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Le monde en questions

La monarchie thaïlandaise contestée par la jeunesse du pays

Audio 02:34
Manifestation pro-démocratie et contre le gouvernement au Monument de la Démocratie à Bangkok, le 14 octovre 2020.
Manifestation pro-démocratie et contre le gouvernement au Monument de la Démocratie à Bangkok, le 14 octovre 2020. Jack Taylor / AFP

Cette semaine nous nous intéressons aux manifestations importantes contre la monarchie en Thaïlande, qui se poursuivent depuis trois mois maintenant. Et la question est la suivante : les revendications des manifestants peuvent-elles ébranler la monarchie thaïlandaise ?

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On peut dire déjà que ce ne sont pas les premiers soubresauts politiques dans ce pays d’Asie du Sud-Est : depuis 80 ans, une vingtaine de coups d’états a rythmé la vie politique un peu chaotique de la Thaïlande.  

La monarchie absolue a été supprimée dans les années 1930. Officiellement, il s‘agit donc d’une monarchie constitutionnelle, mais où le souverain, notamment pendant le règne de Rama IX, et grâce au soutien de l’armée et des milieux d’affaires, a pu reconquérir de facto certaines des prérogatives auxquelles le monarque thaï avait dû renoncer en 1932. Ce fut notamment Rama IX qui fut à la manœuvre. Décédé en 2016 après 70 ans d’un règne interminable, son successeur Rama X a hérité de la configuration politique en place lors de son accession au trône – la reprise en main du pays par un coup d'État en 2014 qui a mené l’ancien général putschiste Prayuth au poste de Premier Ministre. Et c’est donc cette oligarchie militaro-monarchiste qui est contestée par des dizaines de milliers de Thailandais.

Alors que réclament les manifestants – qui sont surtout des étudiants et des jeunes urbains ? Ils demandent d’abord la démission du gouvernement de Prayuth. Puis l’adoption d’une nouvelle Constitution. Et enfin une limitation des prérogatives du roi Rama X. Selon eux, le roi devrait accepter de renoncer à certains des pouvoirs qu’il s’est attribué notamment le contrôle d’unités militaires –. Il devrait accepter aussi de confier au ministère des Finances le contrôle des biens de la couronne (une trentaine de milliards de dollars), et aussi de faire abolir la loi de lèse-majesté, qui empêche actuellement toute critique de la monarchie.

Face à ces revendications, la monarchie apparaît fragilisée. Peut-on envisager qu’elle s’effondre ? On n’en est sans doute pas là, mais la monarchie vacille.Et surtout elle reste silencieuse, se réfugiant pour l’instant derrière son appareil militaire et sécuritaire. Elle ne sait quoi répondre aux manifestants qui réclament un vent de modernité. Au fond, ils estiment qu’en 2020, ils ont droit à plus de liberté, et à un système politique plus ouvert et plus démocratique – et certains prônent même l’abolition de la monarchie et l’instauration d'une république.

Demande renforcée par les critiques envers celui qui incarne la royauté depuis quatre ans. Rama X est beaucoup moins aimé et populaire que son père – très critiqué notamment pour ses séjours fréquents hors de Thaïlande, en Allemagne. Du coup, il est contesté, y compris par certains monarchistes. Donc, oui, situation très instable. Mais pas encore désespérée pour la Royauté. Une grande partie des Thaïlandais reste en effet attachée, au-delà de la personne du roi, à l’institution monarchique.

En fait, tout va se jouer sur la réaction de l’armée et de la monarchie. Rigidité ou compromis. Et sur l’extension du mouvement de contestation urbain aux masses rurales et paysannes – ou pas.

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