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Filière ananas en Guinée: la «Baronne» veut redorer ses lettres de noblesse (1/3)

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Wayabou Bangoura, producteur d'ananas et Moussa Camara président de la Fédération des planteurs de la Basse Guinée.
Wayabou Bangoura, producteur d'ananas et Moussa Camara président de la Fédération des planteurs de la Basse Guinée. © RFI/Carol Valade

La « Baronne de Guinée », une variété d’ananas, a fait les beaux jours de l’agriculture guinéenne dans les années 1950. Le pays était alors le premier exportateur de fruits tropicaux vers la France. Mais après l’indépendance, la production s’est effondrée. Ces dernières années les producteurs et le gouvernement s’acharnent, avec l’appui de la coopération internationale, à relancer cette filière très prometteuse.

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De notre envoyé spécial à Kindia,

Dégustation d’ananas en plein champ, en compagnie de Moussa Camara, président de la Fédération des planteurs. Cachée sous une robe épineuse et orangée, sa chaire, tendre et juteuse offre un subtil mélange de sucre et d’acidité. « Vraiment succulent, c’est un peu trop mûr, mais c’est excellent », constate Moussa Camara.

Le marché mondial est dominé par les géants costaricain, thaïlandais et brésilien. Mais la Guinée compte bien s’y faire une place. « L’avantage comparatif sur ce marché, c’est ce que nous donne la Baronne. Un produit spécifique guinéen. », assure-t-il.

► À écouter aussi : L’ananas guinéen bientôt de retour sur les marchés français

La gloire de jadis

Sa culture est introduite dans les années 1930. À Kindia, on trouve la combinaison idéale d’eau et de soleil, une température stable entre 25 et 30 degrés, ainsi que des sols sablo-limoneux.

« La Guinée était autrefois le premier pays producteur et exportateur de bananes et d’ananas de l’AOF (Afrique occidentale française, NDLR). Elle exportait alors jusqu’à cent mille tonnes de bananes et cinquante mille tonnes d’ananas frais (par an, NDLR). C’est une culture qui a fait la prospérité de ce pays », raconte Moussa Camara.

Reconquête du marché

Mais après l’indépendance, la fermeture du marché français décourage les planteurs. La collectivisation des terres désorganise la production. En 2015, les exportations sont à leur plus bas niveau. Dès l’année suivante, la présidence, la primature et la coopération internationale décident de relancer la filière. « Aujourd’hui, on est à 50 tonnes l’hectare, si on vend à Dakar on peut vendre 450 à 500 francs CFA par kilo donc 4 millions par tonne ! », espère Wayabou Bangoura, cultivateur. 

En privilégiant la qualité, la Baronne pourrait conquérir le marché de l’ananas frais, livré par avion. Des démarches sont en cours pour obtenir une indication géographique protégée. Mais il faut pour cela satisfaire les exigences draconiennes des normes d’importation européennes.

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