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Industrie: la pénurie de puces électroniques pèse sur la production au deuxième trimestre

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Le marché automobile allemand a connu son deuxième plus mauvais semestre depuis la réunification en 1991, la pénurie de puces électronique empêche les industriels de répondre à la demande pourtant croissante. Ici, dans une usine Volkswagen, en Allemagne.
Le marché automobile allemand a connu son deuxième plus mauvais semestre depuis la réunification en 1991, la pénurie de puces électronique empêche les industriels de répondre à la demande pourtant croissante. Ici, dans une usine Volkswagen, en Allemagne. © AP - Jens Meyer

La pénurie mondiale de puces électroniques sévit toujours. Avec l'explosion des achats informatiques liées aux confinements et au télétravail, la demande en semi-conducteurs s'est envolée. Conséquence, les constructeurs automobiles eux aussi très friands de ces composants, ont parfois du mal à se fournir.

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C’est un fil conducteur des analyses des résultats d’entreprises de ce trimestre. Un inventaire à la Prévert d’entreprises affectées ou qui surveillent de très près cette pénurie.

Les ventes de Jaguar et Land Rover, la filiale britannique de voiture de luxe de Tata Motors, ont beau se redresser, le résultat pâtit du manque de puces. La marque estime que les ventes seraient réduites de moitié par rapport à ses ambitions pour le trimestre qui va de juillet à septembre.

Le marché automobile allemand a connu son deuxième plus mauvais semestre depuis la réunification en 1991. Pourtant, les commandes connaissent une hausse quasi continue ces derniers mois. La pénurie empêche les industriels de répondre à l'ensemble de la demande.

Production inférieure à juin 2020

Le problème est tel qu’en Espagne, deuxième constructeur automobile européen, la production du mois de juin a été inférieure de 18 % à celle de juin 2020, alors que l'industrie redémarrait à peine après le confinement.

Et le secteur automobile n'est pas le seul concerné. Apple a prévenu que la pénurie devrait commencer à affecter sa production d'iPhones. La marque à la pomme prévoit un ralentissement de la croissance de son chiffre d'affaire.

Pour gérer la rareté, certains constructeurs ont abandonné quelques fonctionnalités de leurs véhicules. D'autres ont continué à assembler des véhicules sans puces et les ont mis en attente pour les finaliser plus tard.

À défaut de pouvoir fabriquer autant qu'ils le souhaiteraient, certains à l'instar de Stellantis, né de la fusion PSA et de Fiat-Chrysler, réservent les puces qu'ils reçoivent à leurs modèles les plus rentables.

Quant à Tesla, le groupe d'Elon Musk a contourné le problème. Il a utilisé de nouveaux modèles de puces quitte à réécrire les logiciels en conséquence. Un travail payant. La jeune entreprise a livré un nombre record de véhicules au deuxième trimestre et a vu son bénéfice net exploser. Pour la première fois sur une période de trois mois, elle a gagné plus d'un milliard d'euros. Malgré cela, la menace n'est pas encore écartée même si certains voient la pénurie commencer à s’estomper.

Impact possible jusqu’en 2023

À en croire Intel, géant américain des semi-conducteurs, la patience est tout de même de mise. Le groupe américain estime que la pénurie devrait toucher le fond d'ici la fin de l'année. Il faudra ensuite un à deux ans pour que le secteur réponde entièrement à la demande.

Pour y faire face, Intel a revu sa stratégie. Il développe la fabrication en interne tout en ayant un recours accru à des sous-traitants. Le groupe a l'intention d'investir 20 milliards de dollars dans deux nouvelles usines en Arizona. Selon le Wall Street Journal, Intel serait aussi en discussion pour racheter GlobalFoundries, une opération à 30 milliards de dollars.

La très grande demande en puces - et la hausse de prix qui l'accompagne - font aussi les affaires de Samsung Electronics. Son bénéfice net a bondi de plus de 70% au deuxième trimestre. Le groupe franco-italien STMicroelectronics voit le sien grimper de 175%.

Objectif puces

Cette pénurie a une nouvelle fois soulevé la question de la souveraineté économique.

L'Union européenne a l'ambition de produire 20% des semi-conducteurs du monde d'ici 2030, le double de sa part de marché actuelle.

Dans ce contexte, du côté du Royaume-Uni, le rachat du plus grand fabricant britannique de semi-conducteurs par un groupe chinois fait grincer des dents, surtout dans les rangs conservateurs.

► À écouter aussi : Les semi-conducteurs, le nouveau pétrole de l'économie

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