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Guinée: le succès d'une rizerie dans la région de Boké

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En Guinée, depuis une dizaine d'années, un opérateur économique met en valeur les terres fertiles de la région en produisant du riz sur des centaines d’hectares. (Photo d'illustration)
En Guinée, depuis une dizaine d'années, un opérateur économique met en valeur les terres fertiles de la région en produisant du riz sur des centaines d’hectares. (Photo d'illustration) © AFP/Deshakalyan CHOWDHURY

La région minière de Boké, dans le nord-ouest de la Guinée, vit aussi de l’agriculture et de l’élevage. Depuis une dizaine d'années, un opérateur économique met en valeur les terres fertiles de la région en produisant du riz sur des centaines d’hectares, à la grande satisfaction des autochtones. 

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De notre correspondant à Conakry,

Sur la rive gauche du fleuve Rio Nunez, les vastes plaines de Denken, à perte de vue, des centaines de personnes travaillent sous la direction d'un directeur agricole, Mamadou Bobo Denken Diallo. Pendant plus d'une dizaine d'années, il produisait pour offrir à des nécessiteux, puis il a décidé de construire une usine : une rizerie. « J'ai commencé à produire le riz depuis 2003. Donc pendant 10 ou 12 ans, je n'arrivais pas à le commercialiser et vers la fin, les gens ne voulaient même pas le riz padi. C'est ainsi qu'il m'est venu l'idée de construire une rizerie pour transformer ma production, parce qu'il n'y a pas une rizerie dans le pays », explique-t-il.

D'une pierre, Mamadou Bobo Denken Diallo a fait deux coups. Les paysans cherchent une activité génératrice de revenus, lui avait besoin d'une main-d’œuvre locale, précise-t-il. « La plupart des villageois là-bas, ce sont des paysans. C'est donc une occasion pour eux de venir travailler avec l'assistance du machinisme. C'est un bonheur pour moi aussi, parce que j'avais des besoins de main-d'œuvre. »

Proche collaborateur du patron de la rizerie, Saidou Diallo, apprécie cet environnement. « Tous les villageois viennent ici travailler, et aujourd'hui chacun des villageois ou des groupements de villageois ont leurs champs communautaires, que nous exploitons et subventionnons. Ici, on n'a pas faim », assure-t-il.

Aminata Sylla, une employée de la rizerie, confirme : « Je suis là depuis six ans. On travaille bien ici, on mange bien et on gagne notre vie ici. J'ai deux enfants, c'est moi qui paye leur scolarité. Le travail que j'effectue ici me permet de nourrir ma famille. »

En cette période de culture, les employés s'activent à épandre l'engrais sur plusieurs hectares. « C'est grâce à la générosité du patron lui-même que les gens viennent en grand nombre. En une semaine, nous pouvons épandre tout l'engrais qu'il faut. Nous avons 40 tonnes d'engrais à épandre, sur une superficie de 400 hectares », indique Mohamed Chérif, coordonnateur des travaux.

Le label Denken produit plusieurs tonnes de riz. Le Programme alimentaire mondial a décidé de lui acheter sa production, pour alimenter les cantines scolaires initiées par le gouvernement guinéen.

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