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Le Royaume-Uni veut adhérer à l’accord commercial transpacifique (CPTPP)

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Les membres de l'accord commercial du Partenariat transpacifique, CPTPP posent pour une photo officielle après la cérémonie de signature de l'accord à Santiago au Chili, le 8 mars 2018.
Les membres de l'accord commercial du Partenariat transpacifique, CPTPP posent pour une photo officielle après la cérémonie de signature de l'accord à Santiago au Chili, le 8 mars 2018. © REUTERS/Rodrigo Garrido

Cela a fait un an, hier lundi 31 janvier, que le Royaume-Uni est officiellement sorti de l’Union européenne. Un mois que la période de transition s’est achevée, concrétisant définitivement le Brexit. Comme pour célébrer cet anniversaire, Londres a déposé officiellement sa demande d’adhésion à l'accord commercial transpacifique. Cela fait partie des efforts de Londres pour devenir « le champion du libre-échange mondial ».

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Objectif affiché de Londres avec cette demande d’adhésion au Partenariat transpacifique global et progressiste : se « positionner au cœur d’économies ayant des croissances parmi les plus fortes au monde et créer des emplois à forte valeur ajoutée ». C’est avec ces mots que Liz Truss a défendu cette décision sur Twitter.

La ministre britannique du Commerce international voit dans ce marché de 500 millions de consommateurs et représentant 13,5% de l’économie mondiale une opportunité. Le gouvernement espère notamment obtenir des droits de douane réduits pour vendre voitures et whiskies.

Reste à savoir si le Royaume-Uni peut vraiment gagner gros à entrer dans ce partenariat constitué entre autres du Japon, de l'Australie,la Nouvelle-Zélande ou encore du Canada.

Symbole

Dans le monde économique, le CBI, le patronat britannique, a salué cette initiative. Elle a, aux yeux de l’organisation, « le potentiel de créer de nouvelles opportunités pour les entreprises britanniques dans différents secteurs ».

Pour l'instant l'impact pourrait être modeste.Mais, selon Vincent Vicard, économiste au Cepii, intégrer le CPTPP aurait une « valeur symbolique ». Après le divorce avec le vieux continent, ce serait pour les Britanniques une manière de se tourner vers une zone à l'image « plus dynamique ».

En attendant, les onze pays du traité sont loin de compter parmi les principaux clients de Londres. Ils représentent aux alentours de 8% des exportations du Royaume-Uni, moins que les ventes vers la seule Allemagne. 

Si l’on entre davantage dans le détail : le premier client des Britanniques parmi ces 11 nations, c’est le Japon qui représente moins de 2% de ses exportations et avec qui Londres a déjà conclu un accord. Des accords ont aussi été signés avec d'autres membres :  le Chili, le Pérou et plus récemment le Vietnam ou encore Singapour. Les accords avec le Canada et le Mexique devraient bientôt prendre effet.

Liz Truss estime que ce sera aux entreprises de concrétiser les débouchés. Mais, elle a promis sur la BBC que cela créerait les conditions pour favoriser les échanges.

Néanmoins, leur éventuelle augmentation « restera limitée à de petits montants », estime Vincent Vicard. La distance est un facteur majeur dans les échanges commerciaux.Il est estimé qu’en général « un doublement de la distance réduit le commerce de moitié ».

Les États-Unis en ligne de mire ?

En demandant à adhérer au CPTPP, Londres a sans doute aussi une idée derrière la tête.

D'autres pays pourraient rejoindre le traité.Il faut se souvenir que le CPTPP, c’est la transformation du TPP (négocié sous l’administration Obama) après l’abandon de ce projet par Donald Trump.

Alors, si les États-Unis revenaient dans cet accord, cela permettrait à Londres de faire d’une pierre deux coups. Une perspective séduisante, mais une perspective très incertaine. Joe Biden ne semble pas en avoir fait une priorité absolue. Par ailleurs, « des chapitres qui avaient été imposés par les Etats-Unis ont été abandonnés, donc on ne s’attend pas à une simple adhésion, il y aurait sans doutes des négociations », précise encore Vincent Vicard.

L’opposition travailliste craint au contraire qu’une autre puissance s’invite. « À l'heure actuelle, Liz Truss ne peut même pas garantir que nous ayons le droit de mettre notre veto à l'adhésion proposée par la Chine si nous rejoignons d'abord le bloc », a argumenté sa responsable du commerce international, Emily Thornberry citée par l’AFP. Pékin, qui a par ailleurs récemment signé son partenariat régional économique global, a annoncé en novembre qu'elle étudierait l'opportunité d'adhérer au CPTPP. 

Cette demande d’adhésion est une étape de plus dans la course du Royaume-Uni aux accords commerciaux.Une course d'autant plus vive qu'avec le Brexit, le pays a perdu les accords dont il bénéficiait du fait de son appartenance à l'UE. 

Jusqu’à présent, Londres s'est liée via des accords bilatéraux ou multilatéraux, à une soixantaine de pays. Parmi eux : la Corée du Sud, de nombreux États d'Amérique latine et des Caraïbes.

Sur le continent africain, des accords sont entrés en vigueur au 1er janvier, avec entre autres l'Afrique du Sud, le Kenya, ou encore le Maroc et l'Égypte. Certains sont encore respectés à titre provisoire.

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