C'est dans ta nature

Espèces animales dans l’espace

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La chienne Laïka, avant de partir pour l'espace, le 13 novembre 1957.
La chienne Laïka, avant de partir pour l'espace, le 13 novembre 1957. © TASS/AFP/Archives

Le spationaute français Thomas Pesquet est depuis samedi 24 avril à bord de la Station spatiale internationale. Mais avant d’envoyer des humains dans le cosmos, d’autres animaux ont servi de cobayes. « C’est dans ta nature » et c’est aussi dans l’espace.

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Le premier animal envoyé dans l’espace s’appelait… Milou ! En 1954, le dessinateur Hergé publiait On a marché sur la Lune, et le chien de Tintin découvrait l’apesanteur. Une fiction qui n’avait que quelques années d’avance sur la réalité : c’est en 1957 que l’URSS envoyait vraiment le premier chien dans l’espace.

Une chienne, prénommée Laïka, un bâtard ramassé dans les rues de Moscou, parce que les Soviétiques pensaient qu’un chien errant serait plus endurant. Mais Laïka n’a pas résisté à la chaleur et est morte dans la minuscule capsule Spoutnik. Le premier astronaute de l’histoire était de sexe féminin, pour une raison un peu triviale : un chien n’aurait pas eu assez de place pour lever la patte pour pisser…

Des chiens soviétiques, des singes américains

Après Laïka, deux autres chiens ont servi de cobayes. Moins connus, mais revenus vivants, permettant à l’Union soviétique d’envoyer le premier humain dans l’espace, Youri Gagarine, en 1961. « L’important, à cette époque, et c’est toujours vrai maintenant, est de ne pas perdre la face, explique Michel Viso, du Cnes, le Centre national d’études spatiales à Paris. Perdre un astronaute, lorsqu’on réalise une première, c’est gênant pour l’astronaute, c’est dur pour sa famille et le peuple. Mais c’est surtout très gênant pour le gouvernement qui l’a envoyé. »

Les Soviétiques avaient gagné la première manche de la conquête et de la « compète » spatiale en envoyant un chien, puis un humain. Mais les Américains les ont ensuite largement devancés, avec les premiers pas sur la Lune, en 1969. Comme l’URSS, les États-Unis utilisaient aussi des animaux pour préparer leurs vols habités, des singes en l’occurrence, l’espèce la plus proche des humains. Le premier chimpanzé envoyé dans l’espace, Ham, venait du Cameroun.

Le destin tragique de Félicette

La France, troisième puissance spatiale à la fin des années 1960, a envoyé dans l’espace un rat, Hector, une guenon, Martine, et une chatte, Félicette. Revenue vivante, mais tuée, pour être autopsiée. Un sacrifice finalement utile. « On s’est aperçu que la micro-apesanteur provoquait des troubles de l’attention, du fonctionnement du cerveau, ce qui explique pourquoi tout est écrit lorsque les astronautes travaillent dans le ciel. Il faut vraiment faire des check-lists », rappelle Michel Viso, du Cnes.

Mais avant Laïka ou Félicette, avant même la conquête spatiale, les humains ont envoyé d’autres animaux en l’air. « Les animaux ont souvent précédé les hommes dans des activités dangereuses, rappelle le vétérinaire aujourd’hui chargé d’exobiologie, l’étude de la vie dans l’univers, au Cnes. C’est le cas notamment d’un coq, d’un mouton et d’un canard, premiers passagers d’un vol de montgolfière, à la fin du XVIIIe siècle. »

Depuis, des animaux ont été envoyés à bord de la Station spatiale internationale : des vers ou des rongeurs, sur lesquels des expériences scientifiques ont été menées. Cette fois-ci, Thomas Pesquet a emporté avec lui des blobs, cet organisme vivant encore plein de mystères sur Terre.

« Mais qu’est-ce que le blob ? »

Le blob n’est ni un animal, ni un végétal, ni un champignon, mais c’est dans ta nature : on le trouve dans les sous-bois, à l’abri de la lumière. Composé d’une matière jaunâtre, un peu gluante, il doit son nom en français au film américain Le blob, qui racontait l’invasion d’un extraterrestre visqueux se nourrissant d’humains. Mais notre blob, Physarum polycephalum, selon son nom scientifique, se contente de manger des bactéries et des champignons.

Une seule cellule le compose, alors que les humains en comptent 100 000 milliards.  Sans cerveau, mais avec des facultés cognitives qui interrogent la science ; lors d’une expérience au Japon, un blob a mis au point un réseau du métro de Tokyo plus performant que celui élaboré par des ingénieurs. Le blob avance d’un centimètre par heure. Il peut doubler de taille en 24 heures. Le plus grand blob découvert aux États-Unis était aussi grand que 140 terrains de foot.
 

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