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Monnaies numériques: le vent en poupe

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Représentation des monnaies virtuelles Bitcoin, Ethereum, DogeCoin, Ripple et Litecoin.
Représentation des monnaies virtuelles Bitcoin, Ethereum, DogeCoin, Ripple et Litecoin. © REUTERS - Dado Ruvic

Le bitcoin a repris des couleurs ce lundi 26 juillet. Au cours d'échanges asiatiques, la cryptomonnaie a grimpé de près de 15% en moins d'une heure et demi pour atteindre plus de 39500 dollars avant de reperdre une partie de ses gains. Il a emmené dans son sillage d'autres monnaies virtuelles comme l'Ethereum ou le Dogecoin.

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Aucune information ce lundi, n’expliquait vraiment cette montée fulgurante du Bitcoin. Cette nouvelle envolée serait plutôt liée à une série de signes positifs envoyés ces derniers jours.

Un site internet avait annoncé qu'Amazon accepterait bientôt les paiements en Bitcoin, information depuis démentie par l'entreprise même si elle a confirmé son intérêt pour ce secteur.

Par ailleurs, la semaine dernière, à l’occasion, du « B word », un évènement organisé par le fonds d’investissement américain Ark Invest autour du Bitcoin, plusieurs grands patrons ont réaffirmé leur intérêt pour les monnaies virtuelles. Parmi eux, Jack Dorsey, à la tête de Twitter, et Elon Musk, le patron de Tesla. Or, le milliardaire excentrique fait la pluie et le beau temps sur le cours du Bitcoin. Après avoir annoncé en mai, que Tesla n’accepterait plus les paiements en Bitcoin en raison de son impact environnemental, il a finalement dit que la marque allait « très probablement » les accepter à nouveau. Le patron de Tesla serait moins inquiet en raison du durcissement des législations chinoises contre les « mineurs ». Les serveurs qui génèrent les Bitcoins utilisent beaucoup d'énergie et en Chine, cette électricité provient en partie du charbon. Ces « mines » sont de moins en moins concentrées en Chine. Avant même le dernier tour de vis de Pékin, la part de marché de l’empire du milieu s'était déjà effondrée.

Mais Elon Musk ne fait pas tout ! « Le prix effervescent du bitcoin de ce matin a été exagéré par un nombre important de paris à la baisse qui ont été perdus », explique sur Twitter James Bennett, du cabinet d'analyse de cryptomonnaies ByteTree.

En clair, une hausse modérée a poussé des investisseurs qui avaient pariés à la baisse à liquider leur position, pour ne pas prendre le risque de perdre plus d’argent.

Monnaies numériques institutionnelles

Les monnaies numériques suscitent aussi l’enthousiasme des banques centrales.

Une soixantaine de juridictions planchent sur la création de leur propre monnaie virtuelle ou sont déjà en phase d’expérimentation, selon la Banque des règlements internationaux (BRI). Pour l’instant, cette course à la cryptomonnaie existe surtout sur le papier. Seules les Bahamas ont officiellement une monnaie numérique nationale. Mais d’autres ont déjà bien avancé sur le projet. C’est le cas de la Chine. Elle développe le yuan numérique : un moyen de paiement par smartphone. Les essais menés depuis plusieurs mois localement sont pratiquement terminés. Des habitants de Shanghai par exemple ont reçu des yuans sur leur téléphone à utiliser dans certains commerces. Plus de 5 milliards de dollars de transactions ont déjà été réalisées. Officiellement, pas de calendrier pour son déploiement, mais l'e-yuan pourrait faire ses débuts en 2022 à l'occasion des JO d'hiver de Pékin.

D'autres projets ont été annoncés récemment, par les Émirats arabes Unis ou encore par la Banque centrale européenne. L'Institution de Francfort a indiqué la semaine dernière qu’elle lançait un projet pilote. L’euro numérique pourrait être stocké sur des comptes que l'on pourrait ouvrir directement auprès de la Banque centrale actuellement seules les banques peuvent le faire. Mais, l'euro numérique ce n'est pas pour demain et sans doute pas avant 2025 ou 2026. D'autant que si la France et l'Allemagne y sont favorables, elles souhaitent un accord politique et qu'il faudra des changements législatifs.

Influence

De l'engouement donc et également beaucoup de défiance. C’est même précisément pour cela que certaines institutions se lancent dans l'aventure. C’est le cas de la Banque centrale européenne. La BCE craint que la multiplication de ces monnaies qu'elles soient privées ou nationales n'affaiblisse à terme l'influence de l'euro.

Et puis, les cryptomonnaies privées, décentralisées, séduisent certains investisseurs, mais beaucoup moins les autorités, notamment car elles permettent de passer plus facilement sous les radars. Les cryptomonnaies ont été prises en compte dans le plan de Bruxelles pour lutter contre le blanchiment et le financement du terrorisme. L’UE veut assurer la traçabilité des transferts financiers en bitcoin.

La Chine a interdit les cryptomonnaies parce qu’elles ne sont pas régulées par des institutions financières et sont sujettes à la spéculation. Ce mois-ci, la banque centrale chinoise a même fermé une société de logiciels soupçonnée d'être impliquée dans des transactions en cryptomonnaies.

À écouter aussi : Le bitcoin: une révolution monétaire est-elle en marche?

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