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Aujourd'hui l'économie

Le reflux du chômage américain en trompe-l’œil

Audio 03:57
Un Boeing 787 Dreamliner de la compagnie aérienne américaine United Airlines. Des vagues de licenciement massif sont prévisibles, notamment dans le secteur de l’aérien.
Un Boeing 787 Dreamliner de la compagnie aérienne américaine United Airlines. Des vagues de licenciement massif sont prévisibles, notamment dans le secteur de l’aérien. REUTERS/Toru Hanai

Aux États-Unis, le chômage est passé bien en dessous de la barre des 10 % au mois d’août. Un chiffre a priori encourageant, mais démenti par d'autres indicateurs. Le retour au plein emploi sera un chantier de longue haleine.

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Le chômage dépassait les 10 % en juillet, et il a subitement chuté à 8,4 % le mois suivant. Ce fut la bonne surprise de la rentrée aux États-Unis. Déjà plus de la moitié des emplois détruits par le confinement ont été compensés par de nouvelles embauches. Voilà un autre signe du dynamisme du marché américain. En même temps, la crainte de perdre son emploi est reparti à la hausse : 18 % des Américains redoutent le chômage dans l'année qui vient, un chiffre en augmentation constante depuis le mois de juin. Par ailleurs, le rythme de création de l’emploi privé ralentit. Les économistes de la Réserve Fédérale prennent donc les statistiques officielles avec des pincettes. Le niveau réel du chômage serait plutôt de 11 %, avance l’économiste indépendant Michael Farren, du Mercatus Center, George Mason University. Le chiffre fourni par le département de l'emploi est basé sur un sondage effectué auprès des ménages américains. Michael Farren regarde, lui, la taille du marché de l’emploi : avant la pandémie, 164,5 millions d'actifs étaient comptabilisés, en emploi ou en recherche d'emploi. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 160,8 millions.

Que sont devenus les 3,7 millions qui manquent à l’appel ?

Ils ne sont plus considérés comme des chômeurs, parce qu’ils ont effectivement renoncé à chercher un travail. Cela concerne en premier lieu les seniors, ils ont accéléré leur départ en retraite. Certains ont abandonné leur emploi pour éviter de contracter le coronavirus, d'autres ont préféré jeté l’éponge après avoir été licenciés. Les plus de 65 ans représentaient 7 % de la force de travail au mois d’avril, et 17 % des partants au mois d’août.

Ce phénomène touche également les femmes, plus nombreuses que les hommes à avoir disparu du marché du travail. Déjà parce qu’elles travaillaient plus souvent dans les services très affectés par le confinement comme l’hôtellerie ou la restauration. Et ensuite parce qu’elles ont dû quitter leur emploi pour s’occuper de leurs proches affectés par la pandémie ou pour s'occuper des enfants privés d’école pendant le confinement. En fait, ces deux groupes qui étaient revenus vers l’emploi avant la crise du Covid-19, au moment où le marché était hyper tendu, ont été les premiers sacrifiés par la crise.

Leur mise à l’écart aura des conséquences néfastes pour la reprise

Leurs revenus baissent, ils consomment moins, l’activité économique va donc en souffrir. La situation financière des demandeurs d’emploi, elle aussi, se dégrade. La durée de leur période de chômage s’allonge, et leurs futures indemnités exceptionnelles ne sont plus garanties. Les programme d’aides publiques mises en place pendant la pandémie sont en train d’expirer, faute d’accord entre les Républicains et les Démocrates pour les reconduire. Idem pour les prêts accordés aux entreprises afin qu’elles conservent leur main-d’œuvre. Il pourrait donc encore y avoir des vagues de licenciement massif, notamment dans le secteur de l’aérien ou de l’énergie. Il a fallu plus de six ans aux États-Unis pour récupérer les 8 millions d'emplois effacés par la crise financière de 2008. À cette aune, le retour au plein emploi est encore bien lointain puisque le coronavirus a provoqué une récession bien plus soudaine, supprimant en quelques mois 22 millions d'emplois.

► En bref

En Chine, les ventes de détail sont en hausse, une première depuis le début de l'épidémie.

+0,5 % en août, alors que ces ventes ont chuté de 20 % en janvier et en février. Un autre indicateur confirme la reprise de l'économie chinoise : la croissance de l'activité industrielle accélère, +5,6 % en rythme annuel pour le mois d'août.

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