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RDC: le difficile combat contre le travail des enfants dans les mines

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Selon l'organisation Amnesty Internationale, 40 000 enfants travailleraient dans les mines du sud-est de la RDC.
Selon l'organisation Amnesty Internationale, 40 000 enfants travailleraient dans les mines du sud-est de la RDC. © RFI/Denise Mahého

En RDC, la société civile de Kolwezi s’inquiète de la présence toujours persistante d'enfants en âge scolaire sur les sites miniers artisanaux de cobalt notamment. Malgré une législation protectrice, la lutte contre le travail des enfants dans les mines n'obtient pas encore les résultats escomptés. Le ministère provincial des Mines affirme que des efforts sont engagés en vue de lutter contre ce phénomène. 

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De notre envoyée spéciale à Kolwezi,

Un sac en raphia sur son épaule, Mica, âgé de 11 ans, parcourt les avenues du quartier Kasulo à Kolwezi à la recherche du cobalt. Dans ce quartier pauvre, l’exploitation artisanale du cobalt se fait dans les parcelles des particuliers.

La journée de Mica commence assez tôt. « Je quitte la maison entre 7 et 8 heures. Je sillonne les avenues et parcelles où l'on extrait le cobalt et je ramasse les restes du cobalt abandonnés par les creuseurs. Parfois, ils nous exigent de l’argent, nous leur donnons 500 francs et ils nous laissent récupérer les résidus cobalt », explique Mica.

Héritier est un autre enfant qui travaille dans ce site minier illégal de Kasulo. Lui a 10 ans. Il est 15 heures, Mica et Héritier ont réuni chacun près de 5 kilos de cobalt. Ils vont les proposer à des négociants congolais, loin du micro et de la caméra.

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Pauvreté et déscolarisation

« Nous utilisons une vieille boîte des bonbons comme unité de mesure. Le kilo coûte 1 000 francs. Certains jours, nous pouvons gagner entre 4 000 et 5 000 francs. Au cas où je réalise 5 000 francs, je suis content, je remets à la famille et on m’achète un habit », témoigne Héritier.

Mille francs congolais le kilo, c’est l’équivalant de 0,5 dollar. La recette journalière pour ces enfants va jusqu’à 3 dollars. Issus des familles pauvres, ces enfants ne vont pas à l’école, explique Mica. « Cette année, je ne suis pas à l’école, car papa et maman ont dit qu’ils n’ont pas assez d’argent, ainsi ils ont inscrit deux de mes grands frères », dit-il.

À ce jour des centaines d’enfants travaillent dans les mines artisanales de Kolwezi soit pour le ramassage des minerais, soit pour le nettoyage ou encore pour le petit commerce. Pour lutter contre ce phénomène, le ministère des Mines à Kolwezi a exigé une coordination des actions des partenaires impliqués dans la lutte contre le travail des enfants dans les mines.

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Quelques résultats, mais un défi qui reste encore important

Pour le directeur du cabinet du ministre provincial des Mines à Kolwezi, Eric Tshisola, il y a déjà quelques résultats même si le défi à relever reste important. « Nous avons reçu des enfants sortis des mines qui nous ont dit “si on le savait, on ne pouvait aller dans les mines”. Certains sont devenus des soudeurs, d’autres ont été recrutés dans des entreprises, car ils connaissent un métier, il y a également des enfants qu’on a ramenés à l’école. Mais, ce n’est pas suffisant, car c’est un cycle. Pendant que vous retirez les uns des mines, d’autres arrivent. Mais “Qu’est-ce qui fait que ces enfants soient dans les mines ?” C’est la question que nous devons résoudre et ça, c’est une question d’État. »

Et justement, pour la société civile locale, le gouvernement congolais ainsi que ses partenaires internationaux doivent plutôt renforcer la lutte contre la pauvreté qui, selon elle, est la cause principale de la présence des enfants dans les mines.

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