments qualifiés de dangereux par les physiciens. Afin de stocker facilement ces déchets, dont on ne sait que faire, ils préconisent de les métamorphoser dans une autre forme de carbone, en créant des diamants artificiels.

« Un monde où vous n’auriez plus jamais à recharger votre téléphone »

Une fois piégé, le carbone radioactif se transmutera peu à peu en azote, en émettant des particules bêta qui alimenteront pendant des millénaires une batterie électrique. La société californienne industrialise déjà le procédé. « Imaginez un monde où vous n’auriez plus jamais à recharger votre téléphone », vantent les responsables de NDB, en affirmant que leur dispositif est indestructible, sans fuites radioactives nocives pour l’environnement et le corps humain.

L’entreprise ne précise pas toutefois comment elle compte maîtriser la dissémination de ces microdéchets nucléaires sur la planète et ni comment recycler nos appareils électroniques et leurs batteries, quand nous devrons les changer. Des diamants radioactifs que Marilyn Monroe, en définitive, n’aurait peut-être pas considérés comme ses meilleurs amis, qui se retrouveront pourtant d’ici à deux ans dans les milliards de smartphones en circulation dans le monde.

Vous avez des questions ou des suggestions, vous pouvez nous écrire à nouvelles.technologies@rfi.fr

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