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Le Sénégal mise sur l'exportation de ses produits agricoles

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Des ouvrières agricoles dans une rizière du Sénégal. (Photo d'illustration)
Des ouvrières agricoles dans une rizière du Sénégal. (Photo d'illustration) Getty Images/Christian Aslund

La relance post-covid au Sénégal : le gouvernement mise notamment sur le secteur de l’agriculture, qui occupe environ 60% de la population active. L’objectif est de renforcer la souveraineté alimentaire, mais aussi de promouvoir les exportations de fruits et légumes produits au Sénégal. Une ambition réaffirmée lors de la première Foire internationale agricole du nord qui s’est tenue près de Saint-Louis (au nord du pays) en fin de semaine dernière (du 4 au 6 juin). 

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Tomates cerise ou olivette « Origine Sénégal », ces barquettes commercialisées sous la marque Doona, on les retrouve dans des supermarchés européens, mais aussi en Russie. Elles sont produites par la société des Grands Domaines du Sénégal.

« Les exportations de tomates cerises, c’est environ 10 000 tonnes par an. On a des metteurs en marché qui sont situés en France, en Angleterre et en Hollande. A partir de ces trois pays d’entrée, nos remises se retrouvent maintenant dans toute l’Union européenne, en Italie, en Espagne, en Scandinavie et jusqu’en Russie », indique Mamadou Ndiaye, directeur administratif et financier de Doona.

L’Espagne est pourtant elle-même une grande productrice de tomates, mais la société mise sur la culture de contre-saison. « La tomate cerise a besoin de soleil. Nos exportations sont faites entre le mois de novembre et le mois de mai, pendant une période où l’Espagne n’a pas les meilleures conditions pour produire des tomates cerises », remarque encore Mamadou Ndiaye.

Autre entreprise exportatrice de fruits et légumes : la SCL, Société de cultures légumières, basée à Diama, dans la région de Saint-Louis. Elle a un statut « d’entreprise franche d’exportation », et doit donc exporter au moins 80% de sa production. « On a du maïs doux, plus de 20 millions d’épis de maïs doux qui sont exportés chaque année vers l’Angleterre. On a différentes sortes de piments et de haricots verts, maintenant qui vont en Hollande aussi, détaille Hélène Ndiaye, responsable commerciale. On espère qu’on pourra avoir d’autres clients ».

Pour promouvoir les produits agricoles sénégalais, l’Apix l’agence gouvernementale pour la promotion des investissements et grands travaux promet un accompagnement. « Aujourd’hui l’État du Sénégal est en train de mettre en place des agropoles. C’est travailler à la mise en place de processus d’industrialisation. Si aujourd’hui sur la région de Saint-Louis on va mettre un agropole qui prend en charge le secteur horticole, il faut que derrière il y ait des usines qui travaillent au conditionnement et au stockage, et transporter ces produits vers les grands marchés, en particulier Dakar, et au besoin exporter au marché sous-régional et international », observe Pape Amar, chef du département marketing intérieur

Augmenter les volumes d’exportation, cela permettrait aussi d’équilibrer la balance commerciale, souligne Pape Ibrahima Sow directeur marketing du Port de Dakar : « Pratiquement 70% des conteneurs qui viennent au Sénégal retournent vides. Il faudrait par conséquent que soit dopée l’agriculture  pour nous permettre d’exporter davantage. »

Autre défi : la diversification des produits agricoles proposés à l’export. Selon l’Apix, les fleurs coupées et le feuillage décoratif constituent aujourd’hui une gamme sous-exploitée par le Sénégal

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