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Vaccin anti-Covid-19: où en est la production?

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La Chine est aujourd'hui le premier fabricant mondial de vaccin anti-Covid-19. Ici, dans une usine de production de la compagnie Sinovac, à Pékin, en septembre 2020.
La Chine est aujourd'hui le premier fabricant mondial de vaccin anti-Covid-19. Ici, dans une usine de production de la compagnie Sinovac, à Pékin, en septembre 2020. AP - Ng Han Guan

Le vaccin est l'une des principales réponses à la pandémie. Environ une douzaine sont aujourd'hui fabriqués à grande échelle. Mais pas encore en quantité suffisante pour satisfaire la demande mondiale.

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La production est littéralement en train de s'envoler. En 2020, l'année où les vaccins ont été découverts, on a fabriqué seulement 30 millions de doses, d'après les estimations du cabinet britannique Airfinity. Cette année, l'industrie espère sortir 9,5 milliards de doses de ses usines. Une quantité gigantesque : presque deux fois plus que le nombre de vaccins produits en 2019, c'est-à-dire avant la pandémie. Cela ne suffira pas, il faudrait deux milliards de doses supplémentaires pour répondre à la demande mondiale.

Quels sont les principaux pays producteurs ?

La Chine est de loin, aujourd'hui, le premier fabricant mondial de vaccins anti-Covid-19 et elle aspire à devenir une grande puissance vaccinale. C'est pour conforter cette stature qu'elle distribue activement ses vaccins, environ une soixantaine de pays les utilisent. La percée de son industrie est impressionnante. Avant la pandémie, sa production de vaccins était marginale et très décriée par la population locale. Sur le plan scientifique, elle est encore loin de dépasser les Pfizer-BioNTech et Moderna puisqu'elle n'a toujours pas de vaccin à ARN messager dans son portefeuille, elle a un prototype qui va entamer la troisième phase des essais.

La Chine s'impose quantitativement devant les États-Unis, actuellement numéro 2

Les autorités chinoises promettent de sortir 3 milliards de doses d'ici la fin de l'année. La question est de savoir si la qualité va suivre. Le pari n'est pas gagné. Ses vaccins anti-Covid-19 ne sont toujours pas homologués par les instances internationales de la santé et le degré de confiance à leur égard est au plus bas dans tous les sondages effectués dans les pays où ils sont distribués. Si son vaccin est validé, la Chine se dit aujourd'hui prête à remplacer l'Inde pour fournir l'alliance Covax. Car l'Inde, le champion mondial de l'industrie vaccinale avant le Covid-19, est aujourd'hui en pleine vague de coronavirus et a donc suspendu ses exportations jusqu'en juin pour satisfaire ses propres besoins.

L'Inde, le champion mondial des vaccins n'est que quatrième fabricant mondial de vaccin anti-Covid-19

Il fabrique surtout de l'AstraZeneca mais aussi son propre vaccin, celui mis au point par la société Bharat Biotech. Juste avant, à la troisième place du podium, il y a l'Allemagne où est installée BioNTech. La Russie est en septième position avec dix fois moins de doses produites qu'aux États-Unis. Un pays africain se hisse à la dixième place, l'Afrique du Sud. Ce classement effectué début mars par le cabinet britannique Airfinity est, bien sûr, très provisoire. On voit bien aujourd'hui que la production est ralentie par les pénuries et qu'elle peine à réaliser les objectifs. Du côté de la demande, les laboratoires misent sur un marché durable. Si on en croit le PDG de Pfizer, Albert Bourla, des rappels seront indispensables dans les années à venir. C'est donc un boulevard qui s'ouvre pour l'industrie.

Les prix vont-ils baisser avec une telle explosion de la production ?

En toute logique, ils devraient baisser. Plus la fabrication augmente, plus les coûts de production diminuent. La fixation du prix dépend en fait de la marge de négociation des acheteurs. Plus ils commandent, plus ils peuvent obtenir des bons prix. C'est la logique de Covax ou de l'Union Européenne. Tandis que le Royaume-Uni ou les États-Unis ont accepté de payer cher pour être livrés vite et en quantité. Les labos, de leurs côtés, chercheront sans doute à maximiser leurs gains. AstraZeneca vend pour le moment à prix coûtant. En revanche, Pfizer ventile sa grille tarifaire. Selon son PDG, le vaccin est vendu au prix d'un repas dans les pays occidentaux, la moitié moins dans les pays à revenu intermédiaire et au prix coûtant dans les pays pauvres.

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